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Fourcade, Ledecka, Hirscher, Kim, Shiffrin, slopestyle : Les tops et les flops des JO

Chloe Kim
Chloe Kim Reuters

La quinzaine olympique des Jeux de Pyeongchang a pris fin ce dimanche sur un total de quinze médailles pour l’équipe de France, qui égale son record du genre aux JO d’hiver établi il y a quatre ans à Sotchi (avec un titre en plus en Corée, cinq contre quatre). L’occasion de dresser un bilan de la compétition à travers quelques flops et de plus nombreux tops. Une liste non exhaustive mais qui ne manque pas de grands noms.

LES TOPS

Fourcade-Klaebo, les triplés en or

Trois médailles d’or sur une même édition des JO, la chose est assez rare pour être soulignée. A Pyeongchang, l’exploit a été réalisé par deux hommes : Martin Fourcade en biathlon et Johannes Klaebo en ski de fond. On ne va pas se priver d’un cocorico en donnant l’avantage au Français, sacré deux fois en individuel et une fois en relais contre l’inverse au prodige norvégien de vingt et un ans.

Ledecka, la polyvalence historique

Il y a marquer l’histoire et marquer l’histoire avec un grand M et un grand H. Ester Ledecka appartient clairement à la seconde catégorie. Attendue en slalom géant parallèle en snowboard, la Tchèque de vingt-deux ans a logiquement pris l’or. Mais une semaine avant, elle avait fait de même… sur le super-G en ski alpin ! De quoi en faire la première femme de l’histoire à devenir championne olympique dans deux sports différents lors d’une même édition.

Björgen plus forte que Björndalen

Au dernier jour des Jeux, elle a triomphé dans le trente kilomètres classique pour offrir la première place du tableau des médailles à la Norvège. Pour renforcer un peu plus sa légende, aussi. Reine du ski de fond, Marit Björgen est devenu à Pyeongchang, et à trente-huit ans, l’athlète la plus médaillée de l’histoire des Jeux d’hiver, hommes et femmes confondus, en dépassant son compatriote Ole Einar Björndalen pour porter son total à quinze breloques olympiques (huit en or, quatre en argent, trois en bronze).

Hirscher, le roi décroche enfin le Graal

Les deux médailles françaises, Victor Muffat-Jeandet en argent, Alexis Pinturault en bronze, ont un peu mis sa performance dans l’ombre. Mais en remportant le combiné, Marcel Hirscher a renforcé un peu plus sa place dans l’histoire du ski alpin. Sextuple vainqueur du gros globe de la Coupe du monde et Autrichien le plus vainqueur sur le circuit planétaire (cinquante-cinq victoires, une de plus que le légendaire Hermann Maier), Hirscher est désormais champion olympique, le seul titre qui manquait encore à son incroyable palmarès. Un or multiplié par deux avec son sacre en géant. Mais il y a un bémol… dont on va vous parler plus bas.

Marcel Hirscher
Marcel Hirscher Reuters

Kim, symbole de la jeunesse éclatante

A Sotchi, elle aurait déjà pu être médaillée. Mais elle ne pouvait pas participer car elle avait… treize ans ! Phénomène de précocité du snowboard halfpipe, l’Américaine Chloe Kim a répondu aux attentes en remportant l’or avant de régaler en conférence de presse. Ses origines coréennes, avec une partie de sa famille qui vit toujours au pays, ont aidé à faire grandir son aura à Pyeongchang. Le symbole d’une jeunesse insouciante et éclatante, à l’image de son compatriote Redmond Gerrard en snowboard slopestyle, de la Française Perrine Laffont sur les bosses ou encore de la patineuse russe (sous bannière olympique) Alina Zagitova, liste non exhaustive. Le contre-exemple existe aussi : Nathan Chen, dix-huit ans, nouvelle merveille du patinage US, a totalement craqué sous la pression pour terminer dix-septième du programme court. Son impressionnant libre remporté avec six quadruples sauts, du jamais-vu aux Jeux, lui a toutefois permis de revenir à la cinquième place et de prouver sa capacité à rebondir. L’avenir lui appartient.

White, le triplé du patron

Sa quatrième place à Sotchi avait poussé certains à ergoter sur la fin de sa domination. Quatre ans plus tard, l’Américain Shaun White a rappelé à tout le monde qui était le patron du snowboard halfpipe. En or à Turin (2006), pour les débuts de sa discipline aux Jeux, puis à Vancouver (2010), « Flying Tomato » a décroché un triplé au bout d’une superbe finale. Mais son cas a illustré une société qui change et n’accepte plus (à raison) certaines choses : les médias US n’ont pas hésité à pointer son affaire de harcèlement sexuel. Être un immense champion ne veut pas toujours dire que l’on représente un modèle de vie.

Hanyu, une première depuis soixante-six ans

L’exploit n’était plus arrivé depuis 1952 et l’Américain Dick Button. Champion olympique à Sotchi, Yuzuri Hanyu a réussi à conserver son titre olympique malgré une préparation tronquée en raison d’une blessure à la cheville droite contractée en novembre dernier. La star japonaise du patinage artistique peut désormais regarder vers Pékin, cadre des Jeux d’hiver 2022, avec un autre exploit historique à sa portée : rejoindre le Suédois Gillis Grafström, auteur d’un triplé en or en 1920, 1924 et 1928.

Kim Eun-jung, maître à jouer des "Garlic Girls"

Avec ses petites lunettes rondes, ses cris stridents et son regard habité, elle a fait parler d’elle à travers la planète. Capitaine des « Garlic Girls », également appelées la « Team Kim », l’équipe de curling sud-coréenne dont les membres viennent d’une ville spécialisée dans… l’ail (d’où leur surnom) et se sont rencontrées au lycée, Kim Eun-jung a mené ses troupes jusqu’à la finale olympique. Une star est née au pays. Comme ailleurs.

Kim Eun-jung
Kim Eun-jung Reuters

LES FLOPS

Shiffrin, la moisson réduite

Elle était la reine programmée du ski alpin à Pyeongchang. Celle qui devait réaliser une moisson d’or, slalom, géant et combiné, quatre ans après son sacre entre les piquets à Sotchi. Patronne du circuit planétaire, en route pour tous les records dont celui de victoires en Coupe du monde si elle garde ce rythme, Mikaela Shiffrin a débuté ses Jeux comme on l’attendait : en or sur le géant. Les différents reports à cause des conditions météo l’ont-ils sortie de sa bulle ? Toujours est-il que la suite ne sera pas à la hauteur des attentes : argent sur le combiné et surtout une quatrième place sur le slalom indigne de son talent. Pour mieux la mettre en perspective, il suffit de se dire que la championne de Vail (Colorado) n’a pas été sortie du podium sur un slalom de Coupe du monde qu’elle a terminée depuis… décembre 2014. A vingt-deux, elle a de quoi prendre sa revanche à Pékin.

Le dopage des Russes sous bannière olympique

On leur a permis de concourir sous bannière olympique, scandale de dopage au pays oblige. Mais les représentants de la Russie n’ont pas arrangé le cas de leur pays lors de ces JO. Si la patineuse Alina Zagitova et l’équipe de hockey masculine ont livré des performances synonymes d’or, les deux cas positifs – le curleur Alexander Krushel et la pilote de bobsleigh Nadezhda Sergeeva, pourtant filmée arborant un t-shirt « Je ne me dope pas » quelques jours auparavant – ne vont pas pousser le CIO à réintégrer la Russie au plus vite.

Le vent et les mauvaises conditions flinguent le spectacle du slopestyle

Les nombreux reports des premiers jours en ski alpin ont donné aux Jeux de Pyeongchang un côté « Ici à Naganooooo », phrase rendue célèbre par la marionnette de Pierre Fulla en 1998. Mais les mauvaises conditions météo touchant les sites coréens ont également eu des conséquences catastrophiques sur le spectacle du slopestyle féminin. En snowboard, où la reine Jamie Anderson a tout de même réussi à garder sa couronne en posant le seul run vraiment propre de la finale, comme en ski, où Tess Ledeux a manqué une occasion en or de remporter le titre, les participantes ont dû faire avec un fort vent qui a provoqué de nombreuses chutes voire poussé certaines à ne pas prendre les sauts pour éviter les risques. Jeu de massacre et de survie plus qu’épreuve olympique, quoi. « Je suis surtout contente que personne ne soit blessé », témoignait la Finlandaise Enni Rukajarvi, en bronze en snowboard. « En l’air, j’avais l’impression d’avoir un voilier sous ma planche », renchérissait la Britannique Aimee Fuller (17e en snowboard). Les voix réclamant un report de ces deux épreuves étaient nombreuses. Elles avaient raison. Epreuve ultra spectaculaire, le slopestyle – apparu au programme olympique à Sotchi – méritait tellement mieux.