McGregor défié par De La Hoya… et privé de l’UFC 219 ?

Conor McGregor
Conor McGregor AFP

Moins de trois mois après son combat de boxe hyper lucratif contre Floyd Mayweather, Conor McGregor a vu une autre légende du noble art le défier : Oscar De La Hoya, persuadé qu’il pourrait le mettre KO en deux rounds. Mais l’Irlandais, champion des légers de l’UFC, doit surtout gérer les retombées négatives de son coup de colère sur un arbitre il y a quelques jours lors de l'événement Bellator 187. Ce qui l'a peut-être privé de l'UFC 219 fin décembre à Las Vegas. Explications. 

Et si la carrière de boxeur de Conor McGregor se poursuivait avec un autre grand nom du noble art ? La superstar irlandaise du MMA a en effet vu Oscar De La Hoya, immense légende du noble art, pourtant très critique de son combat ultra lucratif face à Floyd Mayweather (il avait prétendu que cela pouvait « tuer la boxe »), le défier à l’occasion d’un passage sur Golden Boy Radio. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancien champion olympique chez les amateurs (1992) et décuple champion du monde dans six catégories différentes chez les pros (à la retraite depuis fin 2008 et une défaite contre Manny Pacquiao après avoir été battu par Mayweather lors de son antépénultième combat) a toute confiance dans l’issue d’un tel choc malgré ses quarante-quatre ans.

« Deux rounds, c’est tout ce dont j’ai besoin »

« Je suis quelqu’un de compétitif, a lancé celui qui possède la double nationalité américaine et mexicaine. J’ai toujours ça en moi. Je me suis entraîné en secret ces cinq derniers mois et je suis plus rapide et plus puissant que jamais. Je sais que je le mettrais KO en deux rounds. Ma confiance vient de ces entraînements car je ne me suis jamais aussi bien senti de ma vie. Je suis prêt à revenir pour ce combat et je le mets au défi de relever ce challenge. Deux rounds, c’est tout ce dont j’ai besoin. » On parle de boxe, bien sûr. Car De La Hoya n’a aucun doute sur l’issue d’une rencontre entre les deux dans l’Octogone : « Soyons clair. Dans la cage, il me détruirait. On ne peut faire ça que dans le ring. »

Véritable volonté de donner une leçon au « Notorious One » ou simple envie de prendre un gros chèque, ce qui serait garanti avec l’Irlandais à la grande gueule bien ouverte (qui n’hésiterait sans doute pas à utiliser contre lui ses problèmes d’alcool au fil des années) ? On penche tout de même plus pour la seconde solution. Ce qui n’empêche pas, bien au contraire, que cela pourrait intéresser McGregor, conscient du potentiel « bankable » d’un tel duel malgré l’écart d’âge (Conor a vingt-neuf ans). En attendant, le champion des légers de l’UFC a d’autres chats à fouetter. Alors qu’il n’est plus apparu dans l’Octogone depuis novembre 2016, on aurait peut-être pu y avoir droit avant la fin de l’année, sans doute pour une unification contre le champion intérimaire de sa catégorie Tony Ferguson lors de l’événement UFC 219 le 30 décembre dans la T-Mobile Arena de Las Vegas. Mais ce plan, s’il existait vraiment, semble désormais être tombé à l’eau.

« Les gens de l'UFC m’ont dit que c’était totalement inacceptable à leurs yeux »

L’information vient de Mike Mazzulli, président de l’Association of Boxing Commissions and Combative Sports et du Mohegan Tribe Department of Athletic Regulation. Son organisme était en charge de la gestion du Bellator 187 ce vendredi à Dublin, comme souvent pour les événements dans des pays qui ne possèdent pas de commission athlétique régulant le MMA. Une soirée où McGregor s’en est pris à l’arbitre d’un combat… auquel il ne participait pas, Bellator étant l’une des organisations concurrentes de l’UFC, en pénétrant dans la cage alors qu’il n’y avait pas le droit. Une scène surréaliste qui n’aurait pas du tout plus à l’UFC. « Ils m’ont appelé dans les deux heures et m’ont dit que c’était totalement inacceptable à leurs yeux et qu’ils allaient faire quelque chose, a raconté Mazzulli au site MMAJunkie. Ils m’ont appris que McGregor était prévu sur la carte du 30 décembre mais qu’il n’allait plus y être désormais. Je salue leur décision. Ils doivent le sanctionner durement, pas avec une petite claque sur le poignet. C’est un premier pas. Le deuxième est de contacter les commissions avec lesquelles il est licencié en ce moment et c’est ce que j’ai fait. »

McGregor n’étant homme de coin officiel ou sous licence du MTDAR, Mazzulli a également expliqué que l'électron libre de l’UFC aurait pu être arrêté par la police… s’il n’avait pas quitté l’enceinte trop vite pour que ce soit une option : « Mon seul souci était d’assurer la sécurité des combattants ». Coach de l’Irlandais, John Kavanagh a de son côté plutôt tenté de minimiser l’incident au micro de l’émission Six O’Clock Show en insistant sur la relation de son poulain avec Charlie Ward, son compatriote et compagnon d’entraînement dont la victoire sur John Redmond a provoqué sa réaction de joie trop prononcée : « Charlie est l’un des très bons amis de Conor et sortait de deux grosses défaites. Il avait vite été battu dans ses deux combats à l’UFC qui l’a laissé tomber et il a rebondi chez Bellator. En voyant un proche qui sortait de deux défaites remporter un combat avec la manière devant son public, les émotions ont pris le dessus et il a sauté dans la cage. C’était un peu trop mais cela peut se comprendre quand on connaît leurs relations. Conor ne ferait même pas ça pour une de ses victoires. Mais quand ce sont ses amis, ses compagnons d’entraînement, il s’implique encore plus. » Pas du genre à se laisser dicter sa conduite, McGregor en avait remis une couche sur l’attitude de l’arbitre en question (Marc Goddard) ce lundi sur les réseaux sociaux avant d’effacer son message. « Le gars était KO au sol depuis près d’une minute mais l’arbitre me disait que le combat n’était pas terminé, a écrit l’Irlandais. C’est là que j’ai craqué. »