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Pagès, une superstar en pleine reconquête

Tom Pagès
Tom Pagès Panoramic

Seul Français en lice lors de ces X Games cet été, diffusés sur RMC Sport 3, Tom Pagès est un personnage à part. Star de la moto et du FMX dont il est indétrônable, le pilote de 33 ans va tenter de revenir sur le devant de la scène un an après une blessure qui n'a en rien ébranlé de sa passion ou de sa détermination.

"Partout où je ne suis pas bon, je suis excellent." Voilà comment se dépeint Tom Pagès auprès de l’AFP, histoire d’annoncer la couleur. A 33 ans, il ne pourrait pas être moins conscient de son statut de légende de sport. A l’apogée de sa carrière, le pilote français va tenter de reprendre son fauteuil de champion sur l’épreuve de FMX lors des Summer X Games (diffusés dès 00h30 sur RMC Sport 3), qu’il a été contraint de quitter l’an dernier.

Délivré d’une rivalité

Sa discipline est quelque peu… particulière, et colle parfaitement au personnage. Le Quaterpipe, comme le Freestyle, sont des épreuves de voltige, oui, mais à moto. Autant dire qu’il faut bien connaître à la fois son corps et sa machine, qui doit être maîtrisée dans les airs, sur le bout des doigts. Mais le Nantais a monté sa première bécane à seulement 19 mois pour ne plus jamais s’en détacher. Il est rôdé.

Si aujourd’hui Pagès fait partie du gratin de sa catégorie, il n’a pas toujours été seul en haut de l’affiche. Dans sa jeunesse, il a dû composer et se former dans l’ombre d’un frère tout aussi talentueux. Son aîné, Charles, a été l’un des freestylers les plus reconnus. Mais alors qu’il se blesse gravement dans un crash en 2010, il met peu à peu le FMX de côté malgré une tentative de come-back, et ouvre la voie à Tom. 

"J’ai beaucoup appris avec lui, concède la star sur Sportmag. Au début, c’est lui qui nous guidait, qui organisait notre programme. Un jour, ça m’a pris un peu la tête, le petit frère a essayé de prendre le dessus. Pendant une période, nous étions presque plus rivaux que potes et surtout frères. Je pense d’ailleurs que son accident nous a beaucoup rapprochés. "

Une blessure comme seul obstacle

Depuis 2014, Pagès brille sur le circuit. Un Finest Air Show remporté (2014), trois étapes de X Fighters (l’équivalent de Grands Prix, à Madrid 2015 et 2016, à Pretoria 2015), et deux sacres en X Games, la compétition reine (2015, 2016). Vainqueur, et créateur. En 2015, il réalise la premier "front flip" de l’histoire. Cette figure, il l’a inventée. Le principe est simple dans les faits : le pilote effectue un saut et reste droit sur sa moto à la réception. Les amoureux du deux-roues s’inclinent. Une étoile est née. 

Mais sa plus belle année reste sa dernière au sommet, 2016. En Freestyle, il est le seul pilote à dépasser la barre des 90 points avec un premier run à 92,66, un deuxième et meilleur à 94,66, et un dernier de nouveau à 92,66. Qui pour le freiner ? Personne, à part une blessure. C’est elle qui l’oblige à se ménager, pour mieux revenir. Pagès passe 2017 à se remettre d’une épaule brisée et opérée, à répéter ses gammes, seul dans le sud de la France. "Je ne vais pas prendre ma retraite tout de suite en fait, confie-t-il à GQ l’été dernier. J'aimerais bien gagner encore une fois... Je reviens de blessure donc il faut que je reprenne mes marques."

Un phénix à Minneapolis

Deux ans après son dernier titre majeur, il est temps pour le petit Frenchie, le seul de ces Jeux, de revenir tout en haut de la hiérarchie. Dès 00h30 dans la nuit de vendredi à samedi, il s’élancera à Minneapolis pour prouver à ses concurrents qu’il en a encore dans le moteur, et dans les bras. Et il pourra tenter de conquérir d’autres horizons jusqu’à dimanche matin avec l’épreuve de la plus belle figure qu’il disputera. Et pas sans risque pour celui qui s’est construit un bac de 30000 carrés de mousses pour s’exercer au saut. 

"Le bac à mousse c’est chaud, il y a le choc à l’impact, après la moto peut te tomber dessus, l’essence te couler sur le visage, le pot te brûler, la mousse t’étouffer car avec le choc elle s’infiltre partout, énumère dans GQ le pilote, comme si la fatalité liée à son art était simple à gérer. Mais ce n'est pas tout. La jugulaire du casque peut t'étrangler et quand on vient te chercher avant que tu n’aies plus d’air, une fois sur deux on te marche sur la gueule." La victoire au bout d’un chemin si sinueux n’en sera que meilleure.