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"Love rat", shopping au rabais : Sterling, cible favorite des tabloïds

Raheem Sterling
Raheem Sterling Reuters

Obligé de prendre la plume sur les réseaux sociaux pour mettre les points sur les i après une polémique sur son nouveau tatouage relayée en Une du Sun, Raheem Sterling est une cible redondante des tabloïds. Relevé des faux « scandales » qui ont touché l’attaquant de Manchester City, qui prépare la Coupe du monde avec l’équipe d’Angleterre.

Encore une polémique qui n’avait pas lieu d’être. Pris à partie par le Sun, qui consacre une partie de sa Une de ce mardi à son nouveau tatouage représentant un fusil d’assaut, Raheem Sterling s’est expliqué sur les réseaux sociaux pour éteindre le début d’incendie que le tabloïd tente d’allumer. Une simple péripétie de plus dans le même genre pour l’attaquant de Manchester City en pleine préparation du Mondial avec l’équipe d’Angleterre. Mais un rappel, surtout, des difficultés pour une jeune star locale du sport de devoir faire avec cette presse très agressive et qui prend plaisir à faire un foin d’une histoire qui ne le mérite pas. Car Sterling en l’exemple parfait de la cible régulière.

Si un joueur français se plaint de son traitement par les médias de son pays, on lui conseille de joindre Benjamin Mendy pour que ce dernier lui passe l’ami Raheem. Car ce que ce dernier a vécu ces dernières années, compilé par Adam Keyworth sur Twitter, va vite lui permettre de relativiser. En octobre 2014, le Sun raconte sa sortie dans une boîte de nuit jusqu’à trois heures du matin au lendemain d’un match qualificatif pour l’Euro 2016 qu’il n’a pas disputé car « trop fatigué ». Quand il évoluait à Liverpool, ce même Sun avait titré un article « Arrête d’être si cupide » quand il réclamait une augmentation de salaire plus importante que celle offerte par les Reds. On appréciera également le « hippy crack » (on vous laisse traduire…) en Une du Sun en avril 2015 quand il avait osé inhaler… un ballon d’hélium à quelques jours d’un match. En juin 2016, le Sun (toujours lui) le qualifie de « footballeur idiot » dans un papier consacré à son ascension.

Toujours fin juin 2016, après l’élimination de l’Angleterre par l’Islande à l’Euro, ce même Sun évoque son côté « obscène » pour avoir montré un évier bling-bling d’une maison dont il est propriétaire. Quelques mois plus tard, en octobre 2016, le Daily Mail consacre un article au fait qu’il ait pris « un avion EasyJet à 80£ pour rentrer de vacances alors qu’il en gagne 200.000 par semaine ». Même idée chez le Daily Star qui semble reprocher à ce joueur si cher sur le marché d’aller manger Greggs, un fast-food britannique spécialisé dans les sandwiches et les chaussons dont il semble être friand. Le même Daily Star en avait déjà mis une couche quand le garçon alors payé 180.000£ la semaine avait osé aller « acheter des fringues chez Primark », une enseigne aux prix cassés, sans oublier son papier sur son arrivée au centre d’entraînement de Manchester City dans « une Mercedes sale à 50.000£ ».

Dans le genre « mais on s’en fout complétement », le Daily Star avait également raconté sa « chasse aux soldes chez Poundland » quand Sterling était venu… acheter des piles dans un magasin « tout à un pound » ! Même sa belle saison avec les Skyblues, conclue par son premier titre en Premier League, n’a pas calmé les choses avec encore quelques perles qui lui sont consacrées ces dernières semaines. En mars, le Sun s’était amusé à compiler les prix de toutes les voitures achetées depuis le début de sa carrière pour montrer combien il était dépensier (plus de 1M£) quand il s’agissait de ses véhicules. Toujours classe, ce même Sun n’a pas non plus hésité à informer ses lecteurs sur la proposition en mariage de ce « love rat » (expression anglo-saxonne pour désigner quelqu’un qui trompe son ou sa partenaire) avec « sa petite amie qui souffre depuis longtemps ».

Le Sun avait déjà utilisée cette tournure vulgaire pour illustrer une Une sur laquelle on pouvait voir Sterling avec une amie en vacances en Jamaïque avec cette légende : « Raheem laisse tomber son amoureuse pour deux filles ». En avril, le Daily Mail se plaisait à raconter… son « petit déjeuner » après avoir « raté le titre de meilleur espoir de l’année aux PFA Awards » le soir précédent. Et il y a quelques jours, le Sun lui a reproché d’être parti avec sa fiancée dans deux lieux de vacances différents en une semaine entre la fin de saison de Premier League et le début de la préparation pour la Coupe du monde avec l’équipe d’Angleterre. Vraiment, monsieur Pogba, on vous l’assure, rien de grave dans les débats sur votre meilleur positionnement en équipe de France… Il suffit de comparer pour s’en rendre compte.