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Manchester City : Le sacre de Guardiola et ses hommes décortiqué en stats

Panoramic

Officiellement sacré suite à la défaite à domicile de Manchester United contre WBA ce dimanche, Manchester City fait un très beau champion de Premier League. La preuve en chiffres avec les statistiques fournies par Opta. Qui dessinent l’idée d’une domination observée sur les pelouses.

Du beau jeu et des buts (dont certains sublimes) en pagaille pour un titre officialisé… sur la pelouse du rival local. La défaite surprise de Manchester United à domicile contre WBA ce dimanche a offert à Manchester City son troisième titre depuis l’instauration de la Premier League en 1992, le cinquième de son histoire. Un sacre on ne peut plus logique vu la domination de Pep Guardiola et ses hommes, qui avaient débuté la saison par vingt-deux matches sans défaite avant de chuter à Anfield dans un match dingue mi-janvier. SFR Sport vous propose de décortiquer ce chiffre en stats avec l’aide des données fournies par Opta.

S’il est compliqué d’établir des comparaisons directes car City doit encore disputer cinq matchs, Pep Guardiola et ses troupes peuvent encore battre le record de victoires sur une seule saison dans l’ère Premier League (30 par Chelsea la saison dernière, City en est à 28) mais aussi le record absolu de l’élite anglaise (31 par Tottenham en 1960-61). Ils peuvent également battre le record de buts sur une saison de PL (93 contre 103 au Chelsea 2009-10) et devenir la quatrième équipe à marquer au moins 100 buts dans cette compétition. Le record de points sur un exercice de Premier League, 95 par le Chelsea 2004-05, devrait lui aussi tomber (87 actuellement, meilleur total de l’histoire de l’élite après 33 rencontres en rapportant tout à la victoire à trois points) et City pourrait être la première équipe de l’histoire du championnat anglais à atteindre la barre des 100 points.

Le club de Manchester peut également effacer le record de victoires à l’extérieur sur une saison de PL (14 contre 15 au Chelsea 2004-05) et le record de points à l’extérieur dans la compétition (44 contre 48 au Chelsea 2004-05). Avec déjà 25 buts encaissés, les Cityzens resteront par contre loin du verrou le plus efficace de l’histoire de la PL (15 buts encaissés par le Chelsea 2004-05), tout comme il ne battront pas le record de clean sheets dans la compétition (15 contre 25 au Chelsea 2004-05). Mais leur différence de buts de +68 est pour l’instant la deuxième plus grande jamais vue en PL, derrière le Chelsea 2009-10 (71), et leur pourcentage de victoires (84,8% contre 78,9% au Chelsea de la saison dernière) comme leur pourcentage de victoires à l’extérieur (82,4% contre 78,9% au Chelsea 2004-05) sont les meilleurs de l’histoire de la PL. Leur pourcentage de victoires à domicile (87,5%) reste pour sa part inférieur à celui du Chelsea 2005-06, du Manchester United 2010-11 et du… Manchester City 2011-12 (94,7% à chaque fois).

Désormais seul huitième au classement des clubs anglais les plus titrés avec cinq (derrière MU 20, Liverpool 18, Arsenal 13, Everton 9, Aston Villa 7, Chelsea et Sunderland 6) et troisième de ce palmarès dans l’ère Premier League trois couronnes, soit autant qu’Arsenal mais moins que MU (13) et Chelsea (5), Man City a été sacré avec encore cinq matches de championnat à disputer : seuls le MU 2000-01, couronné grâce à une défaite surprise des Gunners, leurs grands rivaux de l’époque, à Highbury contre Middlesbrough, celui de 1907-08 et Everton version 1984-85 ont fait aussi bien. Ce sacre n’est d’ailleurs pas le plus précoce depuis l’instauration de la PL : il a été obtenu le 15 avril contre… le 14 pour le MU 2000-01. Si l’on remonte avant 1992, on trouve beaucoup mieux avec Preston North End titré le 5 janvier 1889 et, dans l’ère moderne, Everton le 1er avril 1970. Alors que les Cityzens comptent plus de points après 33 rencontres (87) que onze des champions dans l’histoire de la de la PL, dont le City 2013-14 (86), l’équilibre dans les points pris est presque parfait : 49,4% à domicile, 50,6% à l’extérieur, un nouveau parallèle avec le Chelsea 2004-05 (49,5% et 50,5%).

Sur la route du titre, City a battu toutes les autres équipes du championnat cette saison, le dixième cas du genre dans l’histoire de l’élite anglaise et le troisième en Premier League après Chelsea 2005-06 et MU 2010-11. En ne réussissant pas à marquer contre Crystal Palace (0-0) au dernier jour de l’année 2017, le groupe du manager catalan s’est également privé d’une saison avec au moins un but à chaque match, ce que seul Arsenal version 2001-02 a réussi depuis l’instauration de la PL. Sa domination n’est d’ailleurs pas la plus impressionnante vue en PL : City a passé 240 jours en tête du classement, moins que les MU 1993-94 (262), 2000-01 (241) et 2006-07 (250) et que les Chelsea 2005-06 (257) et 2014-15 (274). Mais elle pourrait tout de même se matérialiser avec le plus gros écart sur un dauphin en PL (16 actuellement contre 18 au Mu 1999-00). Le tout en n’utilisant deux fois de suite le même onze qu’à une seule reprise, ce qui est rare, seule le MU 1996-97 ayant été titré en changeant de composition à chaque match dans l’histoire de la PL.

Et le coach dans tout ça ? Premier technicien espagnol à avoir remporté la Premier League et seul entraîneur à avoir remporté des titres nationaux en Angleterre, Espagne et Allemagne – seuls Carlo Ancelotti et José Mourinho ont remporté la PL en s’imposant dans au moins deux des autres membres des cinq grands championnats européens –, Guardiola peut battre son nombre de victoires sur une saison (28 contre 31 par le Barça 2009-10) même s’il a déjà dit adieu à celui du plus petit nombre de défaites (2 contre 1, toujours par le Barça 2009-10) suite au revers dans le derby mancunien. Il faudrait par contre une énorme orgie offensive d’ici à la fin de saison pour battre le record de buts de ses équipes sur une saison (93 contre 114 au Barça 2011-12) alors que celui du plus petit nombre de buts encaissés est déjà loin (25 contre 17 au Bayern Munich 2015-16).

Pep peut également encore battre sa plus grande différence de buts sur un championnat (+68 contre +74 pour les Barça 2009-10 et 2010-11) mais aussi son plus gros pourcentage de victoires (84,8% contre 85,3% pour le Bayern Munich 2013-14), son plus grand nombre de points (87 contre 99 au Barça 2009-10) et sa meilleure moyenne de points par match (2,64 contre 2,65 pour le Bayern Munich 2013-14). Ses joueurs ne sont pas en reste : dans l’ère PL, le meilleur passeur décisif du champion avait signé au mieux 15 offrandes, le total déjà atteint par Kevin De Bruyne avec encore cinq matches à disputer. Reste à savoir si la démonstration de foot des Cityzens sur cet exercice trouvera un écho la saison prochaine. Ce sera le grand défi de Guardiola et ses hommes : pour la deuxième fois de l’histoire de l’élite anglaise après la période entre les saisons 1984-85 et 1992-93, l’édition 2017-18 de PL est la neuvième consécutive où le champion n’arrive pas à conserver son titre. Le challenge est tout tracé.