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Paire : "Mon père m’a pris pour Neymar !"

Benoit Paire
Benoit Paire Panoramic

Benoit Paire a remporté le premier tour de Wimbledon face au lucky loser de Taipei, Jason Jung (7-5, 7-6, 6-4), mardi. Un petit miracle pour le Français qui est resté allongé pendant 48 heures, victime d’une fissure au ménisque gauche. 

Sur le papier, la victoire de Benoit Paire au premier tour de Wimbledon face au lucky loser de Taipei, Jason Jung (7-5, 7-6, 6-4), n’a rien de surprenante. Le joueur n’était pourtant pas au mieux avant son entrée en lice au grand chelem britannique. « Quand j’étais écroulé par terre, mon père croyait que je faisais du cinéma, at-il confié à RMC Sport. Il me disait : "Allez lève toi !". Je suis peut-être une petite nature, c’est vrai, mais j’avais mal. Il m’a pris pour Neymar, il est addict à la coupe du Monde. » 

Au bord du forfait du dimanche

On imagine très bien la scène dans la maison que Benoit Paire loue à proximité de Wimbledon. Au bord du forfait dimanche, l’Avignonnais s’est miraculeusement rétabli au point de franchir le premier tour. Habitué il y a encore quelques mois à « fissurer » dans sa tête quand un match tourne mal, Benoît Paire a vécu une autre fissure, bien plus handicapante.

« Pendant deux jours, je ne pouvais plus marcher »

« Samedi, j’étais en train de marcher vers à la maison et mon genou gauche s’est bloqué, raconte-t-il. Le coup de poignard ! Pendant deux jours, je ne pouvais plus marcher. J’ai passé une IRM, qui a révélé une fissure du ménisque. J’ai passé une première nuit horrible. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Dès que je me tournais, j’avais une douleur extrême. »

« Si j’avais dû affronter Murray sur le Central, j’aurais déclaré forfait »

En discutant avec plusieurs médecins, dont Bernard Montalvan (le docteur de l’équipe de France de coupe Davis, ndlr), il a espéré que la douleur s’estompe. « Une telle fissure - a priori ancienne -, ça peut passer après 48 heures car le genou n’avait pas enflé, explique-t-il. Et effectivement, mardi, je n’ai pas eu mal du tout. » Le Français peut également remercier Andy Murray, son adversaire initial, qui a renoncé. « Si j’avais dû jouer Andy sur le Central, j’aurais déclaré forfait, confie-t-il. Mais il s’est retiré avant moi…Et avec ce nouvel adversaire, j’ai voulu tenter le coup. J’ai été solidement strappé pour solidifier le genou et ça a tenu... »

« J’ai été con de m’énerver pour rien »

Maintenant, Benoît Paire n’a aucune certitude que l’évolution de la lésion. « On m’a dit que Thierry Champion avait joué avec une fissure au ménisque genou… La douleur peut se déclencher de nouveau. Et là, c’est arrêt de suite et petite opération. J’ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête… » Mais Paire le vit plutôt bien. Car les fissures au niveau du cerveau ont disparu. « Je me sens évoluer, j’ai franchi un cap, assure-t-il. Je ne me force pas à ne pas m’énerver. Je me dis que j’ai perdu du temps avant. J’ai été con de m’énerver pour rien. Le match face à Federer à Halle (il s’est procuré deux balles de match) m’a aussi donné beaucoup de confiance. »  Jeudi, au deuxième tour, il affrontera le jeune Canadien Denis Shapovalov.