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Pourquoi on aime tant voir gagner Federer...

AFP

Alors qu’il s’apprête à disputer ce dimanche (9h30) la finale de l’Open d’Australie face au très en forme Marin Cilic, Roger Federer baigne dans un océan d’amour. Le Suisse, qui vise un 20e sacre en Grand Chelem, fait l’unanimité… même chez les fans de ses plus grands rivaux. La cote d’amour d’une légende. 

Comme on n’ose rien dire face à un écrivain passé à la postérité, un peintre révolutionnaire ou un inventeur de génie, on se prosterne devant sa statue. Qu’on se le dise : Roger Federer a quitté depuis longtemps le monde des humains pour rejoindre la sphère des légendes. Une question de palmarès d’abord : 95 titres en carrière, 19 titres du Grand Chelem… un record absolu qu’il espère porter à 20 ce dimanche, lors de la finale de l’Open d’Australie contre Marin Cilic (9h30).

Le palmarès fait pâlir tout le circuit, reléguant au second plan (plan magnifique, entendons-nous bien) les Pete Sampras, Roy Emerson, Björn Borg ou Rod Laver… mais aussi ses rivaux directs Novak Djokovic et Rafael Nadal. Mais pour devenir une légende, les titres ne suffisent pas. Il faut marquer l’histoire de son sport, laisser des images inscrites à l’encre indélébile dans les têtes et dans les cœurs. 

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Roger Federer, c’est un tennis presque parfait. Le mot qui convient ? Elégance. La classe ultime d’un joueur qui vole plus qu’il ne court, qui caresse la balle plus qu’il ne la frappe, qui anticipe chaque mouvement de son adversaire pour prendre le contre-pied. C’est fluide, limpide, presque simple, juste beau. 

Même un supporter de Rafael Nadal aura du mal à souhaiter la défaite de Roger Federer ce dimanche. Après tout, l’Espagnol a beau être son plus grand rival, le seul qui semble en mesure de lui contester son record (16 titres du Grand Chelem ce jour), il est aussi devenu un ami… au point d’inviter Roger Federer pour l’ouverture de son académie. En fait, tout le monde aime Roger. C’est son sourire, son talent, son humilité aussi.

Depuis qu’il est de retour sur les courts après une année 2016 largement amputée pour faire reposer son corps, le Suisse est comme un gamin : des déclarations en roue libre façon chambrage, un sourire collé au visage en permanence et des farces (ou plutôt gamineries jubilatoires) en match d’exhibition, comme lors de son échange en Hopman Cup avec un Jack Sock complice. 

L’Open d’Australie version 2018 restera décevant : trop de cadors ont sous-performé (Nadal, Djokovic, Zverev, Dimitrov, Thiem…) pour que le tableau soit fabuleux. Reste Roger Federer, tenant du titre… et seul au monde. Comme si le tennis était décidé à rendre tout le bien que le joueur de désormais 36 ans lui a fait. Face à lui, Marin Cilic, ancien dopé banni un an du circuit en 2013 pour dopage, vainqueur de l’US Open en 2014, ne jouit pas d’une grosse cote de popularité, et son jeu un brin stéréotypé (gros service, coup droit en forme de mine, coup droit de décalage - contournement de revers pour prendre le coup droit - avec puissance) n’équilibre pas les débats. Non vraiment, ce dimanche, tout le monde crie ‘allez Roger !’.