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Casillas : Dix dates pour mille matches

Reuters

En cas de titularisation avec Porto ce lundi à Belenenses lors de la 28e journée du championnat portugais, Iker Casillas disputera le millième match professionnel de sa carrière. Le gardien espagnol devrait quitter le club en fin de saison et pourrait le faire sur un titre de champion. Un trophée de plus à mettre à l’actif de la légende. Retour en dix dates sur les faits marquants de la carrière d’un portier d’exception.

Septembre 1999 : Les débuts dans le grand bain

Né à Madrid et pur produit du centre de formation du Real, Iker Casillas est convoqué pour la première fois en équipe première en novembre 1997… en Ligue des champions. Les blessures de Bodo Illgner et Santi Cañizares ont poussé Jupp Heynckes à faire le pari de ce jeune de 16 ans, qui découvre les joies de la C1 en même temps que ceux du groupe professionnel. Pas d’entrée mais le signe que ce gamin a quelque chose de spécial. Mais ses débuts professionnels se font attendre. C’était le siècle dernier. En septembre 1999, le gardien espagnol est titularisé à San Mames. Pas de clean-sheet pour débuter mais un match nul (2-2) et donc les deux premiers buts encaissés par celui qui deviendra une légende, signés Guerrero et… Geremi contre son camp.

Mai 2000 : Une Ligue des champions au compteur, déjà…

Première saison professionnelle et premier trophée. Iker Casillas aura donc débuté sa carrière en remportant la Ligue des champions ! Titulaire lors de la finale 100% espagnole entre le Real et Valence (3-0), il devient le plus jeune gardien de l’histoire à remporter (et même à jouer) la finale de la C1, à 19 ans et quatre jours.

Juin 2000 : Sa première avec la Roja

Fort de ses prestations avec un Real Madrid qui a fait de lui son titulaire dans les cages, Iker Casillas connaît sa première sélection avec l’Espagne le 3 juin 2000, lors du match de préparation de la Roja contre la Suède (1-1). Dans le groupe durant l’Euro (achevé, pour les Espagnols, par une défaite en quart de finale contre la France), il disputera son premier match en compétition officielle avec la sélection contre la Bosnie en septembre de la même année, lors de la phase qualificative pour le Mondial 2002.

2008 : Au pied du podium du Ballon d’or

Iker Casillas vit l’apogée de sa carrière (qui durera quatre ans). Lors de la saison 2007-08, il n’encaisse que 32 buts en 36 matches disputés en Liga et remporte son quatrième sacre national avec le Real Madrid. Ses performances avec la Roja (sacrée championne d’Europe cette année-là) et en club lui vaudront une quatrième place au classement du Ballon d’or, derrière Cristiano Ronaldo, Lionel Messi et Fernando Torres. 

11 juillet 2010 : Le triomphe mondial

La finale est étouffante et cette Espagne à qui tout le monde promet le Graal depuis des mois (voire des années) craint de voir le trophée lui échapper. C’est finalement un but d’Andrés Iniesta en prolongation face aux Pays-Bas qui offre la Coupe du monde à la Roja ce 11 juillet 2010. Capitaine de la sélection, Iker Casillas a largement œuvré à ce sacre, sortant une prestation de très haut niveau face aux Néerlandais (Arjen Robben doit encore en cauchemarder).

1er juillet 2012 : Ô capitaine, trois fois sacré capitaine !

La Roja est dans sa période dorée. En juillet 2012, l’Espagne colle une claque à l’Italie (4-0) et devient la première nation à réaliser un triplé Euro-Mondial-Euro et à conserver son titre de champion d’Europe. Par extension, Iker Casillas est donc le premier capitaine à connaître pareil exploit.

2012-2013 : La mise à l’écart par Mourinho

Rarement précautionneux même quand on parle de joueurs de légende, José Mourinho n’hésite pas à faire descendre le gardien de son piédestal. Quelques passages sur le banc et le don du brassard régulier à Cristiano Ronaldo sont des signes avant-coureurs. Une fracture du pouce d’Iker Casillas – devenu San Iker – intronisera Diego Lopez, qui le double dans la hiérarchie. L’arrivée de Carlo Ancelotti sur le banc la saison suivante ne lui redonnera pas son statut de titulaire… sauf en Coupe du Roi et en Ligue des champions. Le temps de conquérir la decima. 

12 juillet 2015 : Le douloureux et larmoyant départ

Pur produit du centre de formation madrilène, Iker Casillas quitte son club de cœur et s’engage avec le FC Porto. « Gracias Iker ! », écrit la Maison blanche en guise de titre de son communiqué. Il aura passé 25 ans au club, dont 16 dans le groupe professionnel. Il aura porté le maillot du Real à 725 reprises, deuxième joueur le plus capé derrière Raul (741 matches). Il repart avec cinq titres de champion d’Espagne, deux Coupes du Roi, quatre Supercoupes d’Espagne, trois Ligues des champions, deux Supercoupes d’Europe, un Mondial des clubs. Colossal.

Eté 2016 : La fin d’une ère ?

L’intronisation de Julen Lopetegui au poste de sélectionneur de l’équipe d’Espagne a quasiment sonné le glas de la carrière internationale d’Iker Casillas. Pas convoqué depuis le dernier Euro, le portier de Porto n’a jamais officiellement annoncé qu’il renonçait à la Roja. « C’est une légende qui joue toujours au haut niveau, insistait le sélectionneur en mars 2017. Nous lui avons parlé quand nous avons décidé qu’il ne viendrait pas. Mais les portes restent ouvertes pour lui. » Sauf que David De Gea a convaincu tout le monde au poste. Il faudrait donc jouer les porteurs d’eau… un rôle ingrat pour pareille légende. Joueur le plus capé de l’histoire de la Roja (167 sélections), il reste aussi celui qui a porté le plus grand nombre de fois le brassard de capitaine (105 matches), resté 102 fois sans encaisser de but. Avec dans la besace deux titres de champion d’Europe, une Coupe du monde et une place dans les cœurs.

2 avril 2018 : La millième et une place au Panthéon ?

S’il joue moins à Porto cette saison et quittera le club à la fin de l’exercice (pour raisons économiques essentiellement, Porto souhaitant se défaire de ce gros salaire), Iker Casillas devrait donc y passer le cap des 1000 matches. Dans le détail, cela fera donc 725 rencontres avec le Real Madrid, 167 avec l’Espagne et donc 108 avec Porto. Et certaines rumeurs l’envoient déjà en Angleterre, avec des intérêts de Newcastle… voire Liverpool selon les presses anglaise et espagnole. On n’enterre pas une légende.