Yaya Touré : "Manchester City était comme un club amateur"

Panoramic

Dimanche, Yaya Touré disputera son dernier match sous les couleurs de Manchester City. A 72 heures de refermer le plus gros chapitre de sa carrière, l’international ivoirien est revenu au micro de la Premier League sur ses années avec les Cityzens, ses regrets, l’héritage qu’il va laisser et le long chemin parcouru depuis son arrivée en 2010.

Yaya, avez-vous exaucé tous les rêves que vous souhaitiez atteindre avec Manchester City ?

Pour être honnête, il me manque seulement la Ligue des champions avec Manchester City. Sinon, j'ai tout gagné. Avant, je me disais que seulement la conquête de ce titre pouvait me faire changer de club. Mais désormais, les choses ont changé et nous avons évolué. 

Qu’est-ce qui a changé dans ce club depuis votre arrivée en 2010 ?

Jesus Christ ! (il rit) Même vous, vous pouvez constater l'écart. Avec toutes les choses que j'ai vécues lors des premières années, c'était comme si nous étions un club amateur. Maintenant, quand je vois les nouveaux joueurs qui sont contents du nouveau centre d'entrainement, je leur dis : « Si tu étais là à l'époque de Carrington (l’ancien site d’entraînement des Cityzens, ndlr), tu aurais pleuré et tu n'aurais pas signé ici ! ». 

Etes-vous fier de l’héritage que vous laisserez à Manchester City ? 

C'est incroyable car je ne l'imaginais pas ça. Pour être honnête, je travaillais comme un fou mais dans ma tête j'avais cette obsession de me dire : « Quand aurais-je ce trophée avec ce City-là ? » Je suis surtout fier quand les gens me disent que j'ai marqué une page du club en gagnant des trophées. J'en ai gagné avec mon pays après 22 ans d'attente, j'en ai gagné 7 avec Barcelone et là ici aussi. Je suis quelqu'un qui aime les difficultés, qui aime les défis. J'ai pu surpasser beaucoup de mésaventures, j'ai été à City et j'ai gagné des trophées. Chaque fois qu'il fallait prendre ses responsabilités, je le faisais. Pour être honnête, je suis un homme de challenge et je veux continuer à grandir.

Quelle sera justement la prochaine étape de votre carrière ? 

Vous le saurez bientôt, je ne suis pas un mec qui aime parler avant. Si je veux quelque chose, je fais en sorte de le faire bien et mettre les choses dans l'ordre.

Serez-vous encore en Premier League ? 

Attendez et vous verrez vous même. Ne soyez pas trop rapides, vous verrez, c'est sûr à 100 %.

Comment avez-vous vécu votre dernière à l’Emirates, dimanche dernier avec la remise du trophée de champion d’Angleterre ?

Certains joueurs vont me manquer parce que je les connais depuis huit années, que ce soit Silva ou Kompany. On a commencé ensemble dans cette aventure et on a vécu beaucoup de choses ensemble aussi. Mais vivre ce type d'événement fait partie du travail. C'est comme quand tu dois de changer de boite. Dans mon esprit, mon père me disait toujours : « Si quelqu'un t'aime, il va vouloir te garder. S’il ne t'aime, il te laissera partir ».  C'est ainsi et c'est la façon dont je prends les choses. Pour l'amour du jeu, je continuerai à me donner à 200 %. Il faut continuer à aller de l'avant jusqu'à la fin. Et c'est ce que j'ai appris des fans de Manchester City. 

Pep Guardiola a dit qu’il y en aurait que pour vous dimanche, pour votre der sur la pelouse de Southampton…

Même si c'est infaisable, je vais tirer au but ! (il rit de bon cœur). Je vais tout tirer ! Même les dégagements de gardien ! Je déconne. Je vais surtout profiter des bons moments avec mes coéquipiers et même ceux qui ne seront pas là. Je veux que les anciens joueurs aussi prennent part à la rencontre parce que mon meilleur ami, mon gars sûr, Gaël Clichy, sera présent. Pour être honnête, je suis content que tout le monde soit là pour me soutenir et je souhaiterais vraiment le faire pour les fans qui ont toujours été derrière moi. 

Lundi prochain aura lieu la parade dans les rues de Manchester : vous qui avez déjà vécu ce moment, à quoi cela ressemble vu d’en haut ?

Après le premier trophée en FA Cup (en 2011),  c'est là que je me suis rendu compte que Manchester City avait beaucoup de fans et c'était incroyable. Quand tu gagnes un trophée, tu sens la fierté des gens de Manchester. Je n'avais jamais vu ça avant, que ce soit à l'Olympiakos (2005-2006) ou Barcelone (2007-2010). Tu vois des enfants, des mamans avec des poussettes. 

Comment la parade se déroulera-t-elle cette fois-ci ?

Je pense qu'on doit partager avec les fans. Et le Cheick Mansour, car ils (les actionnaires des Emirats Arabes Unis, ndlr) ont dépensé des milliards pour réussir cela et il faut maintenant en profiter et partager cette joie. Le futur est rayonnant pour City et nous devons continuer comme ça.