Le démarrage catastrophique de Chelsea

AFP

Champion d’Angleterre en titre, Chelsea a totalement raté son entrée en s’inclinant face à Burnley (3-2) à Stamford Bridge, lors de la 1ère journée de Premier League. Rentrée piteuse pour les Blues qui ont terminé la rencontre à neuf, moins d’une semaine après avoir perdu dans le Community Shield contre Arsenal (1-1, 4 tab à 1). Pour une avalanche de motifs d’inquiétude. 

Antonio Conte n’a jamais été le premier pour sourire, afficher de la sérénité avant ou même après un match. L’Italien est plutôt adepte d’une forme de rage, qu’elle traduise une joie ou une frustration. Si l’an dernier l’ancien entraîneur de la Juventus a régalé les terrains de Premier League de ses célébrations tapageuses après les buts de son équipe, il n’en fut rien ce samedi, pour la reprise de la Premier League. Et pour cause : Chelsea, champion en titre, s’est pris une valise à domicile par Burnley (3-2). Pour une rentrée ratée, malgré une réaction finalement trop tardive. Sous « les yeux » d’un trophée de champion exposé sur la pelouse avant le coup d’envoi… 

Cahill voit rouge, la tuile d’entrée

On n’ose imaginer la teneur du discours d’Antonio Conte à la mi-temps, encore sous le coup sans doute de la défaite dans le Community Shield contre Arsenal dimanche (1-1, 4 tab à 1). Un petit quart d’heure a suffi à placer les Blues dans une situation plus que délicate. Quatorzième minute, balle au pied, Gary Cahill panique en voyant Steven Defour venir lui chiper… et tacle, sans contrôler son geste. L’arbitre n’hésite pas et sort le carton rouge pour le capitaine, qui abandonne ses troupes et cède son brassard à Cesar Azpilicueta.

La fin d’une série de 40 matches consécutifs sans carton rouge pour Chelsea en Premier League, entamée en mai 2015. Et un passage à dix tout sauf serein pour les Blues, privés de Victor Moses. 

Une mi-temps cauchemar

Derrière, Chelsea a simplement pris le bouillon face à Burnley, une équipe qui n’avait gagné qu’un seul match à l’extérieur la saison dernière ! Et c’était face à Crystal Palace (2-0), le 29 avril. Les Clarets ont profité d’une armada adverse méconnaissable de désorganisation pour frapper trois fois : un doublé de Sam Vokes (24e et 43e) et un but de Stepahn Ward (39e). 

3-0 à la pause dans un match de Premier League à domicile, Chelsea n’avait tout simplement jamais connu ça. C’est aussi la première fois qu’un champion d’Angleterre en titre rentre au vestiaire en ayant encaissé trois buts lors de la première journée… Un véritable cauchemar. 

L’espoir douché, Fabregas expulsé

Entré en jeu à la place d’un Michy Batshuayi resté muet et qui n’aura pas saisi sa chance lors de cette titularisation, Alvaro Morata a redonné un mince espoir à Chelsea. La recrue, arrivée du Real Madrid pour près de 80 millions d’euros et qui a raté son tir au but contre Arsenal lors du Community Shield, a finalement réduit l’écart à la 69e minute. Et pensait tenir son doublé quatre minutes plus tard, avant d’être finalement signalé hors-jeu. Il est tout de même passeur décisif sur le but de David Luiz (88e). Entre temps, Cesc Fabregas avait pris un deuxième carton jaune (82e), laissant ses coéquipiers à neuf… 

Morata, la satisfaction

En résumé : deux cartons rouges, trois buts encaissés, une défaite à domicile pour le premier match de championnat de la saison, une défense en quête de repères… Le bilan est à peu près catastrophique. Deux points positifs toutefois. Le premier, c’est Alvaro Morata. Recruté à prix d’or, l’attaquant espagnol suscitait peu d’enthousiasme parmi les observateurs. La faute à son profil, bien moins tueur qu’un Diego Costa dont Antonio Conte ne veut plus et qui reste à la cave en attendant une porte de sortie. D’autant qu’il n’avait que peu rassuré durant le Community Shield, ratant notamment son tir au but. Puisque Michy Batshuayi est resté muet, il sort de ce match avec un statut de titulaire. Autre motif de satisfaction : la force de caractère des Blues qui, malgré les événements en leur défaveur, restent capables de se remettre dans leur match au mental. Même si le mental ne suffit pas toujours…

Un mauvais signe pour Chelsea ?

« Je dis qu’ils ne vont même pas faire top 4 », estime l’ancien joueur d’Arsenal Martin Keown sur la BBC. En 2015, Chelsea avait été sacré champion d’Angleterre en mai… et avait vu son entraîneur José Mourinho limogé en décembre. Antonio Conte peut-il faire une Mourinho ? C’est un risque, notamment avec un Roman Abramovitch imprévisible aux commandes du club. 

Le technicien italien avait déjà fait part de son agacement il y a quelques semaines, devant le mercato timide de son club. Antonio Rüdiger et Tiemoué Bakayoko ont été officialisés relativement tard compte tenu des recrutements d’écuries comme Manchester City (qui a acheté Bernardo Silva dès le premier jour). Et les Blues ont raté Romelu Lukaku, établi par Antonio Conte comme la priorité absolue depuis plusieurs mois déjà et parti à Manchester United. 

Avec la Ligue des champions qui s’annonce, le club londonien doit recruter, pour être capable d’opérer un turn-over. Chelsea ne peut pas se permettre de sembler si perdu en l’absence de Pedro, Eden Hazard (blessés) et Victor Moses (suspendu). Reste l’épineux cas Diego Costa, dont Antonio Conte ne veut pas. Mais peut-on se passer d’un capital de 20 réalisations en Premier League avec un profil ultra physique capable de bouger les défenses adverses, même en infériorité numérique de son équipe ?