Fury lance la guerre des mots avant Joshua-Klitschko

Anthony Joshua
AFP

A dix jours du combat au sommet des poids lourds entre l’Anglais Anthony Joshua et l’Ukrainien Wladimir Klitschko (en exclusivité sur SFR Sport), l’ex-roi de la catégorie, le Britannique Tyson Fury, a provoqué et insulté via Twitter son compatriote. Sur fond de suprématie mondiale et de reconnaissance nationale.   

Malgré les apparences, c’est bien le choc des lourds entre Anthony Joshua et Wladimir Klitschko qui va agiter la planète boxe d’ici une dizaine de jours. Joshua vs Klitschko et non Joshua vs Fury, comme on aurait tendance à le croire ce mercredi. Depuis plusieurs heures, les deux Brits s’affrontent en effet par réseaux sociaux interposés.

Un clash monumental entre guerre des mots et guerre d’ego. En jeu : la suprématie nationale et le rayonnement sur le Royaume conditionnées à l’organisation d’un Championnat du monde entre les deux hommes.

L'exploit avant la débandande

Petit rappel des faits. Le 28 novembre 2015 à Düsseldorf, Tyson Fury mettait fin à neuf ans de règne (pour onze années d’invincibilité) et s’emparait des ceintures mondiales WBA, WBO et IBF en s’imposant aux points face au cadet des frères Klitschko, Wladimir.  A Fury, la starification, la gloire et les honneurs de la perfide Albion. A Joshua, l’ombre, les miettes et le statut de second rôle.

Mais plutôt que de consolider cette notoriété fulgurante et d’accorder une revanche à Klitschko, Fury a dilapidé tout son capital sympathie et sportif en rejetant par deux fois les termes d’une revanche en raison d’une blessure à la cheville puis d’une dépression. Avant d’annoncer sa vraie-fausse retraite après avoir sombré dans la cocaïne.

Trois ceintures en jeu

Des excuses et deux volte-face de trop qui lui vaudront d’être d’abord déchu de son titre IBF, puis d’être contraint de céder ses ceintures WBO et WBA car « je suis incapable de les défendre actuellement », expliquait-il en octobre dernier. Sauf que dans l’intervalle, Anthony Joshua a poursuivi son éclosion professionnelle entamée au lendemain de son titre olympique décroché à Londres en 2012 (en super-lourds).

Mieux, il a ravi puis conservé sa ceinture mondiale IBF avant de se voir offrir, samedi prochain à Londres (en exclusivité sur SFR Sport), une maxi chance mondiale face à Wladimir Klitschko avec vue sur deux autres ceintures (WBA des super-lourds et IBO des lourds). Une occasion en or qui pourrait doper sa notoriété et le propulser sur le devant de la scène planétaire en devenant le roi des lourds.

"Gros cul" vs "Frank Bruno du pauvre"

Cette perspective n’a pas donc pas échappé à Tyson Fury qui, voyant le grand rendez-vous s’approcher, a souhaité se rappeler aux bons souvenirs de l’Angleterre et capter une partie de la lumière projetée sur Joshua. D’abord en le titillant sur Twitter sur la date potentiel d’un combat entre eux deux, le qualifiant au passage de « Frank Bruno du pauvre » (légende anglaise de la boxe dotée d’une masse musculaire impressionnante).

Ni une ni deux, Joshua assénait un premier uppercut : « Fury, qui en novembre 2015 est devenu le premier combattant en 11 ans à vaincre Klitschko ? ». Puis un second : « C'est typique de Tyson Fury, toujours en train de parler derrière mon dos. La même offre que la dernière fois. Deux billets pour le combat pour pouvoir ramener ton gros cul ».

"« Je suis peut-être gros mais toi, tu es un champion en carton"

« Je suis peut-être gros mais toi, tu es un champion en carton et un mec vulgaire qui aimerait bien devenir un bad boy », a répliqué Fury. « Reste à ta place sinon je vais venir te mettre KO », a alors asséné Joshua. Avant de passer la vitesse supérieure : « Tais-toi et donne-moi une date quand tu seras de retour ! Tu es la seule raison pour laquelle le combat n’a pas encore eu lieu ». Et Tyson Fury de conclure par un ultime tweet mégalo.

Loin de tout ce barda social, Wladimir Klitschko doit se frotter les gants et s’amuser de cette guerre des mots et d’ego qui lui offre une paix royale. La prépa idéale avant un big fight.