Italie : Ventura ne démissionne pas mais demande "pardon"

Giampero Ventura
Giampero Ventura AFP

Il faudra le voir l’été prochain pour le croire vraiment. Incapable de battre la Suède ce lundi soir (0-0) en barrage retour, l’Italie a dit adieu à la Coupe du monde 2018. La première absence du quadruple champion dans le rendez-vous planétaire depuis 1958. Un véritable séisme qui n’a pas fait démissionner le sélectionneur, Giampiero Ventura, qui a préféré réclamer le pardon de la nation.

Coup de tonnerre sportif. Séisme footballistique. Cataclysme historique. Le champ lexical des défaites qui font date offre une multitude de choix pour résumer la situation de l’équipe nationale italienne. Quatre fois championne du monde, seulement absente du rendez-vous planétaire en 1930 (pas invitée) et 1958 (pas qualifiée), la Squadra ne participera pas à l’édition 2018 dans quelques mois en Russie. Incapables de trouver la faille en 180 minutes face à la Suède, avec une défaite 1-0 à l’aller et un nul 0-0 ce lundi pour le retour à la maison, les hommes de Giampiero Ventura ont plongé dans la pénombre un football italien qui va devoir se réinventer pour retrouver la lumière et qui voit partir son capitaine et gardien légendaire Gianluigi Buffon, désormais à la retraite internationale après une carrière à 175 capes, cinq Coupes du monde disputées et un titre planétaire inoubliable pour les Bleus et le public français.

« La responsabilité ? Dans le foot, quand le résultat n’est pas celui attendu, c’est l’entraîneur »

Logique, donc, d’imaginer le sélectionneur prendre ses responsabilités et la porte pour assumer ce terrible échec. Eh bien que nenni. Ou pas encore, tout du moins. « Je n’ai pas démissionné, a lancé Ventura après s’être présenté devant la presse à minuit passé à San Siro. C’est un résultat désastreux mais nous verrons. Il y a beaucoup de choses à analyser, on en parlera très vite avec la Fédération. La responsabilité ? Dans le foot, quand le résultat n’est pas celui attendu, c’est l’entraîneur. Pas la chance ou la malchance. C’est un résultat très dur du point de vue des conséquences. » Taquins, les journalistes lui ont vite demandé s’il souhaitait poursuivre l’aventure pour diriger le chantier de la reconstruction. Une porte que Ventura ne ferme pas, trop malin pour insulter l’avenir même si on n’imagine pas une seconde la Fédé locale faire une « Domenech 2008 » (et encore, c’était moins pire…) : « C’est un sujet que nous devrons évoquer mais cela ne dépend pas de moi. Et en ce moment, franchement, je n’ai pas envie d’y penser. Nous allons nous voir, je dirai tout ce que je pense et j’écouterai. Ensuite, j’accepterai la décision. »

« Je demande pardon aux Italiens. Mais pas pour l’implication et la volonté »

Entre les lignes, on comprend tout de même que le futur ex-sélectionneur ne se fait aucune illusion sur le sort qui l’attend après cet immense échec. Car c’est déjà au passé qu’il se conjugue : « Je suis fier d’avoir fait partie du groupe azzurro. Je suis fier d’avoir travaillé avec de grands champions et avec d’autres à qui je souhaite de le devenir. » Reste aussi à assumer devant les supporters, le minimum syndical dans une telle situation. Ventura fait le job même s’il apporte une nuance qui pourrait lui revenir à la figure façon boomerang. « Je demande pardon aux Italiens. Mais pas pardon pour l’implication et la volonté. Pardon pour le résultat, qui est la chose la plus importante. » Celui qui fait que tout un peuple d’habitués du Mondial se contentera de regarder les autres se disputer la couronne planétaire en Russie.