Manchester United-City : le derby le plus rock'n'roll

Vincent Kompany et Noel Gallagher (ex Oasis)
DR/MCFC

En Angleterre, football et musique se conjuguent de concert et ne marchent jamais l'un sans l'autre. Aussi et depuis plus de quarante ans, les rock stars mancuniennes choisissent leur camp entre Manchester United et Manchester City. Une rivalité passionnée et passionnelle qui dépasse le simple cadre sportif. Tour d’horizon de ces rock stars et autres figures de la brit pop qui ne perdront pas une miette du derby de dimanche entre les deux frères ennemis (à 17h30 sur SFR Sport 1).  

De l’autre côté du Channel, foot et rock’n’roll ont toujours fait bon ménage. A la fois berceau du ballon rond et patrie d’adoption du style musical le plus musclé et populaire de la planète, l’Angleterre reste rien qu’à cet égard un pays à part. Où chacun se nourrit de l’univers de l’autre et cultive les parallèles, de l’héritage prolétaire à l’ascension sociale, en passant par les coupes de cheveux improbables, le sens de la démesure ou encore un goût très prononcé pour l’ambiance festive et… les pintes de bière.

Du coup, il est de tradition que les plus grandes stars du rock et de la brit pop d’une manière générale choisissent clairement leur camp et soutiennent crânement les couleurs de tel ou tel club. Avec fierté, insolence et parfois coups d’éclat.

Le PSG a Enrico Macias, Man City a Oasis

Le derby des deux Manchester n’échappera pas à cette règle. Bien au contraire, puisqu’il illustre le mieux (avec quelques derbies londoniens) ce match dans le match que vont se livrer à distance quelque uns des plus grands rockeurs de Sa Majesté. Dont voici le casting.

Si le PSG a son Enrico Macias, Bordeaux son Pascal Obispo ou l’OM son Soprano, les deux Manchester peuvent compter sur le soutien indéfectible de chanteurs/groupes d’un tout autre calibre. A City, les « musicos » les plus populaires restent sans conteste les frères Gallagher, anciens piliers d’Oasis qui ont même envisagé, dans les années 2000, de devenir propriétaires du club. Avant de se raviser. Mais qui ne ratent jamais une occase d’aller au stade et de pousser leurs Cityzens quand leur emploi du temps respectif le leur permet. 

Viré de Santiago Bernabeu

Jamais le dernier pour se faire remarquer, le cadet de la fratrie, Liam, a par exemple déjà été viré des tribunes de Santiago Bernabeu pour avoir dépassé les bornes après un but du Real Madrid inscrit face aux Citizens. Noel, lui, n’hésite pas à mentionner le club de son cœur ou à clasher les équipes adverses en plein concert, comme il l’a fait lors de sa venue à Paris, en mars 2015. En plein milieu de sa prestation avec son groupe, les High Flying Birds, sur la scène du Zénith, l’aîné des Gallagher s’était alors félicité de l’élimination en Ligue des champions par le PSG de « ces enc… de Chelsea ». Rock’n’roll attitude.

Parmi les autres supporters les plus célèbres de Manchester City figurent la bassiste de Primal Scream, Mani, le chanteur de The Fall, Mark E.Smith, Jimi Goodwin, l’ancien chanteur des Doves, Billy Duffy de Cult ou encore Rick Wekaman, clavier de Yes puis Black Sabbath. Sans oublier l’icône Ian Curtis, chanteur de Joy Division disparu bien trop tôt, ou encore Johnny Marr, le guitariste emblématique des Smiths qui a même effectué des tests de détection dans le club de son cœur lors de ses jeunes années.


Liam Gallagher, ancien d'Oasis et ambianceur des tribunes
AFP

Joy Division, New Order, The Smiths, Happy Mondays

Dans le camps adverse, on retrouve du (très) lourd également, avec Peter Hook, le bassiste mythique de Joy Division puis de New Order, Paul Arthurs, l’ex-guitariste d’Oasis, Thom Yorke et Ed O’Brien, de Radiohead, Richard Ashcroft, passé successivement par The Verve, RPA et The United Nations of Sound, Simon Le Bon, le leader historique de Duran Duran, Mick Hucknall, le chanteur roux le plus célèbre de la planète grâce à Simply Red, Shaun Ryder, le pilier déjanté des Happy Mondays ou encore Ian Brown des Stones Roses, dont le tube « This is the one » sera diffusé demain à l’entrée des joueurs sur la pelouse d’Old Trafford. Sans oublier Morrissey, la légende vivante des Smiths qui mène sa carrière en solo depuis plus de de vingt-cinq ans.

La bataille des play-lists

La rivalité musicale entre les deux Manchester est telle que United et City se tirent même la bourre par play-lists interposées. Pour chaque match, un best-of d’une vingtaine de titres de groupes ou rockeurs mancuniens passés à postérité est soigneusement préparé par les deux clubs et diffusé dans les stades d’Old Trafford et à l’Etihad Stadium. Des standards crachés par les enceintes et repris en chœur par les fans, plus que jamais fiers d’être mancuniens.

Mais cette rivalité musicale entre Manchester United et City se conjugue au quotidien et dépasse le simple rectangle gazonné. Dans les années 1990, Ryan Giggs s’était ainsi vu refuser par un videur fan de City l’entrée de l’Hacienda, la boite mythique de Manchester, en raison de son appartenance aux Red Devils ! Nicky Butt, Paul Scholes et les frères Neville ont, eux, eu beaucoup plus de chance puisqu’ils n’ont jamais connu l’affront d’être refoulés de cette place-forte people et musicale. Le plus beau geste de fair-play entre United et City observé au cours de ces dernières années…