Bouhraoua : "J’ai des fourmis dans les jambes"

Terry Bouhraoua
Terry Bouhraoua Panoramic

Revenu au XV depuis le début de saison, Terry Bouhraoua n’a été que très peu été utilisé au Stade Français. De retour en équipe de France à VII pour le tournoi à Hong-Kong organisé ce week-end, il compte en profiter pour évacuer sa frustration ce week-end. Avec en point de mire la Coupe du monde cet été.

Terry Bouhraoua, que faites-vous dans cette équipe de France de rugby à VII ?

Je suis là pour disputer le tournoi de Hong-Kong. C’est toujours une étape importante dans le circuit mondial. J’ai eu le privilège d’être appelé et d’avoir eu l’accord de mon club, le Stade Français. Quand je suis parti de la Fédération pour le Stade Français, j’avais rencontré le coach Jérôme Darret qui m’avait dit qu’il me comptait dans son effectif. En décembre et janvier, on a échangé des messages. Je n’avais pas été beaucoup utilisé par mon club (sept matchs pour seulement 231 minutes de jeu cette saison) et qu’il était sûrement possible d’être libéré pour quelques tournois et d’être compétitif pour la Coupe du monde (du 7 au 22 juillet à San Francisco, ndlr). Il m’a donc appelé pour le Hong-Kong Sevens et le club m’a autorisé à venir.

Est-ce une bouffée d’oxygène ?

Oui, c’est toujours un honneur de pouvoir jouer pour l’équipe de France. J’étais effectivement un peu frustré par le manque de temps jeu en club, ça va me filer une bouffée d’oxygène. Je viens là pour la performance, m’entrainer dur et performer pour le tournoi. Pour l’instant, nous n’avons parlé que du tournoi de Hong-Kong. On va faire les choses dans l’ordre et que l’équipe de France soit performante. Je veux performer. C’est ce qui m’intéresse en apportant le meilleur. Ces derniers mois ont souvent été difficiles pour le rugby à VII français. On se bat souvent contre nous-mêmes. On doit enchainer des victoires et détester la défaite. Il n’y a pas d’abattement malgré tout dans ce groupe qui est vif et jeune.

Vous devez avoir des fourmis dans les jambes…

Oui, bien sûr. J’en ai toujours plus ou moins, mais c’est vrai qu’aujourd’hui j’ai des fourmis dans les jambes. On verra si le souffle et le rythme seront là. Il y a forcément de l’appréhension mais j’ai fait en sorte de bien m’entrainer pour être prêt. Mais l’intégration s’est bien passée. On va essayer de refaire ce qu’on savait faire.

Comment avez-vous vécu ces derniers mois ?

Avec beaucoup de frustration. Quand on intègre une équipe de Top 14 on sait que ça peut se passer comme ça. Mais je suis surtout au service de mon équipe et de mon club. Je m’entraine dur aussi pour reprendre les repères du XV, ce qui m’avait un petit peu manqué. Aujourd’hui nous avons une mission : sauver le Stade Français. Je suis à la disposition de l’équipe quand on a besoin de moi.

Avez-vous cependant des regrets d’avoir rejoint le Stade Français ?

Non, aucun regret. Quand j’en ai décidé ainsi, je crois que c’était la bonne décision et le bon moment. Il y a forcément de la frustration quand on est compétiteur et que l’on a envie de jouer. Mais je m’étais aussi fait à l’idée que ça pouvait se passer comme ça malheureusement. Cela passe par du travail et il ne faut jamais lâcher l’affaire. Il me fallait forcément du temps pour retrouver des repères puisque ça fait sept ans quand je n’y avais pas joué. J’ai la chance de travailler avec Julien Dupuy qui un spécialiste en la matière mais aussi mon grand frère qui est spécialiste de la mêlée. Au vue de ma dernière sortie contre le Racing, j’avais le sentiment que c’était honorable. Ce sont des choix de coachs. Julien (Dupuy) me donne les explications. On n’avait évidemment pas prévu une telle saison pour le Stade Français. Il faut assumer et réaliser une grosse fin de saison. Il faut rester optimiste. Je ne crois pas que le Stade Français descende. Nous avons les joueurs et l’équipe.

Avez-vous la Coupe du monde dans un coin de votre tête ?

C’est un objectif collectif c’est sûr. C’est aussi un désir personnel. Je vous mentirais si je vous disais que je n’avais pas envie de jouer la Coupe du monde de Rugby à VII cet été. 

En avez-vous déjà parlé avec votre club ?

Non, pas du tout. Je fais les choses d’abord comme elles viennent. Durant la période de la Coupe du monde, il n’y a pas de match de Top 14. C’est pour ça que ça devient possible. Ça dépendra aussi des performances  de ce week-end et des besoins de l’équipe de France.

Serez-vous toujours joueur du Stade Français la saison prochaine ?

Oui, j’ai encore deux années de contrat et je serai toujours au Stade Français la saison prochaine.