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En déveine, Liverpool se noie contre un Real qui voit triple

Reuters
Plutôt très en vue durant les 20 premières minutes, Liverpool a sombré dans la malchance pour finalement s'incliner face au Real Madrid ce samedi (3-1), en finale de la Ligue des champions à Kiev. La perte de Mohamed Salah après moins d'une demi-heure de jeu aura fait très mal dans les têtes, tandis que Loris Karius aura coûté deux buts à son équipe. Zinedine Zidane et ses Madrilènes réalisent l'exceptionnel en décrochant une troisième Coupe aux grandes oreilles consécutive, tandis que Jürgen Klopp, impuissant devant un tel enchaînement d'événements, encaisse sa sixième défaite d'affilée en finale d'une compétition.

Un seul mot convient : historique. Dans tous les sens du terme. En battant Liverpool ce samedi (3-1) en finale à Kiev, le Real Madrid est devenu le premier club à remporter trois fois d'affilée la Ligue des champions... après avoir été le premier club à conserver son sacre. Zinedine Zidane - qui, rappelons-le, vit sa première expérience en tant qu'entraîneur d'une équipe première - est le premier coach de l'histoire à empocher lui aussi trois Ligues des champions de suite tandis que Raphaël Varane et Karim Benzema, qui soulèvent le trophée pour la quatrième fois, sont désormais les joueurs français les plus titrés de l'histoire de la compétition. 

Bale, de banni à héros magnifique

Historique oui, comme cette photographie qui rentrera sans doute dans les mémoires : trois minutes après son entrée en jeu, le Gallois est passé de joueur un peu encombrant mis sur le banc à héros qui met les siens devants d'un ciseau retourné fantastique (64e)... qui n'est pas sans rappeler celui de Cristiano Ronaldo contre la Juve en quart de finale aller. Puis un deuxième but, une frappe flottante aux 25 mètres qui mettait alors le Real à l'abri (83e). « J'étais déçu de ne pas avoir été titulaire, mais je devais avoir un impact. Quand je suis rentré, c'est ce que j'ai fait, résumait-il sur BT Sport après le coup de sifflet final. On sait ce que l'on a accompli, d'où on vient, on est déçu pour le championnat mais c'est une grande saison. » Monumental. Surtout de la part d'une équipe qu'on disait, six mois plus tôt, en perdition, au moment de cette claque reçue dans le clasico qui enterrait ses ambitions en Liga. 

L'impuissance d'un Klopp maudit

Terrible désillusion pour Liverpool qui pourra à la fois se réjouir de son parcours - pas loin d'être inespéré - et pleurer un scénario terriblement cruel lors de cette finale. Le cauchemar a commencé dès la demi-heure de jeu, avec cette sortie sur blessure d'un Mohamed Salah en larmes, dont l'épaule a subi un violent choc lors d'un duel avec Sergio Ramos. Le défenseur espagnol n'a pas été sanctionné, malgré sa volonté manifeste de conserver en tenaille le bras de l'Egyptien, jusqu'au sol. 

L'ancien joueur de la Roma s'est relevé, a serré les dents... mais n'a pu continuer plus de quelques minutes. Son duel à distance tant attendu face à Cristiano Ronaldo s'est retrouvé coupé alors que les Reds dominaient globalement leur sujet. Liverpool n'avait déjà pas de banc. Le club a en prime perdu son meilleur joueur sur blessure, remplacé par un Adam Lallana au profils très éloigné. Le meilleur buteur de Premier League cette saison semble en plus incertain pour le Mondial en Russie, où il est supposé mener la sélection égyptienne... 

Le calvaire de Karius

Comme si cela ne suffisait pas, comme si cette réorganisation - et ce manque cruel de joueur venant prendre la profondeur, capable de décrocher et de faire la différence seul - n'était pas déjà suffisamment handicapante, Loris Karius a signé deux bourdes monumentales. Si Liverpool avait connu une première alerte juste avant la pause, avec un but refusé pour hors-jeu à Karim Benzema, le club anglais a concédé l'ouverture du score sur un but gag du Français, venu placer son pied alors que le portier allemand relançait la balle de la main droite (51e). Cauchemardesque.

Sadio Mané avait éteint la polémique en égalisant quatre minutes plus tard, servi de la tête par Dejan Lovren, concrétisant sa très bonne prestation. S'il est difficile de reprocher quoi que ce soit à Loris Karius sur le ciseau sublime de Gareth Bale, son relâchement du ballon sur le deuxième but du Gallois a plongé son camp dans les enfers d'un Real qui, en prime, n'avait peut-être même pas besoin de tant de veine. Cruelle fin de parcours pour les Reds, qui auront tout de même marqué la saison. Et terrible malédiction pour un Jürgen Klopp qui enchaîne sa sixième défaite consécutive en finale, toutes compétitions confondues.