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RETRO 2016 - Les coups gagnants de Deschamps

Didier Deschamps AFP

Fin d’année oblige, l’heure est aux rétrospectives. SFR Sport vous propose de revivre les grands moments de sport vécus depuis la création de son site internet au printemps dernier à travers plusieurs articles publiés au fil des derniers mois. Le sixième épisode revient sur l’Euro réussi des Bleus, finalistes malheureux face au Portugal, avec un focus sur les choix gagnants de Didier Deschamps tout au long de la compétition. Loué pour sa présumée chance, le sélectionneur tricolore a prouvé qu’il était un tacticien en tentant plusieurs schémas dans lesquels il ne s’est jamais enfermé, n’hésitant pas à les rectifier pour rendre cette équipe de France infaillible… mais qui aura fini par rater la dernière marche.

France-Roumanie (2-1) : Griezmann et Pogba remplacés, Payet prend les clés

Pour le premier match de l’Euro, les Bleus sont crispés et se retrouvent accrochés après l’égalisation roumaine (1-1, 65e). Didier Deschamps prend alors ses responsabilités et sort coup sur coup ses deux leaders techniques, Antoine Griezmann (66e) et Paul Pogba (77e), fatigués. Il réajuste surtout son dispositif en 4-2-3-1. Avec Anthony Martial et Kingsley Coman sur les côtés, Dimitri Payet en profite pour se positionner derrière Olivier Giroud et s’offrir un plus gros champ d’action. Un premier coup gagnant puisque l’attaquant de West Ham libère les Bleus d’une frappe splendide dans la lucarne roumaine à la 89e minute de jeu.  

France-Albanie (2-0) : Martial paie les pots cassés

Pour le deuxième match, Didier Deschamps reconduit le même onze que celui qui a terminé face à la Roumanie. Mais le 4-2-3-1 ne fonctionne pas au cours d’une première période sans relief et sans idée. Pragmatique, Deschamps reconnait son erreur en remplaçant Anthony Martial par Paul Pogba dès la mi-temps. Les Bleus repassent en 4-3-3 et prennent encore plus les choses en main quand Antoine Griezmann, également préservé au coup d’envoi, fait son entrée à la place de Coman (68e). L’attaquant de l’Atlético Madrid libère les Bleus à la dernière minute en reprenant de la tête un centre de Rami. Payet parachève le succès dans le temps additionnel (90e+6).

Suisse-France (0-0) : Pogba donne des idées à Deschamps

Avec les risques de suspension (Kanté) et la qualification en poche, Deschamps titularise avec succès Sissoko et Cabaye dans l’entrejeu et offre à Paul Pogba le confort d’évoluer sur le côté gauche du milieu de terrain. Celui qu’il affectionne tant. Sur une pelouse catastrophique, le Turinois se régale et réalise un excellent début de match avec une frappe sur la barre. Malgré cela, les Bleus ne trouvent pas la faille. Mais cela donne quand même des idées à Deschamps.

France-Irlande (2-1) : un mauvais calcul avant l’évidence

Convaincu par la prestation de Pogba sur le côté gauche du milieu de terrain, Deschamps retente le coup et décale le pur gaucher Matuidi sur le côté droit. Peut-être la plus mauvaise inspiration du sélectionneur lors de cet Euro puisque les Bleus, rapidement menés (0-1, 2e), galèrent. Deschamps attend la mi-temps et les discussions avec ses joueurs pour prouver son pragmatisme. Il avance Pogba un cran plus haut et met Griezmann dans les meilleures dispositions en le plaçant derrière Olivier Giroud, comme il le fait à l’Atlético Madrid. Banco ! Les deux joueurs combinent à la perfection et Griezmann libère les Bleus d’un doublé plein de sang-froid. 

France-Islande (5-2) : l’acte fondateur

Privé de Rami et Kanté suspendus, Deschamps en profite pour laisser de côté son 4-3-3 au profit du 4-2-3-1 avec Matuidi et Pogba en récupérateurs et Moussa Sissoko en animateur du côté droit de l’attaque des Bleus. Le plan se déroule à la perfection. Reconduit à son poste de prédilection, Griezmann (2 buts, 1 passe) flambe et affole la défense islandaise en compagnie de Payet (1 but) et Giroud (2 buts, 1 passe) qui forment un trio de feu. Dans un registre différent, Sissoko crève aussi l’écran alors que Samuel Umtiti, préféré à Eliaquim Mangala dans l’axe, fête sa première sélection sans gros accroc. 


Allemagne-France (0-2) : la continuité paie

Les retours de suspension de Rami et Kanté offraient plusieurs possibilités à Deschamps qui a finalement tranché en faveur de la continuité. Un vrai choix tactique en soi. Sissoko a encore brillé, Umtiti s’est révélé et Griezmann a enfilé son costume de héros en offrant un doublé qui envoie la France en finale. En restant imperméable défensivement. Grâce à une part de chance mais aussi au réajustement de Deschamps qui a remplacé Payet, en difficulté, par Kanté pour densifier son milieu de terrain et conserver cet avantage décisif.