West Ham : La renaissance de "Zlatan" Arnautovic

Marko Arnautovic
Marko Arnautovic AFP

Souvent surnommé le « Zlatan du pauvre » puisqu’il s’inspire ouvertement de l’attaquant suédois sans suivre la même carrière, Marko Arnautovic retrouve la lumière depuis l’arrivée de David Moyes avec six buts et trois passes décisives lors de ses sept derniers matches. Les 22,5M€ investis en début de saison et sa maladresse font moins rire. 

Marko Arnautovic ne s’en est jamais caché : il est grand fan de Zlatan Ibrahimovic. L’attaquant autrichien, qui mesure deux centimètres de moins que son idole (1,93m conre 1,95m), pousse son admiration pour le Suédois jusqu’à adopter la même démarche, des tatouages en abondance et parfois le même style capillaire. Une pâle copie de la star qui lui a souvent valu d'être surnommé "le Zlatan du pauvre" même si Arnautovic n’a jamais prétendu posséder le même talent que le joueur de Manchester United. « Il a toujours été important pour moi, confiait-il en 2015. Je copie beaucoup de choses de lui mais tu ne peux pas faire de comparaison. Il a accompli beaucoup plus de choses que moi et il est capable de faire des choses que je ne pourrais pas imaginer. »

Pour une fois dans sa carrière, Arnautovic prend actuellement plus la lumière que son modèle, de nouveau blessé. Recruté contre 22,5M€ par West Ham l’été dernier en provenance de Stoke City, il a mis du temps avant de répondre aux attentes placées en lui. Mais depuis la prise de fonction de David Moyes à la place de Slaven Bilic, tout a changé. Muet en sept matches avec le Croate, il a inscrit six buts et délivré trois passes décisives en onze rencontres avec l’Ecossais. Une série qui se resserre plus précisément sur les sept dernières rencontres des Hammers.

AFP

L’arrivée de l’ancien manager de Manchester United n’a pas immédiatement tout chamboulé. Ce dernier a d'abord continué à utiliser son imposant attaquant sur le côté gauche comme le faisait Slaven Bilic. Le déclic est finalement venu de son repositionnement dans l’axe face à Chelsea (1-0), le 9 décembre dernier. Ce soir-là, il avait marqué le but de la victoire et lancé une machine qui ne s’arrête plus depuis.

Comolli : « une trouvaille fantastique de Moyes »

« David Moyes a changé l’équipe de West Ham et l’animation offensive en alignant un trident avec Kouyaté, Lanzini et Arnautovic devant, analyse Damien Comolli, consultant pour SFR Sport. C’est une idée géniale. Dans ce poste où il n’a pas à défendre, Arnautovic peut utiliser ses qualités athlétiques pour tenir le ballon dos au but, pour enchaîner, pour courir avec le ballon. C’est une trouvaille fantastique de David Moyes qui a rééquilibré l’équipe. » Samedi, la démonstration a encore été éclatante avec un but et deux passes décisives lors de la victoire à Huddersfield (1-4).

Moyes : « Tout le monde me disait qu’il n’avait pas bien joué avant que je vienne »

« Je suis vraiment ravi avec Marko, a confié Moyes après le match. Tout le monde me disait qu’il n’avait pas bien joué avant que je vienne, mais tout le monde savait à quel point il était bon à Stoke City. C’est pour ça que nous (Arnautovic avait été recruté avant l'arrivée de Moyes, ndlr) avons payé aussi cher pour lui. Lui donner un rôle plus libre devant lui a donné la chance de montrer d’autres aspects de son jeu grâce à ses efforts et sa façon de travailler. »

Il avait manqué Zlatan à l’Inter

Lors des sept derniers matches, il a déjà autant marqué que la saison dernière avec Stoke (6 buts, 5 passes). Il n’est plus qu’à cinq unités de son plus gros total sur une saison (11 en 2015-16 avec Stoke). A 28 ans, le natif de Vienne confirme enfin le potentiel qui l’avait mené de Twente à l’Inter Milan en 2009. Il avait alors manqué de très peu Zlatan qui avait quitté le club durant l’été pour rejoindre le FC Barcelone. 

Un mauvais souvenir avec Mourinho

Il avait évolué sous les ordres de José Mourinho, grand fan du Suédois qu'il coache désormais à MU. L’expérience n’avait pas été très concluante (3 matches de Serie A, 0 but) avec le jeune Marko, alors âgé de 20 ans. « Mes problèmes avec Mou ont commencé quand je suis sorti cinq nuits de suite en une semaine, avait-il expliqué en 2015. J’étais blessé et je voulais me distraire de la mauvaise manière. » Le temps a changé depuis et Arnautovic aussi. Il attend désormais le 17 mars pour défier Manchester United, Mourinho et un Zlatan qui devrait avoir fait son retour d’ici là.