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Real-PSG : Le réveil du champion met Paris à terre

Cristiano Ronaldo
Cristiano Ronaldo Reuters

Paris a ouvert le score à Bernabeu. Mais Paris a fini par craquer en fin de match ce mardi en huitième de finale aller de la Ligue des champions, terrassé par un Real Madrid qui a signé une victoire (3-1) le plaçant en bonne position pour la qualification. Battu dans le rendez-vous le plus attendu depuis la « remontada » du Barça l’an dernier, le PSG devra réaliser un exploit à la hauteur de celui de 1993 pour passer dans trois semaines au retour.

Coach Rudy Tomjanovich avait eu cette phrase magnifique, en 1995, quand ses Houston Rockets avaient déjoué les pronostics après une saison régulière ratée pour remporter son second titre NBA en deux ans :« Ne sous-estimez jamais le cœur d’un champion ». Un peu moins de vingt-trois ans plus tard, le PSG a pris cette maxime sportive en pleine tête à Bernabeu. On aimait l’idée d’un Paris opposé à un Real Madrid qui vivait une saison compliquée ? Le double tenant du titre de la Ligue des champions reste une équipe immense, capable de se transcender, et les hommes de Zinédine Zidane l’ont prouvé ce mercredi soir avec une victoire 3-1 en huitième aller qui hypothèque grandement – même si tout reste jouable, un 2-0 suffisant pour passer – les chances parisiennes de poursuivre l’aventure.

Un an après le traumatisme du Camp Nou, c’est sa propre « remontada » que devra écrire le PSG dans trois semaines au Parc des Princes. Il pourra pour cela s’appuyer sur le passé, sur un match dont on a évoqué le souvenir avant ce voyage à Madrid : en 1993, le Real s’était imposé 3-1 à domicile en quart aller de la Coupe de l’UEFA. Avant de perdre 4-1 au Parc, avec la tête légendaire signée Antoine Kombouaré, et de laisser Paris filer en demie. Voilà pour les motifs d’espoir. Pour le reste, le mot regret arrive vite dans les débats. Le PSG a mené à Madrid, grâce à Rabiot (33e), a eu plusieurs occasions pour faire encore trembler les filets et tenait encore un 1-1 qui le qualifiait au coup d’envoi du retour à dix minutes du coup de sifflet final. Mais les deux buts du Real signés Ronaldo (83e, un doublé après son penalty de la 45e) et Marcelo (86e) en fin de match, deux actions où les hommes de Zidane ont eu un maximum de réussite, ont assombri le verdict de la rencontre et tout changé. De quoi nourrir des regrets. 

On a dit et répété combien les deux clubs, ce Madrid largué en Liga et ce Paris trop dominateur en Ligue 1, « jouaient » leur saison sur cette double confrontation. A l’issue de la première manche, Zidane et le Real sont en train de remporter ce pari. Avec une position idéale tant leurs qualités pourraient faire mouche dans un retour où ils auront forcément des espaces pour faire mal en contre. A Unaï Emery, dont les choix avant comme pendant ce match aller prêteront à la critique (tout comme certaines décisions arbitrales) dans les heures et les jours à venir, et ses hommes de trouver les solutions pour renverser la donne au retour. S’ils y parviennent, le PSG version qatarie tiendra enfin son gros exploit européen qui électrise les foules. Cela peut mener loin. Mais pour l’instant, les Parisiens restent plus proches du précipice que du centre de la route vers cette Coupe aux grandes oreilles qu’ils désirent tant.