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Pourquoi Arsenal est aussi mauvais loin de l’Emirates

Reuters

Battu sur la pelouse de Newcastle (2-1) dimanche lors de la 34e journée de Premier League, Arsenal a enchaîné son cinquième revers de suite à l’extérieur… une première depuis 1984. Troisième meilleure équipe du championnat à domicile, 12e du classement extérieur, les Gunners perdent tous leurs repères loin de chez eux. 

Arsenal pourrait donc être troisième de Premier League et s’assurer une place en Ligue des champions la saison prochaine. Le club londonien ne traverserait pas une crise aussi profonde qu’actuellement et Arsène Wenger pourrait peut-être encore prétendre à une prolongation. Oui, les Gunners pourraient vivre une saison plus sereine… si seulement ils ne jouaient qu’à l’Emirates. Sauf que le classement extérieur est bien plus cruel pour les hommes du technicien français, 12e quand il s’agit de jouer chez leurs adversaires.

Troisième à domicile, 12e à l’extérieur

La défaite à Newcastle dimanche (2-1) porte à cinq le nombre de revers consécutifs d’Arsenal à l’extérieur en championnat : la pire série depuis 1984 et donc la pire série du club dans l’histoire de la Premier League. Le club n’a remporté que trois matches hors de son stade, concédant neuf défaites ! Pour ajouter au tableau noir, les coéquipiers de Mesut Özil n’ont inscrit que 17 buts hors de l’Emirates, en encaissant 26. 13 maigres points pris et une différence de buts de -9…

Quelle explication à ces incessants ratés ? Est-ce uniquement la qualité de l’adversaire ? Perdre à Liverpool (4-0, 3e journée), Manchester City (3-1, 11e journée) ou Tottenham (1-0, 27e journée), cela s’entend. Mais impossible de dire de Stoke City (1-0, 2e journée), Watford (2-1, 8e journée), Bournemouth (2-1, 23e journée), Swansea (3-1, 25e journée), Brighton (2-1, 29e journée) ou Newcastle (2-1, 34e journée) qu’ils ont des qualités supérieures à une équipe d’Arsenal qui n’est certes plus du même acabit que l’armée des Invincibles mais reste compétitive… sur le papier. Et la quête de la Ligue Europa – dernière chance de qualification pour la Ligue des champions – n’explique pas tout. 

S’ils marquent… ce n’est qu’un but

Le club londonien est le seul club de Premier League à n’avoir pris aucun point à l’extérieur en 2018. Au-dessus des Gunners, des Watford (un point pris), Stoke City ou Brighton (deux points), réputés pour leurs difficultés loin de leurs stades. Comme l’explique le Daily Telegraph ce lundi, le facteur est sans doute psychologique. Dopés par les arrivées d’Henrikh Mkhitaryan ou Pierre-Emerick Aubameyang cet hiver, les Gunners n’ont plus perdu à domicile depuis cette claque infligée… par le champion Manchester City (3-0) le 1er mars dernier. Avec un contenu plutôt plaisant. 

Les buts pleuvent à l’Emirates. Une fois le score ouvert, les hommes d’Arsène Wenger parviennent à enchaîner : des sortes de vagues offensives et une faim sans limite pour ceux qui ont marqué trois fois dans chacun de leurs trois derniers matches à domicile face à Watford (3-0), Stoke City (3-0) et Southampton (3-2). A l’extérieur, ils n’ont marqué deux buts que dans deux matches : à Everton (5-2) puis à Crystal Palace (4-1). Deux victoires. 

Aucun but en contre cette saison !

Panoramic

Contre Newcastle par exemple, l’ouverture du score d’Alexandre Lacazette suite à une jolie et prometteuse combinaison avec Pierre-Emerick Aubameyang – alignés ensemble d’entrée pour la première fois – n’a finalement pas connu de suite. Comme s’il s’agissait automatiquement de reculer, parce qu’ils jouent à l’extérieur… Et puisque l’équipe n’a pas dans son ADN de marquer sur une contre-attaque – un des seuls clubs à n’avoir jamais trouvé la faille en contre cette saison avec Swansea, Burnley, Bournemouth et Brighton – les solutions sont limitées. Difficile de tuer le match…

Reste la gestion de la pression, de l’ambiance de stades pas toujours très accueillants et particulièrement chambreur avec un Arsenal devenu la risée de l’Angleterre depuis près de deux ans. St James’ Park, galvanisé par la bonne année 2018 des Magpies et ce top 10 qui leur tend les bras, a sans doute reboosté les hommes de Rafael Benitez. Et sous la pression adverse, les Gunners ont encore tendance à s’écrouler. Gare au déplacement au Wanda Metropolitano le 3 mai prochain, en demi-finale de Ligue Europa contre l’Atlético…