UFC 217 : Whittaker, Woodley, Diaz, McGregor : Quel avenir pour GSP ?

Georges St-Pierre face à Michael Bisping
Georges St-Pierre face à Michael Bisping AFP

Vainqueur de l’Anglais Michael Bisping sur soumission ce samedi soir au Madison Square Garden lors de l’événement UFC 217, le Québécois Georges St-Pierre a remporté la ceinture des moyens pour son retour dans l’Octogone après quatre ans de break. Mais quid de la suite pour l’ancien champion des welters ? Elle pourrait porter différents noms : Robert Whittaker, Tyron Woodley, Nck Diaz ou encore Conor McGregor.

Il avait quitté l’Octogone en 2013, sa ceinture des welters sur l’épaule après neuf défenses consécutives. Il y est revenu ce samedi soir à l’UFC 217 pour conquérir tout de suite celle de la catégorie au-dessus, les moyens. Quatre ans après son dernier combat, Georges St-Pierre a fait son retour à l’UFC ce samedi soir dans l’écrin du Madison Square Garden (New York), où celui qui était connu pour détruire le plan de l’adversaire avec son intelligence tactique et s’imposer sur décision au bout de cinq rounds – c’était le cas de ses sept derniers combats avant son break – a « terminé » l’Anglais Michael Bisping d’un étranglement arrière pour devenir le quatrième combattant de l’histoire de la plus grande organisation de combats de MMA à travers la planète à avoir remporté un titre dans au moins deux divisions différentes après Randy Couture, B.J. Penn et Conor McGregor.

Whittaker, le combat d'unification logique

L’ancien roi a retrouvé une couronne et solidifié les arguments de ceux qui le désignent comme le meilleur de l’histoire. Mais une question de se poser : quid de la suite pour GSP ? Le nouveau contrat de « Rush » – son surnom – à l’UFC, prévu pour quatre combats, stipule une défense du titre des moyens en cas de victoire face à Bisping. La logique désigne donc un adversaire : Robert Whittaker, le champion intérimaire de la catégorie depuis sa victoire sur le Cubain Yoel Romero en juillet lors de l’UFC 213. « Ce sera Whittaker », a appuyé Dana White, patron exécutif de l’UFC, en conférence de presse, sans livrer de timing précis. Lancé sur une série de huit victoires consécutives (19-4 en carrière), le premier Australien détenteur d’une ceinture à l’UFC pourrait défier le Québécois chez lui, à Perth, où sera organisé l’UFC 221. Une perspective qui n’enchante pas tout le monde, loin de là, manque de glamour oblige. « Qui veut voir GSP aller à Perth ? Personne, même pas Whittaker », s’amuse Luke Thomas, journaliste pour le site spécialisé MMA Fighting, dans une vidéo débrief de l’UFC 217. D’autres représentants des médias expliquent que cette perspective manque de « panache ».

Et l’intéressé dans tout ça ? Si l’interrogatoire n’a pas pu être poussé en conférence de presse, dont il était absent pour aller passer des examens médicaux, St-Pierre avait laissé entendre à l’issue de sa victoire que la perspective de le voir rester chez les moyens n’était pas gravée dans le marbre : « Ce n’est pas ma véritable catégorie de poids, vous savez. J’ai pris ce combat pour le challenge. » Une ceinture et puis s’en va ? Pas impossible. Peut-être même une question de santé. Car l’ancien champion des welters apparaît bien moins puissant que Whittaker, présent dans les premiers rangs au Garden ce samedi, et pourrait risquer gros en cas de mauvais coup face à lui. Surtout à 36 ans et pour un homme qui a toujours pointé son envie de préserver son corps et ne pas faire le combat de trop. Son état, très marqué, après avoir croisé les poings avec Bisping (moins puissant que Whittaker) pourrait le faire réfléchir dans ce sens. « Je n’aurais pas envie de refaire ce combat », a-t-il ainsi avoué.

Mais s’il se décidait à abandonner la ceinture des moyens, ce qui permettrait à l’Australien de devenir champion régulier, les possibilités seraient nombreuses pour GSP. Il y a d’abord l’option Tyron Woodley. Champion des welters depuis juillet 2016 et sa victoire sur Robbie Lawler à l’UFC 201, l’Américain détient le titre que celui qui va réveiller le marché canadien avec son retour victorieux a gardé plus de cinq ans et demi entre 2008 et 2013. Une longue relation qu’il aimerait sans doute renouer. Cela tombe bien, Woodley – qui sait combien cela serait positif pour lui sur le plan financier – a pris la plume sur Twitter pour confirmer que l’idée l’intéressait : « Allons-y GSP, il ne faut plus se cacher ». Un combat qui serait plus « vendeur » que celui face à Whittaker, avec un « T-Wood » qui n’hésiterait pas à jouer du trash talking (que St-Pierre n’aime pas utiliser) pour faire monter la sauce. « GSP n’a pas besoin d’un bon gars pour lui taper dans la main, confirme Luke Thomas. Il a besoin d’un mec qui va le chambrer, le provoquer, lui dire des choses terribles, ou de quelqu’un qui n’est pas populaire. »

Intelligent, le nouveau champion des moyens, qui a montré une nouvelle tendance à l’agressivité pour « finir » l’adversaire bien dans le ton de l’UFC version 2017, sait que la tendance du moment est aux money fights, ces combats qui rapportent même s’ils ne sont pas les plus légitimes sur le plan sportif. A l’image de celui face à Bisping, celui contre Woodley en serait un. Comme des retrouvailles avec l’Américain Nick Diaz, frère de Nate (le dernier tombeur de McGregor à l’UFC), qu’il avait battu sur décision unanime pour le titre des welters en mars 2013 à l’UFC 158. A long terme, c’est surtout un autre nom qui aimante les envies : Conor McGregor. Le champion des légers, qui n’a pas combattu à l’UFC en 2017 et ne devrait pas le faire, est censé affronter Tony Ferguson, champion intérimaire de la catégorie après avoir battu Kevin Lee à l'UFC 216, pour unifier les titres dans les prochains mois. S’il sort victorieux et que GSP prend la ceinture des welters à Woodley, imaginer le Québécois faire face à l’Irlandais (qui a déjà combattu Diaz à ce poids, pour une défaite puis une victoire) pour cette dernière doit faire rêver les dirigeants de l’UFC. Imaginez donc : deux des plus grandes stars de l’histoire de l’organisation US opposées avec la perspective d’un McGregor pouvant remporter un troisième titre dans une troisième catégorie différente, ce que personne n’a jamais réussi à faire. Voilà ce qu’on appelle un money fight, un vrai. Qui, on ne va pas se mentir, donne très envie.