Assistance vidéo : des craintes qui se confirment

AFP

Les trois premiers matches de la Coupe des Confédérations ont permis d’assister à plusieurs utilisations de l’assistance vidéo. Des exemples qui prouvent une nouvelle fois que cette technologie n’empêche pas les doutes et l’ambiguïté. Explications.

En trois matches, on a déjà eu droit à toute la palette. Une utilisation oubliée quand elle avait lieu d’être pour un penalty non sifflé sur le Russe Dmitry Poloz face à la Nouvelle-Zélande. Une utilisation abusive quand elle n’avait pas lieu d’être sur le but de Cedric pour le Portugal contre le Mexique. Un but refusé légitimement, toujours pour les champions d’Europe en titre. Et deux actions qui ont prêté à confusion lors du match Cameroun-Chili (0-2) ce dimanche. Sur la première, dans les arrêts de jeu de la première période, l’arbitre de la rencontre réclame l’assistance vidéo puis annule le but signé Eduardo Vargas, lancé par Arturo Vidal, pour un hors-jeu.

Les images sont alors diffusées sur l’écran géant du stade, entraînant la colère de Chiliens pas convaincus par ce que montrait l’angle de caméra choisi. Il faudra attendre un autre ralenti après la pause, avec le révélateur, pour être certain du bien-fondé de la décision. Le temps additionnel de la seconde période aura aussi droit à son incompréhension. Vargas, encore lui, réussit à marquer après un face-à-face raté par Alexis Sanchez. Le long de la touche le drapeau se lève mais l’arbitre principal demande l’assistance vidéo. Des images qui montrent que l’attaquant d’Arsenal n’était pas, de peu mais pas, en position de hors-jeu. Décision inversée et but accordé, donc. Sauf qu’un autre angle instille le doute.

Et la conclusion de se tirer, évidente comme l’apport de Sanchez dans le jeu chilien à son entrée : l’assistance vidéo, supposée aider à clarifier les situations, n’empêche pas l’ambiguïté et les débats. D'autant que l'instant où l'on arrête la vidéo pour décider du hors-jeu ou non peut tout changer à quelques dixièmes de seconde près. Alors, on fait quoi ? Vu l’air du temps, pas question de la remettre en cause. La vidéo s’installe de plus en plus dans le foot et sauf retournement de situation, elle est là pour longtemps. Mais on pourrait sans doute l’améliorer, par exemple avec un système de capteurs permettant grâce à une modélisation informatique d’offrir une véritable (ou en tout cas plus grande) certitude. En attendant, les convaincus du fait qu’elle allait tout changer doivent le reconnaître : assistance vidéo ou pas, le jour où l’on ne débattra plus sur une décision litigieuse n’est pas pour demain.