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Linares, le combat de sa (deuxième) vie

Jorge Linares
Jorge Linares Panoramic

Le combat tant attendu entre Jorge Linares et Vasyl Lomachenko dans la nuit de samedi à dimanche (à partir de 1h en direct sur SFR Sport 1) sera celui de la consécration pour le Vénézuélien, chaperonné par un conseiller japonais, et invaincu depuis 2012, l’année où il a pensé tout arrêter. 

Si Vasyl Lomachenko (30 ans) lancera sa nouvelle carrière chez les poids légers après avoir glané deux couronnes dans deux autres catégories différentes (super plumes, plumes), son adversaire a basculé dans sa deuxième vie depuis six ans. Jorge Linares a rendez-vous avec le combat qui doit consacrer son retour fracassant au plus haut niveau après avoir pensé à tout plaquer en 2012. Les deux défaites face à Antonio De Marco et Sergio Thompson avaient fait tergiverser le Vénézuélien. Elles ont finalement relancé sa carrière peu commune démarrée chez lui au Venezuela, avant de passer par Tokyo, Las Vegas et New York où il découvrira le majestueux Madison Square Garden dans la nuit de samedi à dimanche pour défendre sa ceinture WBO des légers (à partir de 2h en direct sur SFR Sport 1). 

Il était déjà triple champion de son pays quand le président de la WBA, Gilberto Mendoza, l'a rapproché du promoteur japonais, Akihiko Honda. Tout ce beau monde s’était alors mis d’accord et Linares avait rejoint le Japon à 16 ans où il a parfait son art dans la salle de boxe de Teiken Promotions, le nom de la structure de Honda. Il y a lancé sa carrière en 2002 et disputé 18 de ses 23 premiers combats  au pays du Soleil Levant. Il a attendu le 24e pour enfin se montrer aux Etats-Unis. C’était en 2007 à Vegas face à Oscar Larios. L’âge d’or du Golden Boy qui s’était imposé sur KO technique et avait signé sa 24e victoire de rang, synonyme de ceinture WBC des poids-plumes. 

Le début de la gloire pour certains. Mais cela avait tourné différemment. Le KO subi dès le premier round face à Juan Carlos Salgado en 2009 l'avait sonné mais moins encore que ses deux défaites en 2012. Il y eut cet arrêt de l’arbitre dans la 11e reprise face à DeMarco en raison de ses coupures trop importantes dans un combat pour une ceinture poids légers vacante. Puis celle, plus surprenante, dès la deuxième reprise face à Thompson. Golden Boy, son co-promoteur américain, avait alors pensé à le lâcher. Linares, lui-même, avait songé à la retraite.

Son gourou ne sera pas là

Quelques mois plus tard, Honda l’a finalement associé au Cubain Ismael Salas. C’était en octobre 2012. Depuis, il n’a plus perdu (13 victoires). S’il n’a pas encore signé de combat aussi important que celui face à Lomachenko, il s’est tout de même frotter avec brio au Britannique Anthony Crolla, sur les terres de ce dernier (deux victoires en 2016 et 2017). Il attend désormais son heure de gloire. « J’ai besoin d’un grand nom, d’un gros combat, confiait-il. Maintenant. » Il disputera le combat d’une carrière sans le gourou de sa résurrection, Salas, occupé par la revanche entre Tony Bellew et David Haye en Angleterre. Face à Lomachenko, il ne partira pas favori mais sa résurrection et son pedigree rendront le combat indécis. C’est pour ça qu’il est l’un des plus attendus de l’année.