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Anelka, ce rare Gunner devenu Red

Anelka
Anelka AFP

Liverpool se déplace sur la pelouse d’Arsenal ce vendredi (20h45 en direct sur SFR Sport 1), une affiche spéciale pour Alex Oxlade-Chamberlain, passé chez les Gunners avant de rejoindre les Reds. Mais l’Anglais n’est pas le seul à avoir connu les deux clubs puisque bien avant lui, Nicolas Anelka a été le premier à jouer pour les formations rivales. Retour sur un parcours étonnant que seul cinq joueurs ont emprunté au total.

Ils sont cinq. Cinq hommes seulement à avoir porté les tuniques d’Arsenal et Liverpool au cours de leur carrière. Parmi eux, Nicolas Anelka. Le Français a posé ses valises dans la Mersey deux ans et demi après avoir quitté Highbury, avec une même réputation mais un impact moindre.

Wenger le préserve et le façonne

Lorsqu’il débarque en terre anglaise en provenance du Paris Saint-Germain en 1997, l’enfant terrible de 17 ans tombe sur un manager soucieux de polir le diamant brut qu’il a entre les mains. Pour sa première saison, Anelka est donc préservé avec quatre matches seulement disputés toutes compétitions confondues, doublé par les indéboulonnables Dennis Bergkamp et Ian Wright.

Le petit frenchie doit faire preuve de patience avant d’exploser la saison suivante en 1997-98 (26 matches en Premier League, 6 buts) avec notamment un but héroïque en finale de FA Cup, remportée par son équipe (2-0 face à Newcastle). Le phénomène est né et récidive la saison suivante (49 rencontres, 16 buts TCC) grâce, selon le principal intéressé, à un manager qui ne l’a jamais lâché. « Je pense qu’Arsène Wenger a été bon pour moi, explique l’attaquant dans The Times of India. Il m’a recruté et il a fait de moi ce que je suis. Il m’a donné ma chance et je l’ai saisie. »

Anelka : « Avec Arsenal, c’est fini pour toujours »

Tout n’a pourtant pas été rose pour Anelka chez les Gunners. Sa fameuse arrogance a laissé des traces dès sa première année pleine lorsqu’il s’est plaint du manque de générosité de ses partenaires qui ne le laissaient pas s’exprimer suffisamment à son goût sur le terrain.

« Je n’ai pas assez le ballon, se plaignait le Français en 1997. Je vais bientôt aller voir le manager parce que Marc Overmars est trop égoïste. » Trop à l’étroit à Londres, l’enfant de Trappes commence à avoir la tête ailleurs. Du côté de Santiago Bernabeu, précisément. Clap de fin avec Arsenal, pour un total de 28 buts en 89 matches « C’est impossible pour moi de rester en Angleterre, assure-t-il alors à la presse. Avec Arsenal, c’est fini pour toujours. » Mais il n’en avait pas fini avec la Premier League.

Liverpool en admiration

Après trois ans au Real puis au PSG où ses relations vont finir par se détériorer avec Luis Fernandez, Anelka effectue un retour en fanfare outre-Manche lors du mercato d’hiver. Liverpool lui met le grappin dessus en janvier sous forme de prêt avec option d’achat. Une nouvelle aventure débute.

A l’époque, les Reds cherchent un remplaçant à Robbie Fowler, parti pour Leeds et c’est Gérard Houllier qui trouve sa pépite. A Anfield, la pige d’Anelka, qui s’impose dès le premier jour en prenant le numéro 9 de son prédécesseur, prend pourtant une toute autre tournure. Pour son premier match, en FA Cup, le bad boy fait sensation auprès des supporters avec un premier but. Il croise sur son chemin et à deux reprises Arsenal, en Premier League et en Cup en tant que titulaire, sans disputer l’intégralité des matches.

Vraiment indésirable à Anfield ?

L’avant-centre international va réaliser une seconde partie d’exercice correcte. Ses quatre petites réalisations en vingt rencontres de Premier League laissent penser qu’il peut porter les Reds la saison suivante, bien acclimaté. Mais un obstacle vient s’interposer : Nicolas Anelka peine à s’entendre avec celui qui l’a fait revenir en Angleterre. Entre Houiller et lui, la communication est rompue au bout de six mois. Et malgré son talent, le boss décide de ne pas lever l’option d’achat assortie à son prêt.

« Il m’avait dit « je te promets que tu vas signer », explique Anelka au Telegraph, mais il a changé d’avis sans jamais se justifier. » L’ancien international pense avoir sa réponse. « Je crois qu’il n’aime pas ma personnalité, lance le joueur. Ça l’embête d’avoir quelqu’un qui peut lui tenir tête. » Il est arrivé comme un roi, il est reparti comme un talent gâché. Son départ est contesté par un bon nombre de supporters et Houllier regrette sa décision des années plus tard, mais le mal est fait. N’est apparemment pas Red qui veut, encore moins quand on a été Gunner.