Man City : Pourquoi Guardiola veut retisser le fil de son histoire avortée avec Sanchez

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S’il a annoncé qu’il souhaitait quitter Arsenal pour un club qui « joue la Ligue des champions », Alexis Sanchez n’est pas encore certain que les Gunners le laisseront partir. Parmi les prétendants les plus pressants, un Manchester City où Pep Guardiola aimerait récupérer son poulain, qu’il espérait transformer en star au Barça.

Les histoires d’amour ne finissent pas toujours mal et les chemins qui se séparent peuvent aussi parfois se retrouver. C’est à contrecœur que Pep Guardiola avait quitté un joueur qu’il pensait capable d’atteindre les sommets. En 2011, après l’élimination du Chili en Copa América, Alexis Sanchez débarque au Barça. Le technicien catalan a lui-même repéré le buteur, venu de l’Udinese pour 26 millions d’euros hors bonus. 

C’est un grand pas que fait Pep Guardiola en signant le Chilien. Parce que le joueur ne correspond pas vraiment à l’ADN barcelonais, évoluant dans un style plus direct. Tout juste sorti d’une belle fin de saison en 2011, faite de la Liga et de la Ligue des champions, le disciple de Johann Cruyff sait qu’il lui faudra insuffler un vent nouveau au sein du collectif pour tenter de reproduire l’exploit… voir de faire encore mieux. Comme en 2009, année de son fabuleux sextuplé.

Guardiola adore son profil et son côté "chouette garçon"

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Alexis Sanchez n’arrive pas seul. Autre recrue star de l’été, un certain Cesc Fabregas. Il faut simplement quelques mois pour comprendre que l’Espagnol s’inscrit pleinement dans le style de jeu du Barça, là où le Chilien détonne. « Il peut apporter quelque chose que nous n’avions pas, assure son nouvel entraîneur qui apprécie tout particulièrement sa polyvalence offensive. Il peut jouer au trois postes du front de l’attaque, démontre beaucoup d’énergie, une intensité défensive ou dans les un-contre-un, il dribble et affiche un sens du jeu plus vertical. Et c’est aussi un chouette garçon. » De l’amour. 

Mais son nouveau chouchou est difficile à intégrer. D’abord parce que le jeu catalan, aussi brillant puisse-t-il être, est assez stéréotypé. Ensuite parce qu’il faut (déjà) s’adapter au génial Lionel Messi. Lequel capte toute la lumière et exige qu’on s’adapte à son jeu. La primauté du talent hors normes.

Messi, ce génial bouffeur de lumière

Sa première saison est prometteuse… mais incomplète. Il dispute un nombre qui pourrait presque paraître modeste de 25 matches de championnat et six de Ligue des champions, pour 12 buts en Liga, deux en C1. Avec quelques prestations impressionnantes, faites de gestes décisifs : le but de l’égalisation dans le clasico contre le Real en décembre (le Barça s’imposera 3-1) ou un doublé contre le Bayer Leverkusen en huitième de finale aller de Ligue des champions (3-1). Mais cela ne suffit pas. 

Lionel Messi éclipse tous ses coéquipiers, marque un monstrueux total de 73 buts cette saison-là toutes compétitions confondues. Et le doublé d’Alexis Sanchez contre Leverkusen s’est rapidement vu effacer par un quintuplé monumental de l’Argentin au match retour. Allez donc frimer derrière cela. 12 buts pour une première saison, ce ne serait pas si mal dans n’importe quel autre club, aux côtés de n’importe quel autre joueur. Mais dans ce Barça, à côté de ce Lionel Messi, c’est trop peu. « Il jouait vraiment bien au Barça, assurera plus tard Pep Guardiola. Mais quand il joue à côté de Messi, n’importe quel joueur semble si loin de son niveau... »

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Vint alors le « divorce », non souhaité, entre les deux hommes. Avec 14 trophées empochés sur 19 possibles, en ayant révolutionné un club un brin endormi, Pep Guardiola s’en va, prend une année sabbatique et laisse un groupe orphelin. Surtout un Alexis Sanchez venu sur volonté du Catalan et qui, malgré deux autres saisons très correctes, ne parviendra jamais à trouver sa place. D’autant qu’en 2013, il voit débarqué pour 86 millions d’euros un petit génie que tous les mastodontes européens avaient repéré. David Villa a fait ses valises au moment de l’arrivée de Neymar, Alexis Sanchez fera de même un an plus tard, partant sur son meilleur bilan en Catalogne (19 buts en Liga).

Il doit être le protagoniste, pas un second rôle

« Alexis a besoin de liberté, estimait Jorge Sampaoli en 2014 à propos de celui qui lui a tant apporté en sélection chilienne. Mais à Barcelone, vous devez vous fondre dans un certain rôle, pas le meilleur pour son jeu à lui. Il lui fallait obéir à une philosophie qui ne lui convenait pas. » De la liberté, le champ libre, le premier rôle… voilà ce dont a besoin Alexis Sanchez pour exprimer pleinement son talent, sa vitesse, sa vision du jeu, sa capacité à faire la différence en deux gestes. C’est à Arsenal qu’il en a eu le loisir.

Petit gabarit, il n'en est pas moins puissant et vif, ce qui le rend fort dans les duels... même en Angleterre. Capable de jouer sur un côté, il s'est vu replacer peu à peu dans l'axe par Arsène Wenger. Pour lui donner plus d'espace et faire profiter ses coéquipiers de sa capacité à prendre la profondeur. Très bon lors de ses deux premières saisons londoniennes, le Chilien a littéralement explosé la saison dernière, meneur d'un groupe à la dérive, véritable sauveur, phare au milieu d'une tempête.

Comme le souligne Sky Sports, les rôles se sont inversés l'an dernier : Pep Guardiola, arrivé sans doute un poil trop pétri de certitudes en Premier League, est encore en période d'apprentissage, quand Alexis Sanchez a fait du football anglais sa maison. Les deux hommes s'apprécient et ont finalement peut-être besoin l'un de l'autre. Il faudra sans doute, pour cela, que les Citizens se séparent de Sergio Agüero. Le Gunner, lui, veut partir pour un club qui dispute la Ligue des champions. Manchester City par exemple ?