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Un Cilic masqué plus dangereux que jamais ?

AFP

Si Roger Federer fait figure d’archi favori pour décrocher un huitième titre à Wimbledon et un 19e sacre en Grand Chelem, Marin Cilic est sans doute l’un des adversaires les plus redoutables que le Suisse pouvait affronter. Parce qu’il avance dans l’ombre, le Croate, vainqueur de l’US Open 2014, est un danger trop sous-estimé.

L'ombre lui va bien. Après tout, il n'aurait jamais dû être sur le Central ce dimanche. Les pronostiqueurs lui prédisaient une sortie bien plus anticipée, au sein d'un tableau qui lui promettait d'affronter Rafael Nadal en quart de finale et Andy Murray en demi-finale. Le tennis a ceci d'incertain qu'il n'en a pas eu besoin. Et c'est donc au gré de circonstances favorables que Marin Cilic dispute ce dimanche la finale de Wimbledon, face à un Roger Federer ultra favori.

Le coup de l'US Open 2014 ?

Le scénario n'est pas sans rappeler celui de l'US Open 2014, le seul titre du Grand Chelem au palmarès du joueur d'aujourd'hui 28 ans. Certes tombeur de... Roger Federer en demi-finale (6-3, 6-4, 6-4), Marin Cilic avait hérité de Kei Nishikori en finale, dans une moitié de tableau qui avait tour à tour vu tomber Stan Wawrinka, Andy Murray puis Novak Djokovic. Sa victoire en trois fois 6-3 face au Japonais avait marqué un tournant dans la carrière du Croate. Après tout, l'année précédente, il n'avait quasiment pas jouer, purgeant une suspension pour dopage.

« Quand j'ai gagné l'US Open, ça m'a ouvert tant de possibilités pour le reste de ma carrière, assure Marin Cilic. Être capable de le refaire, ça voudrait dire beaucoup pour moi. A Wimbledon, Roger est comme chez lui, c'est l'endroit où il a les meilleures sensations et où il sait jouer son meilleur tennis. C'est une montagne à franchir. »

Wimbledon et le gazon, son pic de forme

Marin Cilic n'avait jusque-là jamais passé le cap des quarts de finale sur le gazon londonien. L'an dernier déjà, c'est Roger Federer qui le privait du dernier carré. Les deux hommes se sont affrontés à sept reprises, pour six victoires du Suisse. La seule du Croate, c'était donc à Flushing Meadows, il y a près de trois ans. Leur dernière confrontation, l'an dernier à Wimbledon, s'était conclue en cinq sets, alors que Marin Cilic avait empoché les deux premières manches (6-7, 4-6, 6-3, 7-6, 6-3).

Le sixième mondial est à l'aise sur herbe... et atteint surtout son pic de forme à cette période de l'année. « Entendre [...] Roger Federer prédire que j’irai très loin m’a fait très plaisir, insiste-t-il. C’est beau d’entendre ce genre de choses. Cela m’a conforté dans le fait que je joue chaque année mon meilleur tennis à cette période de la saison. J’ai donc travaillé encore plus dur et encore plus consciencieusement afin que cela soit le cas cet été encore. Sur la lancée de ma très bonne tournée sur terre battue, j’ai bossé et cela a porté ses fruits pour le gazon. C’est sympa d’entendre des gens qui connaissent le tennis croire en moi et en mes capacités à réaliser quelque chose de grand. Cela me confère une énorme confiance en moi. »

Trois balles de match ratées l'an dernier contre Federer

Kohlschreiber, Mayer, Johnson, Bautista Agut, Muller, Querrey… Parcours serein, malgré trois sets concédés sur ses deux derniers matches, après un début de parcours parfait. Masqué on vous dit. Mais étonnant si l’on réalise que Marin Cilic n’a remporté qu’un seul titre (sur 17 en carrière) sur gazon… il y a cinq ans, au Queen’s.

Premier Croate depuis son ancien coach Goran Ivanisevic (2001) à atteindre la finale de Wimbledon, il a pourtant le profil parfait pour le gazon d’aujourd’hui : grand gabarit (1,98m), gros service mais aussi une mobilité que des joueurs de sa taille affichent rarement… lui manquait sans doute une régularité que lui apporte son nouvel entraîneur depuis un an à peine, ancien membre du staff d’Andy Murray. 

« Avec Jonas Bjorkman, on travaille des aspects différents. Je crois que je viens de disputer les trois mois les plus réguliers de ma carrière », confirme le joueur. Retrouver son cruel bourreau de l’an dernier (contre qui il avait manqué trois balles de match) est un test majeur. « Roger joue peut-être le meilleur tennis de sa carrière en ce moment et réalise une super saison. Il y a un an, j'étais à un point de gagner contre lui ici, rappelle Marin Cilic. J'ai vraiment envie de croire en mes chances de victoire. » Si tel est le cas face au papy magnifique de retour au sommet de son art, l’exploit sera fabuleux.