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Monaco-PSG (1-2) : Les Parisiens gardent leur bien, Alves nouveau guide suprême

AFP

Si Monaco avait ouvert le score, c’est bien le PSG qui s’est imposé ce samedi (2-1) lors du Trophée des champions. Les Parisiens, qui remportent la compétition pour la cinquième fois consécutive, ont longtemps buté sur ses champions de France joueurs et talentueux. Mais Dani Alves, arrivé de la Juve, est bel et bien le leader qui manquait à ce groupe. Buteur et passeur, le Brésilien marque déjà de sa classe une équipe en quête de renouveau.

Il était question de hiérarchie nationale. Bien sûr, le Trophée des champions est avant tout un match de préparation, sorte de rencontre à enjeu... sans véritable enjeu. Mais après une saison délicate qui l'a vu abandonner son titre de champion de France à son adversaire du soir, le Paris Saint-Germain se devait de taper des crampons sur la pelouse. Un premier pas a été fait ce samedi, avec la victoire des hommes d'Unai Emery contre l'ASM (2-1) lors du Trophée des champions à Tanger. Un titre, plus honorifique qu'officiel, que le club de la capitale conserve pour la cinquième année consécutive.

Le jeu : une mi-temps chacun

Difficile de dégager une équipe dominante sur l'ensemble de la rencontre. L'écart d'un seul but au tableau d'affichage est finalement logique. Plus entreprenant, sans doute moins soumis à la pression, Monaco a très bien entamé son match, avec une composition d'équipe encore un brin expérimentale avec un Djibril Sidibé, latéral droit, avancé d'un cran. Drôle de communion de pensée entre les deux entraîneurs puisque Unai Emery avait lui aussi avancé d'un cran un latéral droit, Dani Alves, pour positionner le Brésilien devant Thomas Meunier.

Kylian Mbappé avait des jambes de feu... et l'envie de briller. Un peu trop peut-être pour ne pas tomber dans l'excès de technique et le manque de réalisme. Le milieu de terrain monégasque, au sein duquel Youri Tielemans a remplacé Tiemoué Bakayoko aux côtés de Fabinho, a montré de belles choses. Terence Kongolo a défensivement réalisé une belle première période face à l'expérimenté Dani Alves et Djibril Sidibé, ailier improvisé, a ouvert le score à la 30e minute. 

Mais malgré sa préparation ratée (une seule victoire, aux tirs au but, contre la Roma) et une forme physique visiblement fluctuante, le PSG a repris son sérieux et sa maîtrise après la pause. Le verrou a sauté sur coup de pied arrêté, d'une égalisation signée Dani Alves (51e), lequel a ensuite joué les passeurs pour Adrien Rabiot (63e). Avec un Marco Verratti bien plus dans son match et un Adrien Rabiot en pleine forme, qui n'a pas hésité à orienter le jeu et assumer ses responsabilités.

Le facteur X : Dani Alves

Si son arrivée - au départ en fanfare - s'est presque vue éclipsée par les rumeurs sur le probable transfert de Neymar, Dani Alves est une très très bonne pioche. Venu gratuitement après la fin de son contrat à la Juventus, le latéral droit a visiblement fait du bien dans les têtes, dans un rôle de leader-ambianceur ambivalent mais précieux. Et sur le terrain, il fait clairement partie de la crème au poste de latéral droit. 

C'est pourtant au poste d'ailier droit qu'Unai Emery avait choisi de l'aligner. Sans doute pour profiter pleinement de ses facultés offensives et ses qualités de centreur. La première période du Brésilien fut relativement discrète face à un Terence Kongolo très studieux. Après la mi-temps, l'ancien joueur du Barça est pleinement entré dans la partie... en inscrivant un coup franc direct synonyme d'égalisation (51e). Avant de jouer les passeurs décisifs pour Adrien Rabiot (63e). Hyperactif après la pause, élu homme du match à juste titre, Dani Alves confirme sa préparation prometteuse. Même si le joueur de 34 ans sera surtout attendu en Ligue des champions.

Le taulier annoncé : Adrien Rabiot

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Annoncé depuis deux ans comme un véritable cadre en puissance, Adrien Rabiot a une nouvelle fois prouvé qu'il mérite un statut de titulaire indiscutable. Est-ce parce qu'il n'a pas été recruté à prix d'or mais formé sur place qu'il peine à s'installer sur la durée ces dernières saisons ? Détonateur au sein d'une première période assez morne côté parisien, le milieu de terrain français a cette capacité d'accélération fulgurante couplée à des facultés au pressing qui font de lui un joueur indispensable. C'est sans doute le joueur le plus prêt physiquement et il n'a rien à envier à ses coéquipiers techniquement. Récompensé par le but de la victoire, d'une tête puissante sur un caviar de Dani Alves. Qui se pose encore la question de le mettre ou non sur le banc ?

La promesse : Youri Tielemans

Recrue star d'un club monégasque qui a surtout beaucoup vendu (Bernardo Silva, Tiemoué Bakayoko, Benjamin Mendy, Valère Germain, Nabil Dirar), Youri Tielemans traîne déjà une réputation de crack annoncé. Une tare qui ne semble, pour le moment, pas peser trop lourd sur ses épaules. Aux côtés du taulier Fabinho qui s'attelle aux tâches ingrates, le milieu belge s'est montré à son aise, techniquement mais surtout dans sa vision du jeu. En témoigne sa passe décisive pour Djibril Sidibé (30e). 

Le joueur qui interroge : Kylian Mbappé

Tous les regards ou presque étaient tournés vers Kylian Mbappé, dont on ne sait toujours pas de quoi l'avenir à court terme sera fait. Tantôt proche d'une revalorisation de contrat à Monaco tantôt d'un départ pour le Real Madrid, l'attaquant français a montré son génie par quelques fulgurances... mais aussi son air agacé. Et pas uniquement au moment de céder sa place à Guido Carrillo (70e). Sa condition physique n'est sans doute pas encore optimale pour qu'il soit à son maximum sur l'intégralité d'un match. Mais son langage corporel, sa volonté de trop en faire sur le terrain, interrogent.