Ngannou : "J’ai encore beaucoup de choses à apprendre"

Francis Ngannou
Francis Ngannou AFP

C’est le grand retour du « Predator » ! Un peu plus de dix mois après avoir signé sa cinquième victoire en autant de combats à l’UFC, toutes par KO ou soumission, Francis Ngannou retrouve l’Octogone ce samedi soir à Detroit (Etats-Unis) à l’occasion de l’événement UFC 218 (en direct à 4h dans la nuit de samedi à dimanche, rediffusion dimanche à 23h). Un choc face à l’expérimenté Néerlandais Alistair Overeem qui devrait le mener à un combat vers le titre en cas de victoire. Avant ce rendez-vous, le Camerounais représentant du MMA à la française s’est confié à SFR Sport.

Votre dernier combat remonte à fin janvier, il y a un peu plus de dix mois. L’Octogone vous a-t-il manqué ?

Bien sûr que ça m’a manqué, d’autant qu’un combat prévu a été annulé (il devait affronter Junior dos Santos, ancien champion des lourds de l’UFC, en septembre mais le combat avait été annulé suite à une infraction aux règles antidopage du Brésilien, ndlr). Ç’a été un peu frustrant car j’avais vraiment envie de revenir. Mais maintenant, on y est, et c’est le plus important.

Dix mois sans combattre, c’est aussi dix mois à pouvoir s’entraîner et progresser. En avez-vous profité ?

Bien entendu. Il faut se souvenir que j’ai découvert le MMA il y a seulement quatre ans. Et à l’époque, je ne m’imaginais pas faire carrière dedans. J’ai peut-être réussi avec très peu d’armes mais j’ai encore beaucoup de choses à apprendre donc j’ai pu mettre à profit ce temps d’entraînement pour rattraper un peu mon retard. Car les gens qui font à l’UFC et que je vais affronter pratiquent ce sport depuis de nombreuses années, à l’image d’Alistair Overeem.

Sur quoi avez-vous eu l’impression de progresser le plus sur ces dix mois ?

Un peu sur tout. J’ai pas mal travaillé la condition physique. Grâce au nouvel institut de la performance de l’UFC, j’ai pu mettre l’accent sur cette préparation. J’ai l’impression de m’être vraiment amélioré sur ce plan et on va voir ce que ça va donner.

Cette année, vous avez également déménagé à Las Vegas. Comment se passe votre nouvelle vie dans le Nevada ?

C’était une très bonne chose. Le déménagement n’a pas été facile à gérer mais c’est quelque chose qui me réussit bien. Je suis très satisfait de ce choix. Je suis dans un environnement qui me plaît, où on valorise beaucoup ce que je fais, contrairement à ce qu’il se passait avant. En France, pour pouvoir utiliser les installations de l’INSEP par exemple, il faut carrément passer une audience ! Car nous ne sommes pas reconnus comme athlètes. A Las Vegas, on a des installations superbes et modernes mises à notre disposition. Tu te sens valorisé avec ça. Le nouvel institut de la performance de l’UFC ? C’est très, très pro. Il a été conçu avec les technologies les plus modernes.

Maintenant que vous habitez à Las Vegas, comment poursuivez-vous votre relation avec Fernand Lopez, votre entraîneur de la MMA Factory à Paris ?

Je reste en contact permanent avec lui. Par exemple, pour ce combat, il est arrivé plus de dix jours avant aux Etats-Unis. Il m’aide à travailler les derniers points clés avant ce combat.

Alistair Overeem, champion un peu partout sauf à l’UFC, va disputer contre vous son 60e combat en carrière en MMA. Est-ce un plaisir d’affronter quelqu’un qu’on peut considérer comme une légende de la discipline ?

D’une certaine façon, c’est un plaisir, oui. Mais un plaisir retenu. Le vrai plaisir pour moi sera d’obtenir la ceinture de champion. C’est l’objectif principal. Et pour y arriver, il faut battre tous ceux qui se trouvent sur mon chemin, dont Overeem.

Francis Ngannou
Francis Ngannou Getty Images

En cas de victoire, la logique veut que votre prochain combat soit pour le titre des lourds…

Oui, probablement.

Vous avez même déclaré que ce serait mieux pour l’UFC de vous voir gagner plutôt que Overeem. Vous confirmez ?

Un combat inédit entre le champion et moi est toujours plus intéressant qu’une revanche (Stipe Miocic, détenteur de la ceinture depuis mai 2016, a battu Overeem par KO pour le titre lors de l’UFC 203 en septembre 2016, ndlr). Surtout un combat très attendu par le public comme c’est le cas pour Miocic et moi.

Plus jeune, plus puissant, lancé sur une meilleure série : beaucoup font de vous le favori contre Overeem. Partagez-vous cette analyse ?

Dans ma tête, j’y vais pour gagner. Ça peut ne pas être facile mais j’y vais pour ça. Je suis plus puissant, oui, mais je suis moins expérimenté que lui. Il a lui aussi pas mal d’atouts dans son sac donc on y va avec prudence.

Vous êtes tous les deux des strikers, des combattants qui se basent surtout sur les poings, et Overeem a montré une mâchoire « fragile » ces derniers temps. Cela sent le KO rapide d’un côté ou de l’autre, non ?

Si on va au choc et qu’on se rentre dedans très tôt, ça va s’arrêter très vite.

Vous avez publié une vidéo où on vous voit battre un record du monde de puissance sur un coup de poing et Overeem a parlé de « fake news ». Pouvez-vous nous en dire plus sur cette vidéo ?

C’était un jour où l’UFC faisait un tournage, ils préparaient des trucs pour l’émission Countdown, et ils ont inclus la frappe dans cette machine. C’était la deuxième fois que je tentais ça et voilà. Ç’a donné ça. (Sourire.) La notion de record du monde ? Ça ne me fait rien, on ne remporte pas de prix pour ça. Le seul prix, ce sera la ceinture de champion.

Dans les médias, on vous voit de plus en plus parler de l’envie de changer le destin de votre famille et de « rendre » au Cameroun une partie de votre réussite. Sentez-vous que le moment où vous pourrez enfin le faire s’approche ?

Je n’en parle pas qu’en ce moment. J’en ai toujours parlé. Je me suis engagé là-dessus il y a pas mal de temps déjà. Mes moyens sont limités mais je fais quand même avec ce que j’ai. La dernière fois que je suis rentré au Cameroun, je n’avais rien mais j’ai quand même tenu à ramener pas mal de choses comme des gants de boxe, des casques, des protège-dents et protège-tibias. Mais ce qui est difficile, c’est de trouver une salle. Car je veux d’abord faire ça pour les gens de mon village et ensuite voir si je peux le développer ailleurs.