XV de France : Jalibert, la surprise du chef Brunel ?

Matthieu Jalibert
Matthieu Jalibert AFP

Matthieu Jalibert brille depuis son premier match de Top 14 avec Bordeaux-Bègles au mois de septembre. Le jeune (19 ans) ouvreur pourrait être l’une des surprises de la liste de Jacques Brunel pour le Tournoi des VI Nations.

Il pourrait être l’une des sensations du Tournoi des VI Nations. Encore inconnu du grand public, Matthieu Jalibert n’a que 19 ans. Mais il brille depuis quelques mois au sein de l’Union Bordeaux-Bègles, l’ancien club du sélectionneur Jacques Brunel. Le nouvel homme fort des Bleus le connait bien donc et pourrait lui donner sa chance en sélection dans les semaines à venir et le sélectionner dans le groupe annoncé mercredi après-midi pour le début du Tournoi. Jalibert ne compte pourtant que onze matches de Top 14 au compteur (715 minutes de jeu au total) et quatre apparitions en Challenge européen dont un titre de meilleur joueur du match dès sa première sortie européenne en Sibérie mi-octobre. Suffisant cependant pour étaler toute l’étendue de son jeune talent. Son ascension fulgurante en l’espace de quatre mois pourrait désormais le propulser en équipe de France à un an et demi de la prochaine Coupe du monde.

« Il est rapide, adroit de ses mains, et de ses pieds n’en parlons pas ! »

Tout est allé très vite depuis son premier match de Top 14 le 16 septembre contre le LOU, une première titularisation à l’arrière deux semaines plus tard et enfin à l’ouverture début novembre en ratant la pénalité de la gagne contre Toulouse. « Il a des qualités rugbystiques assez exceptionnelles, reconnait Thomas Lièvremont, l’ancien entraîneur des moins de 20 ans tricolores. Il est rapide, adroit de ses mains, et de ses pieds n’en parlons pas ! De là à dire qu’il est prêt à jouer en équipe de France, je ne sais pas. Je pense qu’il a encore besoin de temps. » Jacques Brunel veut s’appuyer sur des hommes en forme et c’est le cas du jeune ouvreur. Le numéro dix, qui a débuté le rugby en Nouvelle-Calédonie, l’a encore prouvé samedi lors de la victoire européenne contre les Dragons (36-28) avec une prestation complète (un essai, une pénalité et quatre transformations).

« Matthieu s’est construit en parallèle de la filière fédérale et il a su grandir tout seul »

Buteur fiable, le sixième réalisateur du championnat de France impressionne. Sur le terrain et en dehors. « C’est un gamin qui est doué à tous les niveaux, scolairement et sportivement, explique David Ortiz, le responsable de la formation girondine. Il pense toujours un coup avant tout le monde. Matthieu s’est construit en parallèle de la filière fédérale et il a su grandir tout seul. Il est étonnant par son insouciance et sa capacité à rester calme dans les moments importants et critiques. On dirait qu’il n’a pas de pression. Il me fait beaucoup penser à Baptiste Serin il y a quelque temps. Même chez les Espoirs, on avait déjà vu un gamin capable de s’imposer et de peser sur les matchs. Tôt ou tard, il y aura forcément une baisse de régime et il faudra être capable de réagir. »

« Si ça ne se fait pas maintenant pour le Tournoi, ça sera lors la tournée en Nouvelle-Zélande »

Après avoir découvert les Barbarians en novembre dernier, et un succès contre les Maoris All Blacks à Bordeaux, Jalibert serait aujourd’hui bien placé pour découvrir le niveau supérieur. Et ce même s’il ne figure pas sur la liste Elite (de 45 joueurs) contrairement au Toulousain Romain Ntamack. « Si ça ne se fait pas maintenant pour le Tournoi, ça sera lors la tournée en Nouvelle-Zélande », lâche un proche de la FFR. Désormais sous contrat jusqu’en 2021 avec l’Union Bordeaux-Bègles, le natif de Saint-Germain-en-Laye a de toute façon l’avenir devant lui. En 2023, pour la Coupe du monde en France, il n’aura que 25 ans. Le lancer dès maintenant ne représenterait-il pas un risque de le griller ? « Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure chose, selon Ortiz. Tout va très vite pour lui. Il ne faudrait pas que ça soit une sélection de non-retour. Si ça ne tenait qu’à moi, je temporiserais un peu. Il faut lui laisser le temps, qu’il gagne en expérience, qu’il confirme en club et qu’il arrive à gérer des matches plus fermés. » Brunel aura le dernier mot. Comme avant en club.

« Peut-être que le staff recherche d’autres solutions »

« Il connait bien l’homme, dit Ortiz, et saura s’il a les épaules assez larges. » Le pari peut paraitre risqué dès aujourd’hui, surtout avec une telle pression pour ce premier match de l’ère Brunel contre l’Irlande le 3 février au Stade de France. Si c’était le cas, qui en ferait le frais ? François Trinh-Duc ou Anthony Belleau ? Retenus lors de la tournée de novembre, les deux Toulonnais n’ont pas vraiment brillé. « Ni Trinh-Duc ni Belleau n’ont donné les garanties lors de la tournée de novembre, Camille Lopez, lui, est blessé, rappelle Thomas Lièvremont. Peut-être que le staff recherche d’autres solutions. » C’est effectivement le cas. Une d’entre elles serait d’associer le jeune Jalibert et l’expérimenté Morgan Parra, de retour en sélection après plus de deux ans d’absence. Lorsque Parra débutait sa carrière internationale en 2008, Jalibert n’avait même pas dix ans…