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Liverpool-Man City : Et si les Reds étaient l’équipe parfaite pour battre City ?

Kevin De Bruyne et Sadio Mané
Kevin De Bruyne et Sadio Mané AFP

Sévèrement battu à l’aller (5-0), Liverpool est pourtant l’une des équipes à avoir causé le plus de problèmes de Manchester City avant que Sadio Mané ne soit expulsé en fin de première mi-temps. Les Reds reçoivent les Cityzens avec la ferme intention de rééditer leur partition sur la durée, ce dimanche (17h, en direct sur SFR Sport 1) dans l’un des chocs les plus excitants de la saison.

L’invincibilité et la série de victoires de Manchester City (18) se sont peut-être joués à un pied trop haut et un excès d’engagement. Pour Jürgen Klopp, l’expulsion de Sadio Mané (37e) pour un violent coup de pied dans le visage d’Ederson sur un duel lors du match aller entre les Cityzens et Liverpool (5-0) fut un tournant du match et même de la saison. Pour situer le propos de l’Allemand, rarement l’équipe de Pep Guardiola n’avait été autant embêtée cette saison que lors de la première mi-temps face aux Reds. Puis, Mané avait été expulsé et Man City avait déroulé.

« Le carton rouge a changé le match et peut-être, pour Manchester City, la saison »

« C’était l’un des matches les plus bizarres de ma carrière, a confié Jürgen Klopp, cette semaine. Nous avions été vraiment bons dans ce match, peut-être la meilleure équipe, avec les meilleures occasions dans un match ouvert. Ce n’était pas fantastique défensivement des deux côtés. Puis, il y a eu ce carton rouge qui a changé le match et peut-être, pour Manchester City, la saison. » 

Le choc entre Mané et Ederson
Le choc entre Mané et Ederson AFP

Avant ce rouge mérité qui était intervenu alors que City menait déjà 1-0, les Reds avaient posé de gros problèmes aux Cityzens. Comment ? En appliquant un pressing très haut pour mettre la pression sur Nicolas Otamendi, qui occupait l’axe gauche d’une défense à trois. En alignant Emre Can et Jordan Henderson entre David Silva et Kevin De Bruyne pour couper au plus vite les transmissions. En première mi-temps, les hommes de Jürgen Klopp avaient tenu le ballon 40%. Sur 90 minutes, seules deux équipes ont plus tenu le ballon face à ces dévoreurs de ballons : Tottenham (47%) et Arsenal (42%). 

Après le choc
Après le choc AFP

Surtout, les Reds n’avaient cessé de provoquer leurs adversaires avec des dribbles, des centres et des tirs lointains. Si Philippe Coutinho, spécialiste des buts hors de la surface, manquera ce dimanche, il était déjà absent en septembre dernier. Sans lui, les Reds avaient souvent tenté leur chance (7 tirs en première mi-temps, plus gros total d’un adversaire face à City, dont 5 hors de la surface). Ils en avaient cadré trois. Ils étaient aussi régulièrement entrés dans la surface adverse (10 touches de balle répertoriées). 


Henry : « van Dijk apportera quelque chose »

Défensivement, les Reds avaient pêché dans les duels aériens mais Virgil van Dijk, la nouvelle recrue des Reds, pourrait combler ce déficit. « Je pense qu’il apportera quelque chose, en fait, il doit apporter quelque chose, assure Thierry Henry, consultant Pour Sky Sports. C’est pour ça qu’ils l’ont recruté. Ils ne l’ont pas seulement pris pour ce qu’il peut faire comme footballeur mais aussi pour ce qu’il peut apporter comme leader. »

Gale : « Si quelqu’un arrive à battre City, c’est bien Liverpool »

Pour Tony Gale, consultant pour Skty Sports, l’une des clés principales d’un succès réside dans le pressing de haute intensité effectué lors du match aller pendant 45 minutes. « Ce sera un truc de très haut niveau et si quelqu’un arrive à battre City, c’est bien Liverpool, estime-t-il. Il y a des signes à City, en particulier les défenseurs centraux, pas tant John Stones mais plutôt Otamendi et Mangala, que tu peux presser certains joueurs et leur prendre le ballon. Ce sera le stratagème de Liverpool et ils vont essayer de jouer ce match à 100 à l’heure et en même temps conserver ce sang froid pour se créer des occasions par eux-mêmes. »

Ce « quelque chose » qui ouvre la porte de l’exploit

Thierry Henry est du même avis. « Nous avons des flashs du match aller à l’Etihad, se souvient le champion du monde 1998. J’aurais aimé voir le match sans l’expulsion de Sadio Mané parce que Liverpool était bien dans le match avant ça et ça aurait été intéressant. » L’attaquant souligne que Man City a davantage peiné à battre des équipes de bas de tableau (Bournemouth, Southampton, West Ham) ou de niveaux inférieurs en Coupe (Bristol, Wolverhampton). « Nous savons tout comment ils avaient joué contre Chelsea (victoire 0-1), ils avaient dirigé le match, explique-t-il. Mais Liverpool est l’équipe, jusqu’à l’expulsion, pour laquelle tu te disais : ‘’il y a quelque chose là’’. » Mais la roue n’avait pas tourné dans le sens des Reds ce jour-là. Quatre mois plus tard, les Reds sont quatrièmes avec 18 points de retard sur Man City.

Klopp : « City a utilisé ce moment et nous en avons souffert »

« Jusqu’au match de Manchester, je pense que nous étions à un assez haut niveau, se souvient Klopp. Après ce match, nous avons un peu peiné, mais pas City, ils ont utilisé ce moment et nous en avons souffert. Nous avons perdu Sadio, Phil n’était pas à 100%, c’était une situation différente. Depuis, nous avons retrouvé notre chemin. Ce n’est pas comme s’ils avaient pris 500 points et que nous en comptions -70. » Sur une mi-temps au match aller, il n’y avait pas un monde d’écart. Encore faut-il tenir sans 90 minutes sans faire d’erreur face à cette machine.