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UFC 223 : Khabib-McGregor, une rivalité à régler dans l’Octogone

Khabib Nurmagomedov
Khabib Nurmagomedov

Vainqueur de Al Iaquinta ce samedi soir à Brooklyn à l’occasion de l’événement UFC 223, Khabib Nurmagomedov est le nouveau champion des légers de l’UFC. Un statut qui renforce l’envie de voir l’invaincu combattant du Daghestan face à Conor McGregor, ancien champion de la catégorie destitué ces derniers jours. Surtout après l’incident du bus où l’Irlandais s’en est pris au Russe. Un combat qui pourrait rapporter très gros vu le niveau de rivalité entre les deux.

La phrase claque comme un chariot balancé sur les vitres d’un véhicule. « Où est Conor ? Il veut combattre des bus, je préfère combattre de vrais gangsters… » Facétieux, Khabib Nurmagomedov n’a pas oublié son « ami » Conor McGregor à l’issue de sa victoire par décision unanime sur Al Iaquinta – chapeau à lui d’avoir tenu cinq rounds face à un tel phénomène après avoir été désigné pour ce combat… à la veille de l’événement – ce samedi soir à Brooklyn lors de l’événement UFC 223. Un succès qui offre à l’invaincu combattant russe venu du Daghestan la ceinture de champion des légers de l’organisation US, celle qui a été retirée ces derniers jours à l’Irlandais inactif dans l’Octogone depuis qu’il l’avait remportée en novembre 2016, et nourrit le fantasme d’un rendez-vous explosif entre le nouveau champion et l’ancien. Khabib-Conor est un combat attendu depuis longtemps par les amoureux du MMA et de l’UFC. Le défi du maître du sol, Nurmagomedov, face à la superstar de la discipline, dont on connaît le feu dans les poings, surtout le gauche.

Des contrastes pour une question : alors, c’est qui le meilleur ? Avec désormais « le potentiel pour battre le record de ventes de pay-per-view de l’UFC » dixit le site spécialisé MMA Fighting. La raison ? L’attrait renforcé d’un tel choc suite à l’attaque complètement WTF de McGregor ce jeudi sur… un van dans lequel se trouvait Khabib, que le « Notorious One » visait suite à un incident oratoire entre Artem Lobov, protégé et partenaire d’entraînement de l’Irlandais, et le camp de Nurmagomedov. Un incident qui a valu à l’Irlandais un passage devant la police et une inculpation pour agression et violences et qui a déjà été utilisé par l’UFC dans sa série de vidéos Embedded pour promouvoir l’UFC 223, signe qu’il pourrait servir de pilier marketing en cas de confrontation entre les deux hommes dans l’Octogone. « Ils sont déjà en train de promouvoir ce combat », a ainsi pointé le nouveau champion des légers dans un sourire lors de la conférence de presse post-UFC 223.

Avant d’aller plus loin en interpellant McGregor pour poursuivre la guéguerre des mots et des provocations. « On doit terminer cette rivalité. Tu veux me combattre ? Viens ! Je vous avais dit qu’on allait rendre ce gars plus humble. Je vous avais dit que j’allais changer les règles de ce jeu. Maintenant, il n’y a plus qu’un seul champion. Terminé, les faux champions ! Terminé, le champion qui ne défend jamais son titre. Tu veux me combattre ? Viens ici, dans cette cage. » Provocateur à souhait, Nurmagomedov n’a pas hésité non plus à provoquer McGregor pour une éventuelle rencontre… dans la rue. Mais loin des lumières médiatiques. « Si tu veux combattre en dehors de la cage, préviens-moi, mais sans caméra ni média. Comme des hommes. Il vient quand il y a énormément de membres du service de sécurité, en dehors comme dans le bus, quand il sait qu’on ne me laissera pas sortir, et il me lance : ‘‘Viens dehors !’’ Pourquoi as-tu besoin de tout ça pour venir me voir ? Dis-moi juste où on se retrouve, point final. N’importe quand. » Vous avez dit parfait moyen de « vendre » leur future opposition ? Khabib ne le renie pas et rentre dans le jeu avec envie.

« La roue a tourné. C’est à toi de m’implorer »

« J’espère qu’il va me combattre, a-t-il lancé comme un défi. On doit combattre. On peut faire un tour du monde pour promouvoir ce combat, à Tokyo, Moscou, Dublin, Los Angeles, Rio, partout, et se retrouver en fin d’année dans l’enceinte la plus légendaire de la planète, le Madison Square Garden (l’UFC y organise son PPV de novembre depuis 2016 et la reconnaissance de la légalité du MMA par l’Etat de New York, ndlr). On peut aussi combattre au Zaïre ou aux Philippines. Peu importe, je serai là. Il veut redevenir champion des légers ? Il doit m’affronter. Il n’y a plus de faux champion. Vous vous souvenez quand il avait tweeté ‘‘implorez-moi’’ en parlant à ses possibles futurs adversaires. La roue a tourné. C’est à toi de m’implorer. On doit finir ce truc car ce sera un très, très gros combat. Je suis prêt pour ça, que ce soit en septembre à Moscou ou en novembre à New York. Peu importe le lieu, peu importe la date, faisons-le ! On peut même se combattre en Afrique s’il le faut. »

Au milieu des mots du roi du sol, la notion « en septembre à Moscou » intrigue. Car RT Sport avait annoncé en janvier, ce qui n’a pas été confirmé depuis, que l’UFC avait réservé l’Olimpiisky Indoor Arena de Moscou pour le week-end des 14 et 15 septembre prochains pour organiser le premier événement de son histoire en Russie. Et la question de tomber : Conor va-t-il venir défier Khabib sur le sol russe pour sa ceinture, façon Rocky IV ? A priori, non, même si l’intéressé en parlait avec envie (C’est une des choses que j’ai envie de faire ») en septembre dernier. Spécialiste des questions politiques dans le MMA, l’excellent journaliste Karim Zidan expliquait il y a quelques temps sur Twitter que la détérioration des relations diplomatiques entre la Russie et les Etats-Unis – Mairbek Taisumov, prévu sur la carte de l’UFC 223, n’a par exemple pas pu participer à l’événement car il n’a pas obtenu son visa – rendait la chose difficile à mettre en place.

Sportivement, par contre, elle ferait sens. Et pas qu’un peu. L’UFC a annoncé par la voix de son président exécutif, Dana White, qu’elle discutait d’un nouveau contrat avec McGregor avant l’épisode du bus, avec dans le viseur un possible combat de retour contre le Brésilien Rafael Dos Anjos pour le titre intérimaire des welters. White, qui explique avoir eu une conversation constructive avec McGregor suite à l’incident, espérait même le voir combattre en septembre mais avoue ne plus savoir si cela pourra être le cas. L’organisation US ne devrait en tout cas pas suspendre l’Irlandais malgré son attitude et les trois combats annulés pour l'UFC 223 en raison de son agression du bus. L'UFC, en cruel manque de stars ces derniers temps, ne peut tout simplement pas se permettre de se priver de sa poule aux œufs d’or. Surtout avec la perspective d’un combat contre Nurmagomedov qui rapporterait tant. Khabib, lui, accueillerait la chose avec plaisir et appétit même s’il a aussi défié au micro la légende québécoise Georges St-Pierre pour un combat au Madison Square Garden en novembre.

« Conor peut s’inquiéter quand on se mettra à lutter »

Doit-il d’abord passer par un choc face à Tony Ferguson, désormais ancien champion intérimaire des légers ? En position de force, le combattant du Daghestan veut voir l’Américain – qu’il devait affronter à plusieurs reprises dans le passé, la dernière pour l’UFC 223, ces rendez-vous tombant toujours à l’eau pour diverses raisons – combattre avant comme il en avait été lui-même obligé par l’UFC (il avait battu le Brésilien Edson Barboza lors de l’UFC 219) après avoir dû renoncer à son combat contre… Ferguson prévu à l’UFC 209 en mars 2017. Bref, Nurmagomedov veut McGregor. Et au plus vite si possible. Avec une énorme confiance sur le scénario à venir… « Conor est un bon combattant mais pas un champion, claironnait Khabib après sa victoire sur Barboza en décembre. Il est bon sur la boxe, sur son timing, mais il n’a pas la lutte, le travail au sol et la condition physique dans son arsenal. Si je le combats, selon moi, sa seule chance de gagner sera avec la boxe et pour seulement quelques minutes. Mais il peut s’inquiéter quand on se mettra à lutter. On a beaucoup de moyens pour le battre. » Le défi est une fois de plus lancé. A McGregor de relever le gant.