Wilder accepte l’offre de Joshua pour combattre… et lui met la pression

Deontay Wilder
Deontay Wilder

Le très gros choc d’unification des lourds entre Anthony Joshua (champion WBA, IBF et WBO) et Deontay Wilder (champion WBC) se rapproche : le camp de l’Américain, prêt à une concession financière pour pouvoir défier son rival, a annoncé avoir accepté la dernière offre de celui du Britannique pour un combat sur le sol de ce dernier avant la fin de l’année. Si rien n’est encore signé, le « Bronze Bomber » remet la pression dans le camp adverse.

Personne n’a signé de contrat et le combat n’est pas encore officiel. Mais une grande étape vers le tant attendu choc d’unification des lourds a été franchie ce lundi soir. Deontay Wilder (40-0 ; 39 KO), champion WBC des lourds, a accepté la dernière offre du camp de son rival Anthony Joshua (21-0 ; 20 KO), détenteur des ceintures WBA Super, IBF et WBO, représenté par son promoteur Eddie Hearn, pour un combat cette année sur le sol britannique. L’Américain s’est chargé lui-même de l’annonce sur les réseaux sociaux : « L’offre à 50M$ pour m’affronter aux Etats-Unis qu’on lui a faite tient toujours. Aujourd’hui, j’ai même accepter leur offre de combattre Joshua en Grande-Bretagne. S’il préfère le faire là-bas, la balle est dans leur camp. A eux de décider. »

Shelly Finkel, co-manager du « Bronze Bomber », se charge des explications pour ESPN : « Deontay a envoyé un mail à Joshua dimanche soir et j’en ai envoyé un à Eddie et Barry Hearn (son père, ndlr) pour leur dire que nous acceptions officiellement le combat avec les conditions qu’ils ont proposées et leur demander de nous envoyer le contrat. » Après plusieurs contre-propositions en tous genres ces dernières semaines, le camp du boxeur US prend la balle au rebond pour remettre la pression dans celui du Britannique. « Désormais, nous allons voir s’ils assument ou s’ils préfèrent d’abord faire le combat contre Alexander Povetkin (challenger obligatoire de Joshua pour la WBA, ndlr), poursuit Finkel. On espère avoir une réponse dans les deux jours. S’ils changent d’avis, notre offre à 50M$ est toujours sur la table. Ils peuvent l’accepter s’ils le désirent. »

Et l’ancien manager de Mike Tyson, qui s’y connaît en négociations ardues chez les lourds, d’aller plus loin dans la mise sous pression champion WBA Super-IBF-WBO sur le site du célèbre magazine The Ring : « Leur offre est assez bonne pour qu’on l’accepte. Si Joshua ne prend pas ce combat, le public va vraiment lui en tenir rigueur. Ils nous ont demandé 50M$, on leur a donné et il ne les a pas pris. Ils sont revenus avec une offre, ils nous veulent en Grande-Bretagne et avec une clause pour une revanche et on a dit OK à tout ça. Il sera très difficile pour Joshua de faire face au public s’il ne prend pas ce combat. » Le co-manager de Wilder précise que l’offre acceptée par son poulain comporte deux combats avec une revanche sur un ring américain. La date dans le viseur pour le premier serait le 15 septembre à Wembley, l’enceinte où « AJ » a mis à terre l’ancien roi des lourds Wladimir Klitschko, mais le choc pourrait être repoussé à octobre ou novembre si Saul « Canelo » Alvarez, actuel plus gros « vendeur » de pay-per-views aux Etats-Unis dans le noble art, effectue bien son retour sur les rings le 15 septembre pour son « match retour » face à Gennady Golovkin.

« Nous devrions avoir mieux mais nous voulons ce combat »

Conscient d’être la « face B » (appellation donnée par les médias spécialisés) du choc mais prêt à tout pour obtenir la chance de détrôner celui qu’on désigne souvent comme le nouveau patron des lourds, Wilder a même accepté quelques concessions. Finkel raconte ainsi avoir obtenu une bourse garantie, sachant que Eddie Hearn avait proposé 12,5M$ puis 15M$, mais pas un pourcentage sur les gains rapportés par le choc. « Il n’y a pas de partage au pourcentage mais ils nous ont offert une bonne bourse, explique à ESPN le co-manager du champion WBC. Nous considérons que nous devrions avoir mieux mais nous voulons surtout ce combat et nous sommes prêts à prendre ce qu’ils nous donnent. Nous voulions ce pourcentage mais nous ne pensions pas que nous pourrions l’obtenir dans un timing rapide donc nous avons décidé d’accepter leur offre. Deontay veut vraiment ce combat. »

Le diffuseur américain évoque une « bourse garantie assez largement au-dessus de 15M$ » pour convaincre le clan Wilder. The Ring annonce plutôt une bourse « autour de 15M$ » selon plusieurs sources. « Nous avons décidé que nous ne voulions pas perdre ce combat et rater l’opportunité de battre ce gars, insiste Finkel sur le site du magazine spécialisé. Il y a eu une situation similaire il y a longtemps quand ils ont fait une offre ridicule à Kenny Norton en pensant qu’il ne l’accepterait pas. Il a accepté quand même et ça a fait de Norton une star. C’était contre Muhammad Ali (Norton a remporté leur premier combat en mars 1973, ndlr). Nous pensons valoir plus mais nous voulons cette opportunité. Deontay veut devenir le champion unifié et incontesté et je crois en lui. Il ne cherche à éviter personne. Il voulait même affronter Povetkin en Russie (combat tombé à l’eau à cause d’un contrôle antidopage positif de ce dernier, ndlr). »

Coach de Wilder, Jay Deas adopte les mêmes éléments de langage pour The Ring : « On attend désormais les contrats et on espère qu’ils vont tenir parole. Ils ont refusé notre offre à 50M$ et ils ont offert beaucoup moins à Deontay mais il a dit oui car il est celui des deux qui veut vraiment voir ce combat se faire. Notre position consiste à se dire qu’on va aller gagner et qu’on sera payé un montant vraiment approprié une fois qu’il sera le champion unifié et incontesté. Deontay est au volant du bus et m’a dit : ‘‘Tout le monde sait que ce combat vaut plus que ce que j’accepte mais je veux unifier les titres et si cela passe par là, qu’il en soit ainsi’’. On espère pour les fans à travers la planète que ça va bien se faire. » Ou comment rajouter une couche de pression en jouant sur le public… Si ni lui ni son promoteur n’ont pour l’instant as commenté ces informations, Joshua s’affiche déjà en favori pour les bookmakers de Las Vegas. Si le combat entre les deux patrons de la catégorie a bien lieu, il couronnera le premier champion unifié des lourds depuis le Britannique Lennox Lewis en 1999. Et le premier de l’histoire dans la catégorie avec les quatre principales ceintures aujourd’hui reconnues. Aucun combat chez les lourds n’a été plus attendue depuis Lewis-Tyson en 2002. Mais le fantasme semble de plus en plus proche de devenir réalité.