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Murray, féministe et farouche défenseur de Mauresmo

AFP

Féministe affirmé qui n’hésite pas à rappeler à l’ordre toute personne qu’il juge à l’origine d’un propos machiste, Andy Murray a donné un entretien à l’édition américaine du magazine Elle. Le Britannique y revient sur la nomination d’Amélie Mauresmo à ses côtés en 2014, en tant qu’entraîneur. Une décision loin de faire l’unanimité dans un tennis encore très sexiste. 

Il n’avait pas hésité à recadrer un journaliste lui demandant son avis sur Sam Querrey, premier Américain demi-finaliste d’un Grand Chelem depuis 2009. « Male player » (sous-entendu sur le circuit ATP), avait fermement répliqué Andy Murray après sa défaite en quart de finale de Wimbledon.  Car oui, le Britannique est de cette trempe, de ces hommes féministes qui mettent Serena Williams sur le même plan que les champions du circuit masculin.

Un joueur lui disait : « Tu devrais leur dire que tu envisages de travailler avec un chien »

Dans un entretien accordé à l’édition américaine du magazine Elle, l’ancien numéro 1 mondial (doublé par Rafael Nadal lundi) se confie sur le sexisme ambiant qui règne encore dans le tennis. Et revient notamment sur les sarcasmes dont il a fait l’objet en nommant, en 2014, Amélie Mauresmo comme entraîneur à ses côtés. 

« Quand j’ai commencé à évoquer devant la presse le fait que je pourrais travailler avec une femme, j’ai reçu un message d’un joueur devenu depuis entraîneur. Il me disait : ‘j’adore ce petit jeu auquel tu joues avec les médias, peut-être que tu devrais leur dire que tu envisages de travailler avec un chien’. C’est le genre de chose qu’on entendait tandis que je réfléchissais à ça. Quand je suis arrivé sur le circuit professionnel, il n’y avait pas non plus d’homme coachant des femmes. » 

« J’ai grandi entraîné par ma mère, je n’ai jamais vu où était le problème »

Amélie Mauresmo a fait des merveilles avec Andy Murray, amenant l’Ecossais vers de finales de Grands Chelems à Melbourne (2015-2016) et à un niveau qui lui permettra ensuite de devenir numéro 1 mondial pour la première fois de sa carrière. Mais la Française en a pris plein la figure. « La somme de critiques qu’elle a endurée par rapport à mes autres entraîneurs… ce n’est pas comparable, poursuit Andy Murray. Maintenant, quand je perds un match, c’est moi qu’on blâme. Quand je travaillais avec elle, c’était toujours sa faute. »

Ah ! les bons vieux clichés selon lesquels une femme n’apporte rien à un joueur… « On entendait ‘c’est une femme, elle ne peut pas comprendre le jeu des hommes’, se souvient l’Ecossais. Mais alors comment un homme fait-il pour comprendre le jeu des femmes ? J’ai grandi entraîné par ma mère, je n’ai jamais vu où était le problème… » Parce qu’il n’y en a pas, de problème. Merci à Andy Murray de rappeler ce qui, visiblement, n’est pas encore une évidence pour tout le monde.