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Pour Mayweather, Lomachenko est sous-payé et exploité

Vasyl Lomachenko
Vasyl Lomachenko AFP

Champion WBO des super-plumes, Vasyl Lomachenko est considéré comme l’un des meilleurs boxeurs de la planète toutes catégories confondues. Voire le meilleur tout court. Ce qui ne l’empêche pas d’être sous-payé par son promoteur, Bob Arum, selon Floyd Mayweather.

Le magazine américain The Ring, « bible » du milieu, l’a élu « combattant de l’année » pour 2017. Après sa victoire sur Guillermo Rigondeaux, ils sont également nombreux à le placer en tête du classement pound-for-pound (toutes catégories confondues). Le tout après seulement onze combats professionnels. Brillant, showman, doté d’une technique pugilistique sublime, chambreur, Vasyl Lomachenko régale à chaque sortie sur le ring. Mais est-il rémunéré à la hauteur du spectacle proposé ? Loin de là si l’on écoute Floyd Mayweather, qui s’y connaît mieux que personne quand il s’agit de faire rimer gros chèque et noble art, évoquer la soirée qui a vu champion WBO des super-plumes battre Rigondeaux avec autorité.

« Je préférerais ne pas être considéré comme le meilleur mais être payé 6, 7 ou 8M$ à chaque combat »

« Lomachenko a été payé 1,2 million de dollars pour ce combat. C’est un gars qui a gagné deux médailles d’or olympique, dont on parle pour le trône pound-for-pound, qu’on évoque comme le meilleur combattant de la boxe actuelle, et il touche 1,2M$, a lancé l’Américain au micro du site FightHype. Personnellement, je préférerais ne pas être considéré comme le meilleur mais être payé 6, 7 ou 8M$ à chaque combat. C’est ma façon de voir les choses. Quand on prend des risques, on doit être récompensé. » L’occasion pour Mayweather, qui avait un minimum garanti de… 100M$ (il a touché bien plus) pour battre Conor McGregor sur un ring en août dernier et porter son bilan pro à 50-0, d’adresser un tacle appuyé à Top Rank et Bob Arum, promoteur de l’Ukrainien, avec qui « Money » garde un contentieux.

« Je n’enlève rien à ce que fait Lomachenko mais il faut qu’il regarde du côté de son promoteur. Il traite mal ses combattants depuis plus de 40 ans ! Dès que je me suis éloigné de lui, j’ai commencé à ramasser un paquet d’argent. Si Lomachenko a obtenu 1,2M$ et son adversaire 400.000$, cela fait 1,6M$ à eux deux. C’est ce que certains de mes boxeurs touchent pour combattre ! C’était un gros combat, un immense combat même. Cela doit leur rapporter plus. Alors Lomachenko, va dire à ton promoteur de te payer. Je t’aime bien. J’aime ses mouvements, sa vitesse. Je le respecte en tant que combattant. Mais il doit encore apprendre à maîtriser la partie business de ce milieu. Dis à ton promoteur de te payer ! Tu as pris 1,2M$ alors que tu aurais au moins dû toucher 2,5M$. »

« Tout ce que je veux, c’est voir les bourses touchées par ses boxeurs »

Chaud bouillant, Mayweather a enchaîné en remettant en cause les méthodes de Top Rank : « Si Bottom Rank (jeu de mots sur haut et bas, top et bottom, ndlr) est vraiment une compagnie au top dans la boxe, tout ce que je veux, c’est voir les bourses touchées par ses boxeurs. Il faut les sortir pour que je puisse vous montrer ce que ces gars pourraient toucher vraiment et pourquoi ils sont sous-payés. » De quoi pimenter un peu plus un éventuel choc entre « Matrix » et Gervonta Davis, ancien champion IBF des super-plumes dont le promoteur n’est autre que… Mayweather. Avant le combat Lomachenko-Rigondeaux, « Tank » (surnom de Davis) avait lancé les hostilités sur Sky Sports : « Je veux prendre le vainqueur. Et je suis sûr de le battre. » Une attitude bravache à l’opposé des affirmations de l’Ukrainien, qui a expliqué que l’invaincu et spectaculaire boxeur américain (19-0 ; 18 KO) l’esquivait. Comme on pouvait s’y attendre, Mayweather ne partage pas l’analyse. Et explique pourquoi il souhaite pour l’instant éviter à son protégé d’aller se jeter dans la gueule du loup « Hi-Tech ».

« Tank ne se cache pas de toi. Il veut t’affronter »

L’idée ? Ne vous attendez pas à un Lomachenko-Davis à long terme… « Tank peut venir me voir pour me dire qu’il veut le combat. Mais à la fin, je vais lui dire que rien ne presse. Tu es toujours jeune. Si tu veux combattre, il y a plein d’adversaires disponibles. Tu viens à peine d’avoir 23 ans, il te reste 15 années à boxer. Mais si tu te précipites et que tu prends tous les gros combats maintenant, tu ne resteras pas dans le business de la boxe jusqu’à 38 ou 39 ans. Pas besoin de se presser. Je n’ai rien contre Lomachenko mais il ne faut pas manquer de respect à mes combattants. Tank ne se cache pas de toi. Il veut t’affronter. Il m’a même demandé de le faire plus d’une fois. Mais en tant que mentor et figure paternelle, je lui ai dit de ne pas me précipiter. » Tout comme Davis, ceux qui voulaient le voir se frotter au défi Lomachenko vont devoir patienter.