Marega : "C’est peut-être le moment de tenter ma chance ailleurs"

Moussa Marega
Moussa Marega Panoramic

Sacré au Portugal avec le FC Porto, où il a signé vingt-deux buts et cinq passes décisives en championnat cette saison, l'attaquant international malien Moussa Marega espère maintenant réaliser son « rêve » : jouer en Premier League. Entretien.

Comment se passent les vacances de Moussa Marega ?

Très bien. Je me repose en famille à Dubaï, après une saison intense, au cours de laquelle j’ai beaucoup travaillé.

C’est vrai que vous avez bien travaillé : vingt-trois buts toutes compétitions confondues avec Porto, un titre de champion du Portugal. A quoi attribuez-vous votre réussite cette saison ?

J’étais moi-même impressionné par mon temps de jeu et le nombre de buts que j’ai mis. Avec le recul et quand je repense à mes poteaux, aux autres buts que j’aurais pu marquer, au fait que je n’ai pas tiré de penalty, je me dis que j’aurais pu faire encore mieux. Mais le bilan est positif. C’est la meilleure saison de ma carrière, parce qu’en plus, au bout, il y a le titre, la récompense collective.

Il y a un peu plus d’un an, vous déclariez vouloir quitter Porto si Nuno Espírito Santo restait entraîneur. Nuno partait peu de temps après…

Je suis arrivé au FC Porto en janvier 2016. J’étais très heureux de signer dans un aussi grand club. Pour moi, c’était un honneur, une fierté, par rapport à ma mère, mon père. Les quatre premiers mois m’ont un peu dégoûté du football. J’étais le petit joueur dont tout le monde se moquait. Des supporters, une certaine presse me raillaient. Ce fut une période très difficile. Et puis, ce furent les vacances et je me suis repris en main. J’ai pris un préparateur physique, Fabien Delporte, qui a réalisé un gros travail physique mais aussi mental sur moi, parce que j’étais vraiment triste. Rien que l’idée de revenir au Portugal, de croiser le regard des gens m’était difficile à accepter. Mais lors de la reprise avec le FC Porto j’étais un guerrier. Tout ça a été coupe quand Nuno Espírito Santo me dit au bout de quelques jours d’entraînement qu’il ne me connaît pas et qu’il faut que je cherche un club. On était quelques joueurs écartés de l’équipe première, à s’entraîner à part. C’est alors qu’il y a eu ce prêt à Guimarães.

Au début de cette saison 2016-2017, il y a eu ce prêt à Guimarães mais ç’aurait aussi pu être l’OM…

Oui, l’OM s’était renseigné auprès de mon agent mais ça ne s’est pas fait et je me suis retrouvé à Guimarães qui a été l’un des moments les plus importants de ma carrière. Je suis reparti de zéro. J’ai été accueilli à bras ouverts par le président Julio Mendes et l’entraîneur Pedro Martins. Ils m’ont mis dans les meilleures conditions et comme j’étais bien préparé, je me suis relancé (14 buts en 31 matches, cette saison-là).

Comment Sérgio Conceição qui a été nommé en juin 2017 est-il parvenu à te convaincre de rester ?

Si Nuno était resté, j’aurais tout fait pour quitter le FC Porto. Ce qui aurait été dur pour moi parce que j’ai un profond respect pour ce club. Mais Nuno est parti et Sérgio Conceição est arrivé. Je le connaissais d’avant, je l’avais rencontré lorsque j’étais au Marítimo. Il avait essayé de me faire signer au FC Nantes, il m’aimait bien. Dès sa prise de fonction à Porto, il a appelé mon agent pour lui dire que j’allais rester. Il m’a gardé, m’a redonné confiance et le sourire. Pour lui, j’étais un pari, qui n’était pas gagné mais il savait ce que j’allais lui apporter. J’ai effectué ma reprise plus tard mais il a tout fait pour que je me sente bien, intégré, en confiance. Aux entraînements, dès que je faisais une passe, même à cinq mètres, il m’encourageait. Je tiens d’ailleurs à le remercier pour tout ce qu’il a fait pour moi. Cette saison je lui dois à lui ainsi qu’à mes coéquipiers bien sûr et aux supporters. Avoir un chant à son nom par ce public, c’est… (Il soupire)

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Vous avez envie de quoi, maintenant ?

J’ai, on a vécu une année magnifique, avec ce titre de champion qui est une immense fierté. Je sors d’une année à 23 buts, toutes compétitions confondues. Pour moi, je pense que c’est peut-être le meilleur moment de tenter ma chance ailleurs, de vivre une nouvelle expérience, connaitre un nouveau championnat, la Premier League, par exemple. Et ça me fait mal de dire ça parce que je suis très attaché à ce club, à ses supporters qui me donnent beaucoup.

Vous évoquiez la Premier League. Plusieurs clubs (Everton, West Ham) se sont renseignés. Il y a aussi des clubs espagnols, turcs, chinois… Pourquoi la PL ?

J’aime ce championnat depuis longtemps. En même temps, qui n’aime pas la Premier League… C’est un très grand championnat, avec de très grands joueurs. C’est flatteur quand des clubs s’intéressent à toi mais, moi, j’ai toujours rêvé de jouer là-bas. Je veux être heureux, avec ma famille, dans un championnat que j’aime.

Et les contacts sont-ils concrets ?

Je n’y pense pas. Je laisse mon agent, Aziz Ben Aissa, gérer cela. Moi, je profite du titre et des vacances.

Et si Porto et Conceição ne se décident à vous libérer…

Quand Sérgio Conceição est arrivé, j’avais demandé à quitter Porto. Entretemps, on avait entamé des discussions pour renégocier mon contrat mais ça n’a pas abouti. J’ai fait ma saison. Je ne me suis pas posé de questions sur ça.

Conceição a permis au FC Porto de remporter son premier titre depuis près de cinq ans. Et cela, sans avoir réalisé de grandes recrues, en s’appuyant sur des retours de prêts, comme vous. Qu’a-t-il de si spécial ?

C’est un truc de fou… Il sait avec qui il doit partir à la guerre. Dès qu’il est sûr d’un joueur, il lui fait confiance jusqu’au bout. Pendant les entraînements, si ça commence à rigoler, il suffit qu’il jette un regard et tout le monde se remet à travailler sérieusement. Il sait donner la rage mais c’est aussi un très bon tacticien. On n’est pas champion sans jouer, sans faire, connaitre le jeu. Et avec lui, il y a son staff. Les séances vidéo, les entraînements, les échauffements, les séances tactiques… Siramana Dembélé, Vítor Bruno, Diamantino Figueriredo, Eduardo Oliveira… Ses adjoints, ses préparateurs physiques, tous bossent dur, tout est étudié. Ils forment un groupe qui pourrait œuvrer dans n’importe quel club.

Un autre joueur formé en France a brillé cette saison avec vous : Yacine Brahimi…

Yacine, c’est le meilleur joueur de l’équipe. Ce titre on lui doit en grande partie. Yacine est quelqu’un qui parle peu mais qui en impose beaucoup. Pour moi, il est un frère.

La Coupe du Monde débute. International malien né en France et jouant au Portugal, vous allez supporter qui ?

Je sis français, donc supporter de la France, mais j’aurai aussi un œil sur le Portugal avec qui, j’espère, Ricardo Pereira jouera, et je suis aussi supporter des pays africains. J’ai donc beaucoup plus de chances d’être champion du monde ! (Rires.)