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Man City : Les projections et besoins de Guardiola pour la saison prochaine

Reuters

Champion d’Angleterre après avoir atteint la barre mythique des 100 points, Pep Guardiola est d’ores et déjà tourné vers la saison prochaine. Invité du Monday Night Football sur Sky Sports, le manager a détaillé les pistes de progression de Manchester City et livré quelques clés de sa réussite. Passionnant.

« Gagner un titre, de nombreuses équipes l’ont fait. Ce n’est pas exceptionnel. Pour être une grande équipe en Angleterre ou entrer dans l’histoire, il faut en gagner plus. » Ne comptez pas sur Pep Guardiola pour relâcher la pression. Son Manchester City a certes remporté la Premier League avec une flopée de records à la clé, mais l’objectif est de poursuivre la moisson. Invité d’un Monday Night Football spécial lundi sur Sky Sports, le technicien catalan a livré quelques clés de sa méthode, mais aussi ses projets d’ajustements pour la saison prochaine.

Des conséquences du travail de deux ans

Tout était donc en germe, il restait à atteindre la performance maximale, collectivement et individuellement. Pep Guardiola ne renie rien, surtout pas le travail effectué la saison dernière, juste après son arrivée en Angleterre. Une saison conclue sur une presque modeste troisième place, loin derrière Chelsea ou même Tottenham. « Le manager a ses idées et essaie de convaincre ses joueurs de les appliquer. Les gens disent aujourd’hui que ‘cette saison est fantastique par comparaison avec la précédente’. Mais ce que nous avons fait cette saison, nous l’avons débuté la précédente », insiste Pep Guardiola. 

L’an dernier, il a donc manqué le sursaut supplémentaire, l’aboutissement de la performance. « Beaucoup de choses que nous avons faites cette saison avaient été entamées l’an dernier, ajoute-il sur Sky Sports. Pourquoi n’avons-nous pas gagné l’an dernier ? Parce que nous n’étions pas assez bons. […] Dans ce championnat, avec les joueurs que j’ai, j’avais besoin de plus de temps. Mais ce n’est pas un problème. »

Du changement dans le jeu ? « No way »

Interrogé sur l’éventualité d’un changement de jeu, du passage du plan A au plan B, Pep Guardiola est très clair : c’est non. « Vous pouvez penser à un plan B ou essayer d’améliorer le plan A, pose l’ancien coach du Barça. Un plan B signifierait peut-être d’utiliser davantage de balles longues, de mettre une défense à trois ou de jouer avec deux attaquants. C’est possible. Mais je crois plus en l’idée d’améliorer le plan de départ. Défendre bas puis gratter le ballon pour partir en contre… cela n’arrivera pas avec nous, en aucune façon. »

Des renforts à gogo ? « On ne peut pas dépenser 300 millions chaque année »

Accusé de n’avoir gagné la Premier League que grâce à ces renforts coûteux l’été dernier, Pep Guardiola fait dans la mesure : oui, Manchester City a beaucoup dépensé l’an dernier mais un tel renouvellement de l’effectif n’arrivera plus de sitôt. « Le point majeur de notre succès cette saison, c’est la qualité de nos joueurs, insiste le manager des Skyblues. Les gens disent qu’on a gagné parce qu’on a beaucoup investi. Ils ont raison. On a investi beaucoup d’argent et nous en investirons moins dans le futur. Au lieu de dépenser sur deux ou trois mercatos, nous l’avons fait sur un mercato. » Une vague d’arrivées qui accompagnait les nombreux départs de joueurs vieillissants. 

Panoramic

Quels plans pour cet été ? Des retouches essentiellement. La priorité est, depuis des semaines, de faire venir un milieu défensif pour palier le départ de Yaya Touré et entrer en concurrence avec Fernandinho. « Yaya s’en va, donc il faudra le remplacer, admet Pep Guardiola. Dison un ou deux joueurs, pas plus. On ne peut pas investir. Les gens ne me croiront peut-être pas mais nous n’avons pas l’argent pour investir 300 millions chaque saison. »

Un attaquant ? « Peut-être, mais je ne sais pas, il faut que j’en discute avec le staff, poursuit-il. Il y a quatre compétitions différentes, il nous faut de nouveaux visages pour pouvoir lutter avec les autres la saison prochaine. » Mais sans trop dépenser donc…

Des efforts, encore et toujours

Dans le jeu, les consignes ne changeront guère. Ce que demande avant tout Pep Guardiola, c’est de l’investissement collectif : « J’essaie de les convaincre de courir comme le ferait la plus humble des équipes, résume-t-il. C’est notre secret et ils le savent. S’ils ne le font pas, ils ne jouent pas, ils viennent s’assoir sur le banc. Je peux absolument tout pardonner, toutes les erreurs. Mais s’ils ne courent pas, ils ne sont pas là. Ils doivent se battre. Je n’aime pas voir un joueur dire ‘je suis bon, les 10 autres jouent pour moi’. Tu cours parce qu’après ça, ils vont courir pour toi. En terme de sprints, notre capacité physique est énorme. C’est l’un de nos secrets. Plus que la tactique, c’est notre état d’esprit, notre constance. »

Le jeu précède le titre

Gagner oui, mais pas à n’importe quel prix : Pep Guardiola a toujours défendu son credo, le jeu qui amène les victoires et les titres. C’est par là que passera un nouveau trophée en Premier League. « Le fait qu’aucune équipe ne l’ait fait (conserver son titre ndlr) depuis longtemps prouve à quel point c’est difficile, insiste le Catalan. C’est l’objectif mais c’est aussi celui des autres équipes. […] Si nous parvenons à conserver ce désir humble et à courir de nouveau, ce sera un bon signal. En théorie quand vous gagnez, vous dites derrière ‘je me relâche’. C’est à ce moment que vous perdez. […] Si vous perdez, vous êtes moins heureux c’est sûr, mais ce n’est pas un énorme désastre. » Efforts et jeu, voilà par quoi passera la conservation du sacre.