Salt Lake-Man United : Briggs, ce coach anglais qui brille aux Etats-Unis

Mark Briggs
Mark Briggs DR

En tournée aux Etats-Unis, Manchester United se déplace à Salt Lake City ce lundi soir pour un match amical . Et le banc américain comptera dans ses rangs un pur produit de l’Angleterre : Mark Briggs. Le coach adjoint du Real Salt Lake, également entraîneur de son équipe réserve, est un globe-trotter du ballon rond. Et bien qu’il ait trouvé une place au soleil du côté des USA, il n’en oublie pas son pays natal.

A 35 ans, Mark Briggs va passer une soirée qu’il attendait depuis un long moment ce lundi . L’entraîneur adjoint du Real Salt Lake (RSL) va rencontrer Manchester United avec un sentiment particulier, lui qui est né à Wolverhampton et a été marqué par le foot anglais. « Forcément, affronter Manchester United pour un Britannique, c’est quelque chose de grandiose ! s’est enthousiasmé Briggs dans un entretien accordé à Sky Sports. Ce sera génial de m’asseoir non loin de José Mourinho et de son staff. »

Le couteau-suisse anglais

L’Anglais est l’homme à tout faire de son club. Cet été, il jongle entre deux équipes. D’une part, il entraîne la réserve (Real Monarchs, club affilié) qui dispute la United Soccer League, équivalent du deuxième échelon de la ligue américaine. D’autre part, il est l’un des adjoints de Mike Petke au Real Salt Lake.

Il n’est pourtant pas difficile pour lui d’établir un emploi du temps dans ce qui est à son sens « l’une des meilleures formations du pays en termes d’installations ». Le matin, c’est session d’entraînement avec les jeunes pour Briggs. Et après cela, l’ancien de WBA file rejoindre Petke chez les A pour l’assister. Une vraie pile électrique.

Un parcours dû au hasard

Si le jeune entraîneur est aussi ravi de recevoir les Red Devils, c’est probablement parce qu’il n’a pas eu la chance d’exploser en Premier League, lui qui a dû s’expatrier pour pouvoir vivre pleinement sa passion. En 2003, alors qu’il a 21 ans, il quitte son club formateur, West Bromwich Albion, et l’Angleterre en optant pour un défi… au Danemark, à Herfolge. « Ça fait partie du jeu de voyager et ça ne m’a jamais fait peur d’aller où les occasions se présentaient. »

S’il reçoit des propositions de clubs moindres dans son pays, c’est un ancien d’Everton, David Irving, qui va changer sa vie en lui offrant en 2008 une aventure en Caroline du nord chez les Wilmington Hammerheads. Briggs ne réfléchit pas à deux fois et, comme toujours, fonce.

« Je me suis bien débrouillé là-bas et on a même remporté le championnat. Mais le club a traversé une période compliquée financièrement parlant et les dirigeants ont mis la clé sous la porte donc j’ai signé à Malte pour deux ans, c’était lié au hasard. » Une fois le club rétabli, il y termine sa carrière et se lance dans le management en prenant d’abord en charge l’équipe U11 féminine pour se faire la main.

Les U11 féminines comme première expérience

« C’est là que tout a commencé. On m’a donné une période d’essai et j’ai adoré. C’était différent de ce que je fais aujourd’hui mais ça m’a tellement plu. C’est ce qui a forgé ma passion. J’enseignais de la technique pure, je leur faisais comprendre comment progresser. » Puis, il gravit les échelons jusqu’à être nommé entraîneur de l’équipe première. Et selon lui, il n’aurait « peut-être pas » connu un parcours aussi riche d’expériences s’il s’était résolu à rester outre-Manche.

Pendant un match face au RSL, Briggs tape dans l’œil du manager général du club. « Il est venu me voir, m’a dit qu’il aimait la manière dont je me comportais dans la zone technique, la façon dont j’organisais mon équipe, et le type de jeu que je pratiquais. C’est parti de là. » Depuis, le Britannique n’en finit plus d’évoluer. Après avoir intégré le Real Monarchs en tant qu’assistant l’été dernier, il est nommé à la tête de l’équipe réserve du RSL le 30 mars.

Un recordman aux USA

En moins d’un an, il a réussi l’impensable en battant le record national avec neuf victoires de rang enchaînées en championnat pour prendre la place de leader de sa Conférence. « Tout se passe bien. Nous avons essayé de changer la structure avec Real Monarchs, explique Briggs. Il s’agissait de changer la culture de l’équipe. On l’a rendue plus professionnelle et c’est ce qui a fait la différence. (…) Les joueurs réalisent maintenant que même si leur objectif premier est d’intégrer l’équipe de MLS, gagner des matches et remporter les ligues inférieures est le moyen d’y arriver. Je pense que cinq ou six d’entre eux peuvent se voir proposer des contrats en équipe première en fin de saison. »

Briggs : « J’aimerais revenir à la maison »

Si sa carrière décolle, il est toujours conscient qu’il laisse derrière lui sa nation et espère pouvoir être reconnu à domicile dans le futur, comme une petite victoire qu’il n’a pas eue du temps où il était joueur. « Bien sûr, d’une part j’aimerais revenir à la maison et avoir le même poste en Angleterre, mais d’autre part je suis un jeune entraîneur et les choses vont dans le bon sens. Je dois juste rester concentré et continuer à travailler dur. Mon but est de diriger au plus haut niveau. » José Mourinho pourra lui donner quelques conseils.