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OM-Atlético : Griezmann, dernier tour de piste du petit prince sans titre

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Petit prince chéri (même si parfois boudé) d'un Atlético de Madrid qui en a fait sa star, Antoine Griezmann sera le principal atout des Colchoneros face à l'Olympique de Marseille ce mercredi, en finale de la Ligue Europa. L'attaquant français, annoncé sur le départ cet été, vivra sans doute le dernier grand moment de son bout de chemin chez les Colchoneros et vise un premier titre. Enfin.

Il ne les fait pas, visage presque poupin oblige mais Antoine Griezmann a désormais 27 ans. Le bel âge, certes. Mais le moment d'ouvrir son palmarès surtout. Car s'il jouit depuis des années d'une très belle cote de popularité - à son paroxysme à sa sortie de l'Euro en tant que meilleur buteur ou après sa troisième place au Ballon d'or - l'attaquant français n'a que deux lignes à la case trophées : un titre de champion... de deuxième division glané avec la Real Sociedad en 2010 et une Supercoupe d'Espagne en 2014. Bien maigre pour l'un des tout meilleurs joueurs dans son profil, entre le buteur et le meneur de jeu. 

« J'aimerais bien gagner enfin un trophée, c'est mon tour »

Est-ce pour ce mercredi soir ? C'est peu dire que le joueur a la pression, au moment d'entrer sur la pelouse pour disputer la finale de la Ligue Europa entre son Atlético de Madrid et l'Olympique de Marseille. Il s'agit là de la troisième finale de sa carrière. Les deux premières ? La finale de la Ligue des champions 2016 face au Real Madrid (1-1 ap, 5 tab à 3) conclue sur une séance de tirs au but durant laquelle il a raté le sien puis la finale de l'Euro avec les Bleus, sur le sol français. Deux échecs. « J'aimerais bien gagner enfin un trophée, c'est mon tour », explique-t-il plein d'insouciance mais avec une pointe de lassitude.

Griezmann-Simeone, l'amour vache

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Un grand joueur a besoin de trophées. Arrivé en 2014 au sein d'un Atlético qui venait d'être sacré champion d'Espagne, Antoine Griezmann y aura changé de dimension auprès d'un Diego Simeone qui ne le ménage pas. Le technicien argentin, à l'exigence extrême, avait même été très dur avec son protégé en novembre dernier, alors que l'équipe tournait moins bien et que l'attaquant traversait une brève période de doute : « Une équipe nécessite la meilleure implication de tous. Nous ne dépendons pas d’un joueur et nous n’en avons pas un qui nous gagne les matches », lâchait-il alors.

Une façon de se dédouaner pour le coach, l'été ayant été marqué par ses revirements incessants... mais aussi aux drôles de déclarations d'Antoine Griezmann, qui jouait avec le feu en encourageant les rumeurs de départ à son sujet. Il n'empêche que Diego Simeone a conscience du talent de son joueur : « C'est un grand joueur. Il est très fort mentalement en ce moment, soulignait-il avant la finale. Il n'a pas eu un très bon début de saison et il le sait. L'arrivée de (Diego) Costa l'a beaucoup aidé parce qu'il lui permet de se libérer sur le terrain en attirant à lui la défense. (Griezmann) continue de progresser et nous avons besoin de lui. » 

Costa, l'atout-majeur d'un Griezmann plus libre

Fortement pressenti au Barça, un temps courtisé par Manchester United ou le Paris Saint-Germain, Antoine Griezmann vit sans doute ses dernières heures à l'Atlético. « C'est flatteur d'être convoité par le Barça mais il sait que nous l'aimons ici, insiste son coéquipier Diego Costa. S'il part ou non, c'est sa décision. Pour le moment il ne pense qu'à gagner un trophée. » Pour conjurer le sort.

Après deux-trois mois un peu plus délicats (mais absolument pas dramatiques comme le laissait penser Diego Simeone), le Français a retrouvé sa vista et son pouvoir au sein de l'équipe. L'arrivée - ou plutôt l'homologation - de Diego Costa cet hiver a soulagé l'ancien joueur de la Real Sociedad, parfois un peu perdu seul en pointe et qui jouit désormais de plus de liberté de création. Un peu comme c'est le cas en équipe de France, lorsqu'il bénéficie de son point de fixation Olivier Giroud. D'autant que, grâce à l'ex attaquant de Chelsea, il n'a plus sur les épaules tout le poids du secteur offensif car il n'est plus le seul attendu devant le but adverse. Auteur de 19 buts en Liga, cet Espagnol d'adoption et Français de nationalité doit désormais boucler la boucle avec un titre. Cristiano Ronaldo disait il y a quelques années : « Les buts, c'est comme le ketchup: quand ils arrivent, ils viennent tous en même temps. » Les titres aussi ? Parce qu'après tout, il y a le Mondial juste derrière...