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Une sixième étoile pour les Experts !

AFP

Favorite avant le début de la compétition, l’équipe de France de handball a tenu son rang face à la surprenante Norvège ce dimanche, en finale du Mondial à Bercy (33-26). Sur leur sol, les Experts conservent leur titre et décrochent une sixième étoile, la deuxième à domicile après le sacre de 2001. Non sans frayeur mais avec le sentiment du devoir accompli… et toujours plus de promesses.

A force, on pouvait craindre une certaine lassitude. Les compétitions s’enchaînent et les Bleus plantent au-dessus de la mêlée. Les accrocs sont si rares qu’ils rendent une médaille d’argent olympique très amère. L’équipe de France de handball était rentrée de Rio presque comme si elle s’était faite sortir dès les phases de poule : peu le clamaient haut et fort, mais il fallait clairement remettre les pendules à l’heure à domicile, laver l’affront de la finale des Jeux perdue face au Danemark. Chose faite avec cette victoire ce dimanche en finale du championnat du monde contre la Norvège (33-26). 

Des outsiders sans complexe

Les Experts ont été impériaux lors de la phase de poules, presque autant en huitième de finale face à l’Islande (31-25). La machine s’est à peine grippée une mi-temps contre la Suède en quart (33-30) avant une demi-finale très maîtrisée contre les Slovènes (31-25). Restait alors une ultime marche à franchir et ils connaissent le chemin par cœur. 

Ce n’était pas la finale attendue. Mais puisque les champions olympiques danois et les champions d’Europe allemands avaient eu la bonne idée de ne pas passer la phase de poules, le dernier obstacle était cette surprenante Norvège, pour la première fois de son histoire en finale d’un Mondial. « On aime le challenge ! », se réjouissait le demi-centre Christian O’Sullivan avant le choc. 

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27e minute, le tournant du match

Les Français étaient archi favoris. Mais un peu comme face à la Suède – voire même comme dans toute la phase finale de la compétition – les Tricolores ont entamé leur match timidement. Malheureux devant, les Français ont surtout montré des failles béantes en défense, laissant les espaces suffisants à Espen Lie Hansen et ses coéquipiers, sur des contre-attaques éclairs. De quoi causer quelques frayeurs au public de Bercy devant cet écart de +3 en faveur des outsiders. Jusqu’à la 27e minute. 

Vincent Gérard, le grand bonhomme du quart puis de la demi-finale, l’éternel remplaçant, a pris le relais à la 18e minuye d’un Thierry Omeyer trop peu décisif depuis le coup d’envoi. Neuf minutes plus tard, le gardien réalise son premier arrêt. L’occasion d’une Marseillaise reprise par toute la salle, pour un réveil bleu. Comme s’il suffisait d’un déclic pour que la machine s’enclenche. Et d’une réorganisation de l’équipe sur les ailes, avec l’entrée d’un Luc Abalo jusque-là trop discret dans ce tournoi. 

Gérard énorme, Guigou précieux

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Nikola Karabatic a retrouvé son sérieux en défense, la révélation Nedim Remili enfin troué les filets, Daniel Narcisse provoqué des fautes adverses… 18-17 en faveur de l’équipe de France à la pause, écart qui n’a fait que croître au cours d’une seconde période à sens unique. Presque la routine. Reste deux grands coups de chapeau à adresser après cette rencontre. 

Le premier à Michaël Guigou, qui avait perdu le privilège des jets de 7 mètres au profit d’un Kentin Mahé moins en vue ce dimanche : à 35 ans, l’ailier a tenu la baraque en première période, quand le bateau tanguait en inscrivant des penalties salvateurs, et participé au festival offensif après la pause. Le second, évidemment, revient à Vincent Gérard : à 30 ans, l’éternel homme de l’ombre a profité de la baisse de régime de son aîné Thierry Omeyer pour prendre la lumière. Ce dimanche, il a encore tenu la baraque, comme pour assurer son coéquipier dans les cages que la suite se passerait sans encombre. 

Six titres mondiaux

L’équipe de France est désormais sextuple championne du monde, un total inégalé dans l’histoire du handball (la Roumanie et la Suède en comptent deux de moins) : 1995, 2001, 2009, 2011, 2015 et donc 2017, dont deux fois à domicile. Et le sentiment que la série pourrait se poursuivre très vite. Les vieux briscards Daniel Narcisse et Thierry Omeyer, déjà présents pour le sacre de 2001, ont assisté à l’explosion de jeunes bourrés de talent à l’image de Ludovic Fabregas ou Nedim Remili. L’argent de Rio laissait un goût amer, cet or mondial fait surtout saliver pour la suite.