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Saint-Etienne : Pourquoi rien ne va plus entre les présidents

Romeyer Caiazzo
Romeyer Caiazzo AFP
L'AS Saint-Etienne traverse une crise depuis le départ de Christophe Galtier et alors que le groupe tente de se reconstruire cette saison, les différends qui éloignent les deux présidents Bernard Caiazzo et Roland Romeyer ne cessent l'alimenter un conflit présent depuis plusieurs années. De quoi éloigner les probables investisseurs.

Les inimitiés entre Bernard Caiazzo et Roland Romeyer remontent aussi loin que leur collaboration a débuté car les deux hommes sont extrêmement différents. D'un côté, Bernard Caiazzo est considéré à Saint-Étienne comme un Parisien, il a toujours essayé de voir à long terme et d'imaginer comment l’ASSE pourrait tirer son épingle du jeu dans le football moderne avec les impératifs financiers que cela implique. Il n'est guère apprécié par les Stéphanois du fait de ne pas être du cru.

Roland Romeyer, lui, a une vision beaucoup plus locale des choses. Pendant des années, quand on lui parlait d'investisseurs, il a refusé d'entendre parler d'étrangers. Il souhaitait que son ASSE reste sous pavillon français, viscéralement attaché au club. Toutefois, il manque peut-être parfois de vision sur la durée. Et sa perception du football n’est pas très en phase avec les réalités modernes.

L’absence de Galtier a tout bouleversé

Ces différends ont été masqués pendant des années par la bonne et hyper-communication de Christophe Galtier. Mais dès l'annonce de son départ, les deux coprésidents ont à nouveau semblé être sur des longueurs d'onde diphasiques. Pour preuve, Roland Romeyer souhaitait un entraîneur français pour le remplacer, si possible un ancien Vert dans l'idéal, donc Patrice Garande. 

Bernard Caiazzo voulait tenter le coup avec un entraîneur plus médiatique et espérait faire venir des noms tels que Patrick Vieira ou Thierry Henry.

Les résultats étant ce qu'ils sont depuis le départ d'Oscar Garcia, les tensions sont de plus en plus visibles et les vents de plus en plus contraires. Caiazzo en veut par exemple à Romeyer d'avoir nommé dans l'urgence et sans consultation Julien Sablé à la tête de l'équipe première. Selon lui, il s'agit d'une grave erreur, et quelque part d’un aveu de panique.

Roland Romeyer espérait faire un coup similaire à celui de Christophe Galtier quand celui-ci avait remplacé Alain Perrin. En choisissant Julien Sablé, Romeyer répondait à son propre rêve de voir un enfant du club prendre en charge le groupe pro. Mais peut-être pas aux nécessités et à l'urgence de la situation.

Un problème pour les investisseurs

Le 15 décembre dernier les deux coprésidents ont tenu une conférence de presse lunaire avant le match contre Monaco à Geoffroy Guichard. Bernard Caiazzo en présence de Roland Romeyer n'a pas hésité à pointer du doigt l'âge vieillissant du président du directoire et sa perte d'énergie et de tonus. Il a rappelé la nécessité de le voir aidé dans sa tâche. Si sur le fond cela n'a rien d'incroyable, sur la forme le manque de tact avec lequel il a énoncé ses besoins en dit long sur la relation entre les deux hommes.

Ce jour-là Roland Romeyer était resté plutôt silencieux mais c'est aussi parce qu'il se sait aux manettes du club au quotidien. À peine quelques jours plus tard, alors que Bernard Caiazzo réfléchissait à des solutions diverses et variées pour diriger les Stéphanois, Romeyer a propulsé une nouvelle fois dans l'urgence en nommant Jean-Louis Gasset entraîneur principal de l'équipe fanion aux dépens de Julien Sablé. Ce faisant, et recrutant au passage Ghislain Printant, il a coupé l'herbe sous le pied des solutions envisagées par son collaborateur.

Les deux hommes se livrent une véritable bataille de coulisses imposant ici et là leurs hommes a des postes stratégiques du club. Dans ces conditions il est difficile d'envisager une arrivée sereine d'un investisseur puissant, ce qui est souhaité par les deux présidents. En revanche l'arrivée d'investisseurs minoritaires dans le capital de l'AS Saint-Etienne pourrait sceller le sort de l'un des deux en fonction de ses accointances avec l'autre.