Snowboard halfpipe : Kim, on a déjà tout gagné quand on a dix-sept ans…

Chloe Kim
Chloe Kim Reuters

Quatre fois en or aux Winter X Games, double lauréate de la Coupe du monde, Chloe Kim a logiquement remporté l’or olympique du snowboard halfpipe féminin ce mardi à Pyeongchang avec un score proche de la perfection (98.25). A dix-sept ans, l’Américaine d’origine coréenne a déjà marqué l’histoire de son sport.

A Sotchi, elle aurait sans doute déjà pu monter sur la boîte. Elle sortait d’une médaille d’argent aux Winter X Games, sa première dans le grand rendez-vous annuel hivernal des sports extrêmes à Aspen, et était déjà surnommée depuis longtemps « le futur du halfpipe féminin ». Problème ? Chloe Kim n’avait alors que… treize ans. Trop jeune pour prendre part aux JO. Quatre ans après, on ne lui demande plus sa carte d’identité. L’ado trop jeune s’est muée en championne incontestable. Immense favorite de l’épreuve, l’Américaine est devenue championne olympique de snowboard halfpipe ce mardi à Pyeongchang dans une véritable démonstration de sa supériorité. Déjà assurée de l’or devant la Chinoise Liu Jiayu (89.75) et sa compatriote Arielle Gold (85.75) avant son dernier run d’une finale où les Françaises Mirabelle Thovex et Sophie Rodriguez ont respectivement terminé neuvième et dixième, Kim a pu lâcher les chevaux dans le pipe.

« Ce troisième run était juste pour moi, pour montrer que je pouvais le faire », a expliqué la Californienne d’origine coréenne, ce qui renforce son côté star à Pyeongchang, en conférence de presse à l’issue de son succès. Au bout de sa farandole aérienne planche aux pieds, une note de 98.25 proche de la perfection, avec le premier back-to-back 1080s de l’histoire du halfpipe féminin aux JO. Presque la routine pour celle qui compte déjà quatre titres aux Winter X Games, trois à Aspen en 2015 (à quatorze ans !), 2016 et 2018, avec une troisième place en 2017 en plus de la deuxième de 2014, et un à Oslo en 2016, et qui avait marqué l’histoire en 2016 en devenant la première femme à claquer un back-to-back 1080s – enchaînement qui avait permis à Shaun White de s’imposer à Turin en 2006, à 19 ans, pour la première du pipe aux JO – et à obtenir la note de 100 lors du Park City US Grand Prix. 

A dix-sept ans, la gamine victorieuse de la Coupe du monde cet hiver comme le précédent a déjà tout gagné et marqué l’histoire de son sport. Sans se prendre la tête, avec ça. Décontractée, souriante, à l’aise dans l’exercice médiatique, Kim a tout d’une immense star qu’elle est déjà dans son milieu. Mais ce chef d’œuvre olympique va sans doute permettre au grand public de mieux découvrir une championne qui régale sur comme en dehors du pipe, à l’image d’une conférence de presse post-titre olympique où elle a livré un récital devant un auditoire conquis qui n’a pas hésité à échanger avec elle sur nombre de sujets, du shopping avec sa grand-mère coréenne (une partie de sa famille réside toujours au pays) à Twitter – elle s'amusait à poster sur les réseaux sociaux pendant la compétition – en passant par Lady Gaga ou les hamburgers.

Sans oublier d’interpeller sa mère, présente au fond de la salle, sur la fête à venir ou de répondre directement à une question posée en coréen (elle a également dit quelques mots en chinois). Ou comment assumer avec classe malgré les attentes qui ne donnent presque pas le droit à l’erreur. « Il y a de la pression autour des Jeux car ce n’est que tous les quatre ans et j’en rêvais depuis que je suis petite fille, explique-t-elle. Mais la pression, je me la mets surtout moi-même, pour faire le meilleur run possible. » Mission accomplie. Dans le sillage de la reine Kim, le roi du pipe a lui aussi fait mouche : la superstar Shaun White, champion olympique en 2006 et 2010, a réussi le meilleur score des qualifications avec un impressionnant 98.50. Mais la finale s’annonce disputée avec notamment l’Australien Scotty James et le Japonais Ayumu Hirano, deuxième et troisième avec des scores de 96.75 et 95.25 points.