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Horn-Crawford : "Bud", le nouveau lion dans la jungle des welters

Terence Crawford
Terence Crawford Panoramic

Ancien champion unifié des super-légers, Terence Crawford attaque sa quête de la très dense division des welters ce samedi soir à Las Vegas (en direct à partir de 2h30 dans la nuit de samedi à dimanche sur SFR Sport 1) en défiant l’Australien Jeff Horn, champion WBO depuis qu’il a détrôné Manny Pacquiao l’an dernier. Un défi plus grand que tous ceux qu’il a relevés jusque-là mais à la hauteur de son talent pugilistique XXL.

Il est devenu, l’an dernier, le premier boxeur champion unifié et incontesté (toutes catégories confondues) depuis 2006. Pour tous les spécialistes, il fait partie des meilleurs pugilistes de la planète peu importe le poids ou la taille. Mais il y a un mais. Si Terence Crawford (32-0 ; 23 KO) a sa place réservée dans le gotha actuel du noble art, l’ancien roi des super-légers – champion WBA, WBC, IBF et WBO après son spectaculaire KO sur le Namibien Julius Indongo en août dernier – également titré chez les légers dans le passé ne présente pas un CV à même d’éteindre tous les doutes. Le combattant du Nebraska peut-il afficher son habituelle facilité face à de plus grands noms ? « Bud » pourra-t-il continuer à dominer une opposition plus relevées après avoir marché sur une catégorie décimée (super-légers) ? Est-il vraiment capable de bien encaisser ?

Les réponses portent un nom : les welters. En montant dans l’une des catégories les plus denses de la boxe actuelle, voire la plus dense, Crawford se lance dans une quête en forme de challenge. Avec comme premier défi l’Australien Jeff Horn (18-0-1 ; 12 KO), champion WBO et tombeur de Manny Pacquiao, ce samedi au MGM Grand de Las Vegas (en direct à partir de 2h30 dans la nuit de samedi à dimanche sur SFR Sport 1). Si les bookmakers et tous les observateurs ou presque voient Crawford l’emporter sans vraiment trembler, le fait de les voir souvent désigner l’Américain futur vainqueur aux points – alors qu’il a mis KO ou fait abandonner ses adversaires dans sept de ses neuf derniers combats – pointe la hauteur de la tâche.

Face à un adversaire plus grand, plus gros et sans doute plus puissant que tout ce qu’il a croisé dans un ring professionnel jusque-là, dont les qualités de boxeur sont supérieures à ce que sa victoire controversée sur Pacquiao et sa décevante première défense de la ceinture ne laissaient supposer aux yeux de ceux qui ne l’ont pas bien observé dans un ring, et qui sait utiliser sa tête et son corps pour donner un côté « bagarre de rue » à un combat comme il avait su le faire face aux Philippins, Crawford devrait avoir plus de boulot que ce qu’on veut bien lui prédire. Ou que ce qu’il veut bien admettre, d’ailleurs. « Il n’est rien que je n’ai pas déjà affronté dans un ring, a expliqué l’Américain lors de la dernière conférence de presse avant le combat. La seule chose dont on doit se préoccuper, c’est son utilisation de sa tête et de ses coudes. »

Voilà pour le discours public. On n’en attendait pas moins tant l’ami Terence compte marquer au fer rouge son entrée dans la fosse aux lions des welters, où l’attendent les Keith Thurman, Errol Spence Jr, Shawn Porter ou Danny Garcia (liste non exhaustibe). « Tout le monde attendait ça, que je monte dans cette catégorie, et je suis impatient de faire le spectacle et de frapper un grand coup samedi », a expliqué l’Américain lors de la dernière conférence de presse avant le combat. Avec dans ses mots la volonté de rappeler à Horn qu’il n’y a pas que la taille qui compte… « Il me voit comme un petit welter mais il se rendre compte qu’il a tort, poursuit Crawford. Il arrive déterminé et avec appétit et cela va donner un bon combat. Mais je suis prêt pour tout ce qu’il va proposer et il se pourrait que je lui fasse mal. (Sourire.) »

Et pas question de trembler en se basant sur la mauvaise expérience vécue par l’un des plus grands de l’histoire face à l’ancien professeur d’école. « Je ne suis pas Manny Pacquiao, rappelle Bud. Je suis plus grand et plus fort. Je suis dans la force de l’âge et de ma carrière et ça va se voir. On verra qui va sera ébranlé et qui va se faire mettre au sol. » Une confiance partagée par son entraîneur Brian McIntyre : « Terence va battre Horn avant la limite. J’ai toute la confiance du monde en lui. Je n’ai qu’une seule chose à dire : c’est sa prise de pouvoir chez les welters et Jeff en sera simplement la première victime. »

Tout sauf expiatoire, à l’écouter… « Je suis surpris qu’on sous-estime mes chances à ce point-là pour ce combat, a lancé l’Australien aux médias. Je ne suis pas surpris de ne pas être le favori car Terence est un formidable boxeur, l’un des meilleurs toutes catégories confondues. Je sais qu’il a pris du poids et qu’il a fait les efforts nécessaires pour devenir un bon welter. Mais j’ai hâte d’y être pour faire taire ceux qui doutent de moi. J’ai entendu des gens dire que j’étais un champion en carton, une fraude. Je suis là pour leur prouver le contraire. » Un rendez-vous plus important pour lui que celui, pourtant historique, face à la légende philippine : « C’est un combat énorme pour moi, plus encore que celui contre Pacquiao. Je vais battre un champion du monde unifié. Mon contrat avec Top Rank se termine après ce combat et je peux négocier un montant substantiel pour le prochain si je gagne. Il y a tellement en jeu pour ma carrière si je sors vainqueur… » L’utilisation du « si » comme si le garçon savait bien que ce scénario n’est pas le plus probable. Comme toujours quand on fait face à Terence Crawford.