Quels "gros" combats possibles pour le showman Lomachenko ?

Vasyl Lomachenko
Vasyl Lomachenko AFP

Vainqueur du Colombien Miguel Marriaga ce samedi à Los Angeles dans une nouvelle démonstration de force et de maîtrise technique, Vasyl Lomachenko a encore fait le show pour conserver sa ceinture mondiale WBO des super-plumes. Après dix combats pros, l’Ukrainien est déjà considéré comme un des meilleurs boxeurs de la planète. Mais quels grands défis pourraient être à sa hauteur à l’avenir ? Focus sur trois possibilités dont une qui paraît la plus avancée aujourd'hui. 

Plusieurs classes au-dessus. Et même plus que ça. Voilà comment résumer la performance de Vasyl Lomachenko ce samedi à Los Angeles face à Miguel Marriaga. Dépassé, le Colombien n’a rien pu faire face au spectaculaire Ukrainien, une nouvelle fois auteur d’une démonstration de force et de maîtrise technique et qui n’a pas hésité – comme toujours – à « chambrer » son adversaire pour mieux lui rappeler sa supériorité. Une troisième défense victorieuse de sa ceinture mondiale WBO des super-plumes (et le troisième combat de suite où l'adversaire finit par rester dans son coin !) qui ouvre un débat sur l’avenir : quels « gros » combats possibles pour « The Matrix », déjà considéré par tous les spécialistes comme l’un des cinq meilleurs boxeurs de la planète en à peine dix combats chez les pros pros ? Après sa victoire sur abandon entre les septième et huitième reprises, le double champion olympique (2008, 2012) chez les amateurs n’a pas voulu cibler sa préférence : « Je prends n’importe qui. Je veux juste unifier des titres. » Une déclaration qui ouvre des perspectives sur trois champions qu’il a déjà cités comme potentiels adversaires. Et dont les duels avec « Hi-Tech » font saliver.

Miguel Berchelt (champion WBC des super-plumes)

Pour « unifier des titres », c’est sans doute le plus simple à court terme. A 25 ans, Miguel Berchelt est l’actuel champion WBC des super-plumes, un titre remporté en janvier dernier en battant le Mexicain Francisco Vargas, jusque-là invaincu, et défendu victorieusement mi-juillet face au Japonais Takashi Miura, deux anciens champions. Si le Mexicain n’est pas invaincu chez les pros, avec 32 victoires contre une défaite concédée aux gants du Colombien Luis Eduardo Florez en mars 2014, sa capacité à mettre KO la concurrence (28 succès avant la limite) promettrait un combat hyper spectaculaire face au showman Lomachenko. Et il a déjà commencé la guéguerre psychologique à l’issue de son succès sur Miura. 

« Je commence à prouver que je suis le meilleur de la division, expliquait-il au site BoxingScene fin juillet. Je veux combattre et battre les meilleurs et j’adorerais affronter Lomachenko. C’est un super combattant. Un champion. Je ne remets pas en cause ses qualités de boxeur. Mais il a une défaite au compteur et c’est un Mexicain qui lui a infligé (Orlando Salido pour le deuxième combat pro de l’Ukrainien, une décision des juges qui a fait polémique, Top Rank cherchant en vain à organiser une revanche ces derniers mois, ndlr). Si j’ai l’opportunité de l’affronter, je pense vraiment pouvoir le battre. » En raison de promoteurs différents, organiser ce combat ne sera pas chose aisée. Mais on aimerait voir ça. Dans sa catégorie, Lomachenko pourrait également chercher à affronter l’Américain Gervonta Davis, invaincu (18-0 dont 17 KOs) et spectaculaire champion IBF. Un autre combat qui donne très envie. Ou encore le Panaméen Jezreel Corrales, détenteur de la ceinture WBA.

Miguel Berchelt
Miguel Berchelt AFP

Mikey Garcia (champion WBC des légers)

Pour chercher un adversaire de gros calibre, Lomachenko a également la possibilité de grimper encore d’une catégorie. Désormais super-plume, l’ancien champion WBO des plumes pourrait monter chez les légers pour y défier l’Américain Mikey Garcia, champion WBC de la catégorie qui vient de disputer (et de remporter) un combat chez les super-légers face à son compatriote Adrien Boner, ancien champion dans quatre catégories de poids différentes. Une performance qui n’a pas impressionné l’Ukrainien. Loin de là. « Je n’ai rien vu dans ce combat qui m’incite à penser que Garcia est un combattant de première classe, lâchait-il fin juillet à The Ring. Il a fait ce qu’il devait faire pour gagner mais je n’ai rien vu d’exceptionnel. Je me suis presque endormi… » 

Des mots qui ont trouvé une réponse en la personne de Robert Garcia, ancien champion IBF des super-plumes et surtout grand frère et entraîneur de Mikey, qui a pointé du doigt l’adversaire de « The Matrix » dans son combat de ce samedi : « Il devrait avoir honte d’avoir affronté un adversaire comme Marriaga ». Ancien champion WBO des plumes et des super-plumes, les deux ceintures portées par Lomachenko depuis le début de sa carrière pro, Garcia semble être un adversaire naturel pour l’Ukrainien, qui a déjà indiqué son envie de monter chez les légers. Mais la longue bataille judiciaire qui a opposé l’Américain à Top Rank, dont Garcia a pu se séparer l’été dernier, ne facilitera pas l’organisation d’un tel combat. La preuve dans les mots de Todd DuBoef, ancien promoteur de Mikey et président de Top Rank, qui compte Lomachenko dans ses rangs : « Le putain d’entraîneur de Garcia se pointe et dit : ‘‘On veut parler de ce combat’’. Mais ensuite ils affrontent Broner. Il faut arrêter les bêtises et les paroles qui n’ont pas de sens. » Le mieux serait de régler tout cela sur un ring. Une autre possibilité chez les légers donne également envie aux spécialistes : voir l’Ukrainien défier le Vénézuélien Jorge Linares (42-3 dont 27 KOs), champion WBA et The Ring de la catégorie.

Guillermo Rigondeaux (champion WBA des super-coqs)

Il y a désormais deux catégories d’écart entre les deux. Mais cela reste le combat qui fait rêver les passionnés du noble art. Et sans doute celui le plus proche de se réaliser pour Lomachenko. Toujours invaincu en 17 combats professionnels (11 KOs), Guillermo Rigondeaux est l’incontesté super-champion WBA des super-coqs même si son dernier combat a terminé dans la controverse. Particularité ? Comme Lomachenko, le Cubain de 36 ans a remporté deux médailles d’or olympiques, en 2000 et 2004, et deux titres mondiaux (2001-2005) chez les amateurs. De quoi donner une dimension unique à son possible combat face à l’Ukrainien, dont l’actuelle catégorie de poids ne se situe que 3,7 kilos au-dessus de celle de celui qui avait fui son pays en juillet 2007 à l’occasion des Jeux panaméricains de Rio pour s’installer à Miami avant de passer pro en 2009. 

Bob Arum, promoteur de Lomachenko (Top Rank), en avait bien conscience à l’heure de lâcher son avis pour ESPN en 2015 : « C’est le combat que je suis le plus impatient de voir. Il aurait un côté historique : ce serait la première fois de l’histoire de la boxe que deux doubles champions olympiques s’affronteraient sur un ring. L’opposition de styles donnerait un combat sensationnel et Lomachenko obligerait Rigondeaux (qui jouit d’une réputation de boxeur attentiste, ndlr) à vraiment combattre, pour une fois. » A l'issue de la victoire de l'Ukraibien sur Marriaga, Arum a d'ailleurs avoué être déjà entré en discussions avec le Cubain, lui aussi en quête d'un gros combat et du chèque qui va avec. Selon le promoteur, Rigondeaux serait prêt à monter de deux catégories pour défier le phénomène du moment. Si un accord reste encore loin d'être trouvé, les deux parties semblent confiantes sur une issue positive pour un combat qui pourrait avoir lieu en décembre à New York.