Pourquoi Flessel, Philippe et Macron pourraient accélérer la légalisation du MMA

Laura Flessel
Laura Flessel AFP

Nommée ce mercredi ministre des Sports, Laura Flessel devra notamment se positionner sur le débat de la légalisation du MMA (arts martiaux mixtes) en France. Un sujet sur lequel l’ancienne escrimeuse, qui a pratiqué cette discipline, est sensibilisée. Tout comme d’autres membres de l’équipe du président Emmanuel Macron. Explications.

Un boxeur à Matignon, Edouard Philippe, et un tennisman-footballeur qui a pratiqué la savate dans sa jeunesse à l’Elysée, Emmanuel Macron. Le nouveau tandem de l’exécutif français n’est pas étranger aux sports de combat. Et vient de désigner une ancienne escrimeuse en or, Laura Flessel, à la tête du ministère des Sports. De quoi poser un débat qui rejoint un serpent de mer des dernières années : ce nouveau trio aux responsabilités va-t-il aider à faire légaliser le MMA en France ? A priori, oui. Alors que l’organisation de compétitions dans cette discipline reste interdite dans notre pays, empêchant par exemple la tenue d’un show de la puissante UFC, les portes pourraient ainsi s’ouvrir dans les prochaines semaines/mois.

Flessel pratiquante du MMA au Racing

Sensible au sujet, sur lequel elle a été briefée, l’équipe de Macron ne désire pas aller contre un mouvement de libéralisation, sur le plan du sport comme sur les autres, qui pourrait générer des retombées économiques positives. Alors que son prédécesseur, Thierry Braillard (qui était secrétaire d’Etat et non ministre), n’était pas réceptif aux arguments pour la légalisation du MMA, Laura Flessel se retrouve en première ligne sur le dossier. Cela tombe bien : la double championne olympique et sextuple championne du monde à l’épée (titres en individuel et par équipes confondus) est convaincue du bien-fondé de la légalisation du MMA, un sport qu’elle a pratiqué ces dernières années au Lagardère Paris Racing afin d’entretenir sa forme physique sous l’égide de Bertrand Amoussou, président de la commission française de MMA et membre du board de l’International MMA Federation qu’elle a connu à l’INSEP.

Reste à savoir de quelle marge de manœuvre bénéficiera « la Guêpe » dans ce « combat », notamment face à l’influence de la Fédération française de judo et de son président Jean-Luc Rougé, très hostile au développement dans notre pays d’une discipline qui pourrait siphonner une partie de ses licenciés.  Elle pourra en tout cas compter sur le coup de main de Patrick Vignal, député PS de la neuvième circonscription de l’Hérault, qui a parrainé et soutenu le candidat Macron. Et qui était l’un des deux hommes politiques, avec le sénateur LR du Doubs Jacques Grosperrin, à la tête de la mission qui a permis de remettre à Braillard un rapport parlementaire – qui allait dans le sens d’une légalisation – sur la pratique du MMA en novembre dernier. Bref, toutes les pièces semblent en place. Y a plus qu’à, comme on dit. Une décision qui ravirait toute une communauté frustrée depuis trop longtemps de voir la France nager à contre-courant sur ce débat.