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UFC 226 : White se paie le décevant Ngannou et son "ego"

Francis Ngannou (à gauche) face à Derrick Lewis
Francis Ngannou (à gauche) face à Derrick Lewis

De retour au combat ce samedi soir à Las Vegas après avoir été battu pour le titre des lourds en janvier dernier, Francis Ngannou a déçu avec une défaite plus que frustrante face à l’Américain Derrick Lewis lors de l’événement UFC 226. Au point de voir Dana White, patron exécutif de l’organisation, l’allumer en conférence de presse en raison d’un « ego hors de contrôle ».

A l’observer se mouvoir dans l’Octogone tel une âme en peine, on a tout de suite pensé à Ronda Rousey. Dominatrice tout son début de carrière, l’ancienne reine du MMA et de l’UFC – introduite ces derniers jours au Hall of Fame de l’organisation US, une première pour une femme – a vu sa puissance s’écrouler en une seconde le jour où Holly Holm lui a balancé son poing dans la figure. Résultat ? Une raclée puis une autre avant de dire adieu à sa carrière pour se tourner vers le catch et la WWE. Si Francis Ngannou n’en est pas encore là, loin de là même, sa défaite sur décision unanime (et logique) face à l’Américain Derrick Lewis a tout sauf rassuré.

De retour après sa défaite pour le titre des lourds face à l’Américain Stipe Miocic en janvier dernier, le Camerounais représentant du MMA à la française avait promis avoir « retenu la leçon » d’un revers où son manque d’endurance et ses difficultés au sol avaient été mises en exergue. Mais c’était oublier un peu vite la dimension psychologique des sports de combat… Fracassé au sol par Miocic, Ngannou n’a pas oublié. Pas encore, en tout cas. Son inactivité face à Lewis, où il a touché seulement deux fois son adversaire sur le premier round et lancé un total de… onze coups de poing en trois reprises et quinze minutes de « combat », l’a trahi.

« L’ego de ce mec était hors de contrôle »

Celui qui s’était lancé à l’abordage face à Miocic et qui avait très vite laminé la concurrence lors de ses précédentes apparitions dans l’Octogone semblait presque avoir peur de s’engager et de proposer un vrai corps-à-corps à un Lewis au punch dévastateur mais qui a avoué des douleurs au dos et balancé lui aussi peu de coups de poing (seulement vingt-deux au total). Pas de quoi plaire au public ni aux commentateurs US de l’UFC, à l’image d’un Joe Rogan qui n’hésitait à évoquer à l’antenne le « pire combat poids lourds » qu’il n’ait jamais vu. Et pas de quoi plaire non plus à Dana White, patron exécutif de l’UFC. Il y a quelques mois, l’homme comptait pourtant fort sur Ngannou et son histoire personnelle digne d’un scénario hollywoodien pour fabriquer la nouvelle superstar de son organisation.

Mais Miocic est passé par là. Puis Lewis. Et ce que White a vu sur ces deux combats ne lui a pas du tout plu, surtout le dernier qu’il n’a pas hésité à définir comme une « abomination ». « Ce que je peux vous dire, c’est que son ego l’a dépassé, a-t-il lancé en conférence de presse çà l’issue de l’UFC 226. Dans les sports de combat, dès que vous basculez là-dedans, vous commencez votre chute. J’ai eu plusieurs rencontres avec lui, comme d’autres personnes chez nous, et l’ego de ce mec était hors de contrôle. » White n’hésite d’ailleurs pas à évoquer la tournée médiatique de Ngannou en France juste avant son combat contre Miocic comme le symbole d’un combattant qui a vu d’autres priorités prendre le pas sur ses performances dans l’Octogone : « L’ego, voilà ce qui a blessé Francis Ngannou ». Annoncé brillant il y a quelques mois, l’avenir de Ngannou (11-3) à l’UFC semble prendre une mauvaise tournure. Au « Predator » de faire en sorte qu’il reprenne le bon chemin. S’il arrive un jour à tourner, dans la tête en tout cas, la page de la défaite face à Miocic.