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Quand Hierro terminait sa carrière de joueur à… Bolton

Fernando Hierro sous le maillot de Bolton
Fernando Hierro sous le maillot de Bolton

Nouveau sélectionneur de l’Espagne en remplacement d’un Julen Lopetegui débarqué après l’annonce de sa signature au Real Madrid, Fernando Hierro a pour mission de mener au titre mondial une Roja parmi les favorites de la compétition. L’occasion de revenir sur sa dernière expérience de joueur, du côté de Bolton en Premier League. Une découverte du foot anglais qui avait beaucoup plu à l’ancien « Jefe » (patron) du Real.

Il n’oubliera jamais sa dernière à domicile sous le maillot des Wanderers, le 15 mai 2005. Une victoire 3-2 face à Everton qui assurait à Bolton la sixième place de Premier League et la première qualification européenne – pour la C3 – de son histoire. Au moment de sa sortie, à la soixante-septième minute, le Reebok Stadium (depuis devenu Macron Stadium) fait fleurir les drapeaux espagnols et lui réserve une standing ovation accompagné de chants pour l’inciter à poursuivre une carrière dont il a annoncé le terme cinq jours auparavant. Une légende du club ? Un joueur qui vient de passer dix ans à Bolton ? Vous n’y êtes pas. L’anecdote concerne un défenseur… arrivé chez les Trotters – leur autre surnom – l’été précédent. Un certain Fernando Hierro.

Conseillé par McManaman

Si l’on connaît sur le bout des doigts sa longue aventure au Real Madrid, où il a évolué de 1989 à 2003 en remportant au passage cinq titres en Liga et trois Ligue des champions et hérité du surnom de « El Jefe » (le patron), le nouveau sélectionneur espagnol venu remplacer un Julen Lopetegui débarqué suite à l’annonce de son arrivée au Real Madrid après le Mondial a terminé sa carrière sur les pelouses anglaises. Après une saison qu’on pensait être celle de la pré-retraite à Al Rayyan au Qatar, Hierro souhaite retrouver un niveau de compétition plus important et écoute les paroles de Steve McManaman. L’ancien international anglais, qui a évolué à ses côtés au Real, conseille au défenseur central alors âgé de trente-six ans de prendre la destination de Bolton où il pourrait retrouver un autre joueur espagnol ancien de la maison madrilène, le milieu défensif Ivan Campo. Convaincu, Hierro s’engage pour un an.

Plus tard dans la saison, certaines sources évoqueront une prolongation automatique d’une année en cas de qualification pour l’Europe. Elle existait peut-être mais sa décision de mettre fin à sa carrière prendra le pas sur le reste. Mais pas avant d’avoir réussi une dernière grande saison. Aligné vingt-huit fois en Premier League, deux fois en FA Cup et une fois en League Cup, dans une défense – souvent à cinq – où on retrouvait notamment l’ancien Parisien Bruno N’Gotty puis le champion du monde 1998 Vincent Candela (arrivé en janvier), l’effectif coaché par « Big Sam » Allardyce contenant également le Français Florent Laville, l’Anglais Les Ferdinand (qui partira à Reading lors du mercato hivernal), le Nigérian Jay-Jay Okocha ou encore les Sénégalais El Hadji Diouf (prêté par Liverpool) et Khalilou Fadiga alors que Youri Djorkaeff venait de quitter le club, l’ancien cadre du Real passe 1673 minutes sur le terrain pour un but, marqué lors d’une défaite (3-2) sur la pelouse de Norwich. Solide, efficace, serein, il apporte plus que sa pierre à l’édifice sur la route d’une historique qualification pour une compétition continentale. Sans bouder son plaisir. « Quand j’évoque Bolton aux gens de Madrid, je parle d’un club jeune et en pleine progression, estime-t-il dans un entretien au Guardian en avril 2005. Un club avec l’envie et la faim de réussir. Ils font les choses de la bonne manière et nous avons d’excellents joueurs. »

« Là-bas, vous apprenez à jouer pendant toutes les 94 minutes »

Même au crépuscule de sa carrière, l’expérimenté Hierro reste un modèle de professionnalisme, apprécie de tous ses coéquipiers pour son engagement de tous les instants. S’il a franchi la Manche avec sa famille dans les bagages, et visité un peu la ville quand il le pouvait, son esprit reste tourné vers une seule chose : le foot, le foot et encore le foot. Avec un tel état d’esprit, le pays inventeur de ce jeu ne pouvait que lui plaire… « Le foot en Premier League est pur, s’enthousiasmait-il dans une interview au site de l’UEFA en novembre 2008. Là-bas, vous apprenez à jouer pendant toutes les 94 minutes. Tu te nourris de l’atmosphère, de l’ambiance, des encouragements, du respect. C’est une fierté éternelle pour moi d’avoir aidé Bolton à se qualifier en Coupe de l’UEFA pour la première fois de son histoire et je n’oublierai jamais tous ces drapeaux espagnols dans le stade pour mon dernier match et tous ces gens qui me demandaient de rester. J’ai de super souvenirs de cette grande nation de foot. »

« J’ai noté la transition vers la modernité »

Une terre qui a évolué sous ses yeux dans son approche du jeu, même en y passant que quelques mois. « La force de la Premier League ? C’est d’avoir su mixer la tradition et la modernité. Les valeurs anglaises sont un mix de technique, puissance, appétit, vitesse et tradition. Mais quand j’étais à Bolton, j’ai noté la transition vers la modernité. Le foot anglais n’était plus aussi direct, les milieux de terrain étaient de grande qualités et le championnat s’enrichissait de la venue de joueurs étrangers de très haut niveau. Le football anglais dans son ensemble est une entité dont la puissance continue de grandir. » Pas celle de Bolton, qui n’a plus connu l’élite depuis 2012 et évoluait la saison dernière en Championship (D2). Mais où personne n’a oublié le passage de monsieur Fernando Hierro.