Saison de PL : Les questions de SFR Sport ont-elles fait mouche ?

Sean Dyche et Pep Guardiola
Sean Dyche et Pep Guardiola Panoramic

La saison de Premier League s’est conclue dimanche dernier par le sacre incontestable de Manchester City. L’heure est au bilan et aux réponses aux interrogations que la rédaction de SFR Sport s’était posée pour chaque club l’été dernier. 

Guardiola a-t-il rendu Manchester City imbattable ?

Presque. Manchester City a concédé deux défaites (face à Liverpool et Manchester United) mais a attendu la 23e journée avant de tomber. Les Cityzens ont toutefois le battu le record de points (100), de buts inscrits (106), de la plus grande différence de buts (+79), du plus grand écart avec son dauphin (19 points) et des victoires consécutives (18). Ce n’était pas les Invincibles d’Arsenal (aucune défaite en 2003-04) mais le Manchester City de Pep Guardiola restera dans les annales de la Premier League. 

Les recrues ont-elles transformé le jeu de Manchester United ?

Non. Si Manchester United a signé son meilleur classement (2e) depuis le titre en 2013, c’est en partie grâce à certaines de ses recrues (Lukaku ou Matic). Mais le jeu pratiqué par José Mourinho n’a rien eu de révolutionnaire avec des joueurs au service du collectif et de la quête du technicien portugais de gagner, peu importe la manière. 

Mercato raté ou ultra réussi pour Tottenham ?

Mitigé. Dauphins de Chelsea la saison dernière, les Spurs avaient misé sur la continuité l’été dernier en ne recrutant que Davinson Sanchez et Serge Aurier pour combler le départ de Kyle Walker. Les deux recrues n’ont pas vraiment déçu mais n’ont pas porté le club londonien dans une autre dimension. Mauricio Pochettino a pu compter sur ses forces comme Harry Kane (30 buts) et Christian Eriksen alors que Dele Alli a davantage déçu. L’élimination en 8es de finale de la Ligue des Champions a fait du mal aux Spurs qui semblent avoir besoin d’un nouveau souffle pour passer un cap dans leur nouveau stade la saison prochaine. 

Liverpool était-il enfin armé pour gagner la Premier League ?

Non. Mais la Ligue des Champions, peut-être... Malgré la saison historique de Mohamed Salah (32 buts, record), Liverpool a vite été distancé dans la course au titre. Mais les Reds se sont parfaitement rattrapés sur la scène européenne avec une finale de Ligue des Champions à jouer le 26 mai face au Real Madrid. Le départ de Philippe Coutinho au Barça n’a pas déséquilibré ce collectif alors que l’arrivée de Virgil van Dijk l’a incontestablement renforcé. Les trois victoires face à City en 2018 (une en Premier League, deux en quarts de C1) font déjà des Reds les principaux concurrents de Manchester City la saison prochaine.

Chelsea : Conte a-t-il fait une Mourinho ?

Pas loin. Antonio Conte assure qu’il a fait mieux que le manager portugais qui s’était fait virer de Chelsea en 2015-16 quelques mois après avoir offert le titre aux Blues. Sacré dès sa première saison en Angleterre, Conte a échoué à qualifier Chelsea pour la Ligue des Champions avec une pâle cinquième place. L’Italien s’est souvent plaint du manque de soutien de ses dirigeants et de leurs choix de recrutement. Il espère sauver sa saison par une victoire en FA Cup samedi face à Manchester United. Mais il devrait ensuite quitter le club. 

Arsenal : Wenger a-t-il su se faire faire pardonner ?

Sportivement non, émotionnellement oui. La dernière saison d’Arsène Wenger à Arsenal aura été la pire avec une 6e place jamais atteinte par les Gunners quand le Français était aux commandes. Il aurait pu la sauver en Ligue Europa mais son équipe est tombée en demi-finale face à l’Atlético de Madrid. Des déceptions atténuées par l’émotion de l’annonce de départ du Français, qui a reçu de nombreux hommages pour ses derniers matches sur le banc londonien. Avec en refrain en boucle : « Merci pour tout mais il est temps de partir ».

Burnley : Dyche a-t-il changé de dimension ?

Oui. Après avoir acquis plutôt sereinement le maintien la saison dernière, Burnley a décroché une septième place inespérée qui envoie le club en Ligue Europa. Les Clarets avaient pourtant perdu Michael Keane et André Gray avant la grave blessure de leur gardien Tom Heaton. Des coups durs palliées par des trouvailles comme James Tarkowski ou Nick Pope, passés d’inconnus à la sélection anglaise (Tarkowski réserviste pour le Mondial, Pope dans les 23). Mené par l’inénarrable Sean Dyche, le club du Lancashire a basé son succès sur l’art de la défense et signe le meilleur classement de son histoire en Premier League. Il retrouvera l’Europe pour la première fois depuis la Coupe des villes de foire en 1966-67.

Everton était-il taillé pour le Big Four ?

Non. Septième la saison dernière, Everton devait se mêler avec les meilleurs cette saison, foi d’un mercato complètement fou en termes de moyens investis (160M€ au total pour Sigurdsson, Keane, Pickford, Klaasen, Vlasic, Onyekuru et Ramirez). Raté. Les Toffees ont viré Ronald Koeman après deux victoire en neuf matches. Nommé à sa place, Sam Allardyce a réussi sa mission de sauver le club mais a échoué dans celle de le mener en Europe alors que la septième place semblait abordable. Sifflé par ses propres fans pour la tristesse du jeu pratiqué, Allardyce a été invité à partir avant la dernière année de son contrat. 

Leicester a-t-il quand même changé de dimension ?

Un peu. Si le titre surprise de 2016 était une sorte d’anomalie, il devait permettre à Leicester de se positionner comme une valeur sure du championnat. C’était mal parti sous Craig Shakespeare, viré après huit matches. Nommé à sa place, Claude Puel a bien redressé le club avant que son message ne se heurte à certains cadres du groupe. La fin de saison fut pénible même si Leicester a finalement accroché la neuvième place, le meilleur classement des Foxes ces dernières années hors saison du titre. L’avenir de Puel, lui, s’inscrit en suspens. Tout comme ceux de Riyad Mahrez, voire de Jamie Vardy qui pourraient partir. 

Newcastle : Benitez a-t-il restauré sa légende ?

Oui. Avec un effectif limité, les soubresauts de la vente du club et des dirigeants peu enclins à investir sur le marché des transferts, Rafael Benitez a réussi des miracles avec Newcastle, qu’il a mené à la 10e place pour son grand retour parmi l’élite. Les Magpies ont rapidement assuré leur maintien et Benitez est adoré dans la ville des Toons et par ses joueurs qui font tout pour qu’il reste. Courtisé par West Ham, l’Espagnol donnerait sa priorité à Newcastle même s’il attend des garanties de ses dirigeants. Ce n’est pas gagné.

Crystal Palace : De Boer a-t-il imité Koeman ?

D’un certain de point de vue, oui ! Mais sur cette saison, c’est plutôt l’inverse puisque Ronald Koeman a été viré après Ronald De Boer. Le but de cette question était de savoir si De Boer, adepte du jeu offensif, pouvait imiter son compatriote qui avait signé des passages remarqués à Southampton puis à Everton la saison dernière. A Palace, rien n’a pris puisqu’il a été viré après quatre matches (et autant de défaites), 77 jours en charge et une place de lanterne rouge. Son successeur, Roy Hodgson, a enchaîné sur trois revers avant de superbement relever la tête des Eagles, qui ont sereinement terminé dans le ventre mou (11es).

Bournemouth est-il devenu le meilleur exemple de réussite made in England ?

Pas tout à fait. Après avoir fait monter le club de la quatrième division à la Premier League, Eddie Howe était perçu comme la nouvelle vague des entraîneurs anglais. Malgré l’arrivée de Jermaine Defoe, l’entraîneur de Bournemouth a longtemps peiné avant qu’une belle série au cœur de l’hiver (sept matches sans défaite) ne fasse remonter le club dans le Top 10. Les Cherries n’ont pas réussi à s’y maintenir mais ont terminé à une honorable 12e place.

West Ham a-t-il enfin chassé le fantôme de Payet ?

En partie. A l’instar d’Everton, West Ham avait signé un recrutement prometteur l’été dernier (Arnautovic, Hernandez, Zabaleta, Hart) avec l’ambition de définitivement tourner la page Dimitri Payet, dont le départ six mois plus tôt hantait toujours le club. La greffe n’a, tout d’abord, pas pris et Slaven Bilic, en sursis depuis de longs mois, a finalement été démis de ses fonctions en novembre dernier après un revers contre Liverpool (1-4) qui avait plongé les Hammers au dix-huitième rang. Nommé pour le remplacer, David Moyes a orchestré la remontée du club londonien en replaçant Arnautovic dans l’axe avec un Lanzini retrouvé en soutien. L’Autrichien a marqué 11 buts et délivré 6 passes décisives.

Watford : Marco Silva a-t-il survécu à la famille Pozzo ?

Non. Réputée pour son manque de patience avec ses entraîneurs, la famille Pozzo, qui détient le club, a visé juste en recrutant de Marco Silva, qui avait épaté à Hull City à défaut de sauver le club de la relégation. Le Portugais a démarré fort avant de sombrer avec trois victoires en 16 matches entre le 21 octobre et le 20 janvier. Une spectaculaire baisse de régime due à… Everton. Selon les Hornets, les approches déloyales et incessantes des Toffees pour débaucher Silva ont précipité l’entraineur et l’équipe vers le bas de tableau. Silva en a payé le prix fort et l’Espagnol Javi Gracia lui a succédé pour sauver le club de relégation. 

Huddersfield : Le "gegenpressing" a-t-il résisté à l’opération maintien ?

Oui. C’est sur la base d’un pressing tout terrain et de passes courtes que les « Terriers » avaient obtenu leur promotion en Premier League. C’est un peu de cette manière, mais surtout avec un féroce goût de la défense, qu’ils ont assuré leur maintien en arrachant notamment un match nul héroïque sur le terrain de Chelsea (1-1) en fin de championnat. 

La politique étrangère a-t-elle sauvé Brighton ?

Oui. Pour se maintenir en Premier League, Brighton avait décidé d’investir l’argent de sa promotion sur des joueurs sûrs à l’étranger, réputés moins chers qu’en Angleterre. Pascal Gross, recruté notamment parce qu’il parlait anglais, en fut le parfait exemple avec sept buts et huit passes décisives. Davy Pröpper (35 matches) et Mathew Ryan (38), deux autres recrues étrangères, ont parmi les joueurs les plus utilisés par Chris Hughton. Mais c’est un Anglais, Glenn Murray qui a terminé meilleur buteur des Seagulls (12) pour mener Brighton à la quinzième place avec sept points d’avance sur la zone de relégation.

Jeu, psychologie et résultats : Pellegrino fut-il le Pochettino de Southampton ?

Pas du tout. En indiquant s’inspirer de Mauricio Pochettino et de Marcelo Bielsea, Mauricio Pellegrino avait placé la barre haut et suscité une grande attente chez les fans de Southampton. L’Espagnol avait séduit les dirigeants des Saints qui souhaitaient retrouver un style de jeu plus léché que celui de Claude Puel, démis de ses fonctions l’été dernier pour un jeu jugé trop lassant et restrictif. Bilan : Southampton n’a jamais emballé les fans et Pellegrino a été démis de ses fonctions en mars 2018. Ancien joueur du club, Mark Hughes a assuré le maintien des Saints grâce à un succès à Swansea lors de la dernière semaine de compétition.

Jusqu’où Paul Clement peut-il mener Swansea ?

En Championship. Après avoir sauvé Swansea de la relégation la saison dernière pour sa première expérience comme entraîneur principal, Paul Clement était attendu au tournant pour confirmer la bonne impression laissée. Les départs de Gylfi Sigurdsson et de Fernando Llorente ont laissé un grand vide et les Swans ont vite plongé au classement. Paul Clement s’est fait virer le jour du Boxing Day et Carlos Carvalhal, son successeur, a cru au miracle après des bons résultats d’entrée. Ceux-ci n’ont pas été confirmés et les Swans ont été relégués. 

Stoke : La lumière est-elle venue de Berahino ?

Pas du tout. Sur la lancée d’une préparation encourageante, Saido Berahino croyait à l’année de renaissance avec Stoke. Bilan : 15 matches, 3 titularisations et 0 but. Le joueur n’a plus marqué en Premier League depuis le 26 février 2016. Il a même été évincé du groupe en fin de saison pour un problème de comportement. Il a donc suivi en spectateur le relégation des Potters.

West Brom a-t-il enfin fait rêver ses supporters ?

Non. Et pourtant, les fans des Baggies y ont cru avec deux victoires lors des deux premiers matches et une troisième place. Et puis, plus rien. West Bromwich Albion n’a pas gagné pendant 20 rencontres, le placide Tony Pulis a été démis de ses fonctions avant qu’Alan Pardew ne connaisse le même sort. Les fans ont tout de même vibré pendant un mois quand Darren Moore, adjoint promu intérimaire a réalisé un mois d’avril fantastique avec trois victoires et un nul en quatre matches, dont un succès sur le terrain de Manchester United. Il a même été élu meilleur manager du mois de Premier League en avril mais WBA partait de trop loin et a finalement perdu sa bataille contre la relégation.