Ramirez attend le vainqueur des WBSS, combat historique en vue pour Ancajas

Vainqueurs de Habib Ahmed et Israel Gonzalez, Gilberto Ramirez et Jerwin Ancajas ont conservé respectivement les titres WBO des super-moyens et IBF des super-plumes. Et maintenant, quels défis pour le Mexicain et le Philippin ? Le premier vise une unification alors que le second pourrait faire partie d’un combat historique pour la boxe philippine.

Bob Arum, son co-promoteur chez Top Rank, le surnomme « le nouveau Manny Pacquiao ». Une comparaison plus que difficile à assumer. Mais Jerwin Ancajas fera peut-être bientôt face à un défi que « Pacman » n’a jamais eu l’occasion de relever dans sa carrière : un championnat du monde entre deux boxeurs philippins. La chose n’a plus eu lieu depuis… 1925 et la victoire de Pancho Villa sur Clever Sencio à Manille pour la couronne des mouches. Mais Ancajas (29-1-1 ; 20 KO), actuel détenteur de la ceinture IBF des super-plumes, pourrait le connaître dans les mois à venir face à Jonas Sultan. Professionnel depuis 2013 (14-3 ; 9 KO), ce dernier est devenu le challenger numéro 1 dans le classement IBF des super-plumes à la faveur de sa victoire – un peu surprise – sur son compatriote John Riel Casimero, ancien champion IBF des plumes, en septembre dernier à Cebu City. De quoi lui « réserver » un combat face à Ancajas, dont la défense obligatoire IBF devra bientôt avoir lieu après sa victoire sur le Mexicain Israel Gonzalez – sa quatrième défense victorieuse – par TKO à la dixième reprise ce samedi à Corpus Christi (Texas) pour son premier combat sur le sol US.

« L’IBF nous oblige à défendre la ceinture contre leur challenger officiel donc on va se diriger vers Jonas Sultan pour organiser cette bataille 100% philippine, a confirmé Sean Gibbons, manager de Jerwin, au site du célèbre magazine The Ring à l’issue de la victoire sur Gonzalez. J’espère qu’on pourra faire ça à Los Angeles ou dans une autre ville américaine possédant une grosse communauté philippine comme San Francisco. » Pourquoi pas à Manille ? Simple. Nouvelle signature de Top Rank, Ancajas s’est vu garantir (sauf blessure, bien entendu) au moins trois combats aux Etats-Unis en 2018, autant d’occasions de faire grandir son aura médiatique et sa notoriété auprès du public. Et affronter un compatriote dans un rendez-vous historique ne fera que grandir l’intérêt autour de son nom, même si les deux pugilistes ne boxent pas « à la maison ». Membre de l’écurie ALA Boxing, Sultan était pourtant longtemps réfractaire à l’idée de faire face à un autre Philippin dans un ring. Michael Aldeguer, son promoteur, avait également expliqué la chaîne ABS-CBN, qui diffuse les réunions Pinoy Pride de l’ALA, et ses sponsors n’étaient pas intéressés dans une bataille fratricide pour un titre entre deux Philippins. Mais si le destin s’en mêle…

« C’est difficile d’affronter un compatriote pour une ceinture mondiale mais si les circonstances l’obligent, nous n’avons pas d’autre choix, a expliqué Aldeguer au site du magazine The Ring. On attend désormais le début des négociations officielles. On a parlé de façon informelle avec Sean Gibbons mais rien n’est encore concret. » Ce qui n’empêche pas Sultan, âgé de 26 ans comme Ancajas, d’affirmer son envie de relever le gant : « C’est à monsieur Jerwin (drôle quand on sait que ce dernier appelle Pacquiao « monsieur Manny », ndlr) de faire en sorte que ça arrive bientôt. Je suis toujours prêt pour lui, comme je suis prêt pour n’importe quel adversaire car je suis classé numéro un sur la planète. » Alors qu’il espère pouvoir mettre ce combat en place « pas plus tard qu’en mai », Gibbons a conscience que Sultan offrirait à son poulain, dont les combats sont désormais diffusés en direct au pays, un canevas parfait pour briller. 

« Il a le style parfait pour Jerwin car il ne bouge pas beaucoup, il reste face à vous, analyse le manager du champion IBF des super-plumes qui reste sur seize victoires consécutives, dont quinze par KO, TKO ou abandon. Jerwin va être encore plus impressionnant face à quelqu’un comme lui qui ne bouge pas assez. Il avance juste sur vous dans un style très philippin, sans proposer de choses trop astucieuses. Jerwin va systématiquement le toucher, le toucher et le toucher encore, et à un moment ce sera terminé. Il va le détruire. » Détruire son adversaire, Gilberto Ramirez connaît. Toujours invaincu, le premier Mexicain champion du monde des super-moyens (37-0 ; 25 KO) a lui aussi défendu sa ceinture WBO ce samedi à Corpus Christi en laminant Habib Ahmed, TKO à la sixième reprise (son coach était en train d'abandonner), un adversaire très loin du niveau proposé par « Zurdo ». La suite ? Elle passe par la fin du tournoi World Boxing Super Series. Organisées dans deux divisions pour leur première mouture, les super-moyens et les lourds-légers, les WBSS réunissent la crème de chaque catégorie dans un tournoi à élimination directe avec au bout un prestigieux trophée Muhammad Ali, dix millions de dollars, une ceinture WBC Diamond et les titres mis en jeu par les participants.

Chez les super-moyens, on retrouve ainsi les couronnes WBA Super et IBO respectivement détenues par les Britanniques George Groves (27-3 ; 20 KO) et Chris Eubank Jr (26-1 ; 20 KO), qui vont s’affronter dans une explosive demi-finale le 17 février à Manchester alors que l’autre demie opposera un troisième Britannique, Callum Smith (23-0 ; 17 KO) à l’Allemand Jürgen Braehmer (49-3 ; 35 KO). La finale aura lieu le 11 mai à Jeddah, en Arabie Saoudite, et Ramirez a déjà les yeux rivés vers le futur vainqueur pour un combat d’unification. « Je veux affronter n’importe quel des autres champions en Europe ou ailleurs, a lancé le Mexicain à l’issue de sa victoire sur Ahmed. Je suis prêt pour n’importe qui. Bob Arum (son promoteur chez Top Rank, ndlr) peut organiser ce combat contre le vainqueur du tournoi. Je veux être le meilleur de ma division et l’un des meilleurs toutes catégories confondues et j’ai besoin d’affronter les meilleurs pour y arriver. » Le vainqueur des WBSS sera de cette trempe. Sans oublier l’invaincu champion WBC, l’Américain David Benavidez (19-0 ; 17 KO), qui défend sa ceinture le 17 février à Las Vegas contre le Roumain Ronald Gavril et attendra tout ce beau monde tapi dans l’ombre s’il garde son bien. Ça promet pour les mois à venir.