Wilder veut un partage à 50-50, le promoteur de Joshua en rigole

Deontay Wilder
Deontay Wilder AFP

Alors que les négociations pour l’organisation du combat d’unification entre Anthony Joshua et Deontay Wilder ont débuté, la partie financière s’annonce tendue. Car le camp du Britannique, champion IBF et WBA des lourds, ne s’imagine pas une seconde accepter le partage à 50-50 proposé par celui de l’Américain, détenteur de la ceinture WBC.

Eddie Hearn ne mettra pas en œuvre son plan. Malin, le boss de Matchroom avait imaginé un plan à long terme pour le combat d’unification entre Anthony Joshua, son poulain, champion IBF et WBA des lourds, et Deontay Wilder, détenteur de la ceinture WBC de la catégorie : faire exploser au maximum la popularité du boxeur britannique et de son homologue américain pour proposer un choc énorme qui électriserait les foules aux quatre coins de la planète boxe.

« Plus de gens connaissent Wilder en Angleterre qu’aux Etats-Unis »

« Joshua est un Britannique qui boxe en Angleterre, a expliqué Hearn au site spécialisé SecondsOut. Il a besoin d’être beaucoup plus connu aux Etats-Unis et il le sera avec le temps. Deontay est un Américain qui boxe dans son pays. Mais plus de gens connaissent Deontay en Angleterre qu’aux Etats-Unis. Ce combat pourrait être encore plus énorme. Si j’étais le promoteur de Deontay, il ne pourrait pas marcher dans les rues sans que les gens ne sachent qui il est (référence à une vidéo où Hearn testait la popularité de Wilder en interrogeant des gens, qui ne le connaissaient pas, dans les rues de New York, ndlr). Il est tout de même champion du monde des lourds ! On doit continuer à construire leur popularité mais on n’aura peut-être pas le temps pour le faire. »

Car les fans du noble art ne veulent pas attendre. « Ce combat a le potentiel d’être encore plus grand mais les fans s’en foutent, insiste le promoteur. Ils veulent le voir maintenant. » Et le risque de voir l’un des deux être battu par un autre, leur duel s’écroulant alors comme un château de cartes, existe. Résultat ? Les négociations ont débuté et c’est bien en 2018 que les deux vont se disputer la suprématie des lourds. Même s’il faudra encore parler finances… Car ce que réclame le camp du « Bronze Bomber » ne correspond pas à ce que lui propose celui de « AJ ».

« Le 50-50 ? Je suppose que c’est juste une blague de sa part »

« On a eu un bon rendez-vous autour d’un petit-déjeuner avec Shelly Finkel et Al Haymon (les représentants de Wilder, ndlr) et tout le monde est sur la même longueur d’ondes, raconte Hearn. C’est le plus grand combat possible en boxe actuellement et on veut tous le voir se matérialiser. On va travailler sur les dates et les lieux possibles. On a évoqué l’idée de les faire boxer tous les deux sur la même carte en mars avant de s’affronter en juin ou juillet. Les discussions sur les finances et le partage vont être compliquées mais on essaie de voir si on peut régler ça car nous voulons vraiment ce combat. Wilder dit que cela devrait être un partage à 50-50. Je suppose que c’est juste une blague de sa part. Ça me laisse sans voix. Mais bon, il faut bien commencer les négociations quelque part. »

Joshua affichant clairement un profil plus star, il se retrouve en pole pour négocier et Wilder devra sans doute se contenter de la portion congrue du jackpot. Les spécialistes évoquent souvent un 60-40 comme meilleure perspective pour lui. Mais beaucoup pensent que l’écart pourrait être encore plus important. Avec derrière l’idée d’un Wilder qui reculerait pour mieux sauter : le champion WBC serait en position de force pour négocier une revanche en cas de succès sur le détenteur des ceintures IBF et WBA. Et il se ferait un malin plaisir d’en jouer.