<

Saracens-Wasps : Haskell-Cipriani, les ingérables en dernière mission

James Haskell
James Haskell Reuters

James Haskell et Danny Cipriani, deux légendes des Wasps, quitteront le club à l’issue de la saison et laisseront un très grand vide avec une dernière mission à remplir : remporter le championnat avec une demi-finale sur le terrain des Saracens ce samedi (en direct à 13h30 sur SFR Sport 1). Souvent réputés comme ingérables à différents niveaux, les deux joueurs laisseront un très grand vide.

Danny Cipriani et James Haskell ont débuté la semaine en se disant que, potentiellement, ils pourraient être chômeurs à l’issue de celle-ci. Leur départ des Wasps en fin de saison est connu depuis longtemps mais les deux joueurs ont tardé à annoncer quels seraient leurs nouveaux points de chute. Tout s’est finalement décanté cette semaine : Danny Cipriani a décidé de rejoindre Gloucester et James Haskell a accepté l’offre d’emploi de Northampton par le biais d’un tweet très drôle. Et à son image. Les deux joueurs laisseront un grand vide dans l’effectif des Wasps mais ont une dernière mission à accomplir : offrir le championnat à leur club qui se déplace sur le terrain des Saracens, ce samedi en demi-finale de la Championship (en direct à 13h30 sur SFR Sport 1). 

Formé au club, Haskell en compte déjà trois (2004, 2005 et 2008) et deux Coupes d’Europe (2004 et 2007). Malgré des interludes au Stade Français, au Japon et même dans le très côté Super 15, le deuxième ou troisième ligne est intimement lié aux Wasps qu’il a accompagnés dans leur déménagement de la banlieue de Londres à Coventry. 

Haskell : « J’ai ri 100 fois par jour pendant 17 ans »

« J’ai adoré mon temps aux Wasps et je veux bien finir la saison avec les gars, confiait-il en avril. Les Wasps n‘ont jamais été une question d’endroit ou de stade. Ça a toujours été une question de joueurs, de nos supers fans, jeunes comme vieux. J’ai été entouré par des caractères incroyables dans le vestiaire du début à la fin. J’ai ri 100 fois par jour pendant 17 ans et je n’aurais pas pu espérer mieux. Il reste encore beaucoup de rugby en moi donc même si c’est l’arrêt d’un voyage, un nouveau chapitre s’ouvrira bientôt. »

Daly : « Il n’a pas de bouton off »

Le fantasque vétéran, qui a récemment qualifié le rugby moderne de pathétique et qui a été suspendu quatre semaines en début d’année pour un plaquage haut, a un quatrième titre à décrocher au sein d’une équipe battue en finale par Exeter la saison dernière. Ce sera aussi un personnage à remplacer. « C’est un constant cas de : "Non, il ne va quand même pas dire ça ?" Et puis tu te dis : "Et si, il vient juste de le dire", souriait récemment son équipier Elliot Daly dans The Guardian. Il n’a simplement pas de bouton off. Il dit exactement ce qu’il pense mais le dit avec un sourire. Ce sera une grosse perte pour l’équipe. »

Cipriani a refusé l’étranger en pensant au Mondial

Danny Cipriani aussi. Revenu aux Wasps en 2016, là où il avait explosé au plus haut niveau, l’ouvreur vient d’être retenu en équipe d’Angleterre pour la tournée en Afrique du Sud, près de trois ans après sa dernière sélection. Un évènement inattendu pour le joueur qui a revu ses plans d’avenir en choisissant un club anglais, Gloucester, plutôt qu’une destination plus lointaine pour maintenir des chances de disputer la Coupe du monde en 2019. Lui aussi s’est exilé à l’autre bout du monde (Australie). Il s’est aussi perdu en route alors qu’on lui prédisait le plus bel avenir avec le XV de la Rose. 

Cipriani invité à se taire par ses coéquipiers…

Le joueur a une réputation d’être difficile parce qu’il questionne toujours ses entraîneurs. Un technicien a ainsi confié au Guardian cette saison que Cipriani était l’ouvreur le plus naturellement doué qu’il ait vu mais aussi le joueur qui demandait le plus d’attention et de « maintenance ». Selon lui, le joueur passe son temps à interroger les entraîneurs durant les séances plutôt qu’à saisir le moment pour jouer, au point que certains coéquipiers l’exhortaient de se taire.

… mais un vrai héritage

Aux Wasps, il a trouvé son rythme de croisière qu’il mettra au service de Gloucester la saison prochaine. « L’intelligence qu’il a apportée en attaque sera quelque chose que nous conserverons quand il partira, confie Elliot Daly. Il est très doué dans ce qu’il fait et il sait ce qu’il veut faire aux défenseurs. Cela a vraiment été utile pour moi. » Ce le sera pour les Cherries la saison prochaine. Mais avant cela, les tauliers ont une dernière mission à remplir.