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UFC 226 : Cormier, un "super combat" pour écrire l’histoire

Détenteur du titre des lourds-légers de l’UFC, Daniel Cormier défie le champion des lourds, Stipe Miocic, ce samedi soir à Las Vegas lors du pay-per-view UFC 226 (en direct à partir de 4h dans la nuit de samedi à dimanche sur RMC Sport 4) avec l’occasion de devenir le deuxième combattant de l’histoire à porter deux ceintures de différentes catégories en même temps. Un moment d’histoire pour celui qui a beaucoup de mal à faire oublier ses ratés contre son grand rival Jon Jones.

Sa trajectoire sera toujours accompagnée d’un astérisque. Mais cette fois, il a l’occasion d’écrire l’une des plus belles pages du grand livre d’histoire de l’UFC et du MMA. Champion des lourds-légers de la grande organisation US, Daniel Cormier va tenter de rejoindre ce samedi à Las Vegas la superstar Conor McGregor, l’un des quatre combattants sacrés dans deux catégories différentes dans l’histoire de l’UFC mais le seul à avoir porté deux ceintures. Opposé à son compatriote Stipe Miocic, champion depuis mai 2016, l’Américain s’offre un défi XXL dans la catégorie où il a débuté sa carrière en MMA sur un… 12-0 avant de « descendre » pour ne pas risquer d’affronter son partenaire d’entraînement Cain Velasquez, alors champion des lourds de l’UFC, et où il avait notamment remporté le prestigieux Strikeforce Grand Prix.

« Si l’on exclut les tricheurs, je serai le plus grand de tous les temps »

Un retour vers le passé plus qu’une découverte, quoi. « Je sais maintenant que je ne m’entraînais pas assez fort quand j’étais chez les lourds car j’en ai beaucoup plus fait avant ce combat », s’amuse-t-il d’ailleurs. Il avait une bonne raison de suer. L’histoire à marquer, donc, avec une zone d’ombre à balayer. « Ce combat, c’est tout pour moi, a lancé Cormier ces derniers jours lors de son entraînement public pré-UFC 226. Je l’ai dit depuis le premier jour : quand j’en aurai fini avec cette carrière, on se souviendra de moi. Et on se souviendra de moi comme du plus grand combattant à n’avoir jamais posé le pied dans l’Octogone de l’UFC. Si l’on exclut les tricheurs, je serai le plus grand de tous les temps. »

Avec les ceintures des lourds-légers et des lourds en même temps, ne pas le placer dans la conversation serait une hérésie. Mais pour tout saisir, il fait comprendre le sous-texte derrière son « si l’on exclut les tricheurs ». Car si « DC » ne présente pas un bilan immaculé en carrière (20-1 ; 1 NC ; 9 KO), il le doit à un seul homme : Jon Jones, ancien champion des lourds-légers que beaucoup considèrent comme le meilleur combattant MMA de tous les temps. Qui lui a infligé la seule défaite de sa carrière en janvier 2015, sur décision unanime (et logique) lors de l’UFC 182, avant de le battre une nouvelle fois en juillet 2017 à l’UFC 224… résultat transformé en « no contest » suite au contrôle positif à un stéroïde de Jones. Bref, même s’il bat Miocic, « Bones » sera toujours l’astérisque accolé à son nom.

« La seule façon qu’il puisse me battre est de me mettre KO »

S’il ne pourra sans doute jamais décrocher ce boulet accroché à sa cheville dans le grand escalier vers la légende, Cormier n’a qu’une chose à faire pour l’alléger le plus possible : gagner, encore et toujours. Surtout quand il n’arrive pas pour le combat en favori, comme ce sera le cas contre un Miocic favorisé par les bookmakers, et qu’il va devoir faire taire les mauvaises langues. Cela tombe bien, l’ancien lutteur olympique a un plan pour ça. « Personne n’a jamais vraiment testé Miocic sur la lutte, a rappelé en conférence de presse celui qui touchera 500.000$ garantis pour l’UFC 226 (750.000$ pour le champion). Je ne dis pas que ça va être facile de le mettre à terre. Mais plus je peux faire en sorte que l’on lutte, plus les choses vont tourner en ma faveur. Avant l’UFC 220, Miocic n’avait pas été respecté car beaucoup présidaient sa défaite contre Francis Ngannou. Cette fois, c’est moi qui sens qu’on me manque de respect. Miocic va affronter quelqu’un qui va lui proposer quelque chose qu’il n’a jamais eu face à lui. Ce sera la première fois qu’il affronte quelqu’un qui peut tout faire dans l’Octogone. Mais la seule façon qu’il puisse me battre est de me mettre KO. Il ne pourra pas me battre autrement. S’il n’a pas terminé Ngannou en étant autant au-dessus de lui au sol pendant vingt-deux minutes, il ne me finira pas au sol. Et si on combat pour toutes les vingt-cinq minutes, il n’y a aucune chance qu’on lui lève la main après la décision des juges. »

Sa brutale chute derrière le pupitre à l’issue du rendez-vous avec la presse, qui avait fait craindre le pire sur la tenue du combat dans un événement déjà marqué par l’annulation de la défense du titre des plumes entre le champion Max Holloway et Brian Ortega en raison des « symptômes de commotion cérébrale » du premier, ne changera rien à l’affaire. Ombre envahissante de Jones ou pas, Cormier a rendez-vous avec l’histoire ce samedi soir à Las Vegas. Mais le puissant Miocic, premier champion des lourds de l’UFC à défendre victorieusement sa ceinture à trois reprises, en a marre qu’on doute de lui et fera tout pour donner raison aux bookmakers. Vous avez dit gros combat ? « Super combat », oui, comme ils disent.